Fast Forward

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Nom du groupe Holophonics
Nom de l'album Fast Forward
Type Album
Date de parution 02 Fevrier 2018
Labels Mighty Music
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Fault Line
 
2.
 Last Breathing
 
3.
 Fast Forward (and No Rewind)
 
4.
 Fire Inside
 
5.
 The Call
 
6.
 In the Wind
 
7.
 Cluster A
 
8.
 All Erasing
 
9.
 My Afterglow
 
10.
 Blowing the Embers
 
11.
 As you Well Know
 

Chronique @ metalstormrider

28 Mars 2018

La perfection serait-elle de ce monde?

Ma première rencontre avec Holophonics date de 2012, sur la scène découverte du festival de Raismes pour être plus précis, alors malheureusement désertée au crédit de Girlschool qui électrise la scène principale. Girschool remémore le jeune temps de l’auditeur et étonne par des formes intéressantes malgré un âge (hum hum…) avancé mais Holophonics étonne aussi, musicalement parlant, par la maturité de sa musique, puissante et captivante et ce, malgré son jeune âge… Au fil du set on se dit qu’il y a des formations qui possède une réel potentiel pour percer là où d’autres n’y arriveront jamais malgré des efforts tout aussi acharnés... Le manque de reconnaissance est l’ennemi de qu’on pourrait qualifier du « talent », et, même si la formation a fait des premières parties prestigieuses, le voir se démener devant un public si restreint laisse un goût amer. Je ne parle même pas de la distribution quasi inexistante à l’époque avec une certaine difficulté pour trouver les deux premiers opus du combo français… On frise donc l’injustice car la qualité est belle est bien présente.

Après cette année 2012, le groupe demeurera très discret, laissant juste aux fans l’espoir d’un successeur du très prometteur «Travel Diary From Inner Landscape » et qui saura enfoncer le clou encore plus profondément… Mais après une longue attente de presque dix ans, « Fast Forward » s’apprête à débouler dans les bacs de France et de Navarre et ça ne sert de tourner autour du pot, il s’agit d’un album capable de rivaliser avec les meilleurs skeuds parus dans ce style.

L’accroche est immédiate, le contenu captivant, aucun des 11 titres qui composent ce « Fast Forward » ne laisse l’auditeur indifférent. L’album est simplement dantesque, hors du temps, possédant les éléments traditionnels parfaitement maîtrisés avec une approche terriblement moderne et une personnalité bien trempée. Il est inutile d’essayer d’établir des comparaisons tranchées chez ce groupe qui ne réinvente peut-être pas le style, mais le manie de manière efficace. Holophonics, c’est un peu la rencontre entre la créativité de Muse sans ce penchant lyrique, et de la puissance de l’alternatif dans son approche la plus directe, directe ne voulant pas dire manquant de créativité et de raffinement. On serait ainsi assez proche du dernier Dark Age mais avec une qualité musicale située un (voire plusieurs) cran(s) au dessus. Chez Holophonics, rien n’est superficiel, ni superflu, chaque phrasé a son importance, le tout auréolé d’une maîtrise technique au service d’une musique intelligemment composée.

Le savoir-faire de la formation s’est donc encore accentué, et le résultat est spectaculaire. « Fault Line », qui ouvre de manière puissante l’album, ne montre pas d’extravagances démonstratives mais compose avec le haut du panier : des mélopées alternatives typiquement US terriblement prenantes, alternance de passages lourds de phases aériennes, sublimant un refrain, imparable, fidèle à l’écriture d’Holophonics. Plus mature, le combo sait aller à l’essentiel, et, même s’il nous avait déjà donné un bel aperçu de sa capacité de créer des brûlots tels que « Modern Fright », il sait désormais créer en toile de fond une atmosphère particulière. « Fault Line » est donc un titre séduisant qui risque de vous conquérir… et ce n’est que le premier.

Le titre le plus représentatif de l’album reste probablement « All Erasing ». Quelle assurance dans les riffs ! Quelle aisance dans la progression rythmique !!! Quelle intensité dans l’interprétation de Steph Picot !!! Notre homme est au sommet de son art, possédant toujours cette voix claire, aisément reconnaissable, à la fois cristalline et teintée de désespoir, dont la force semble guidée par une blessure intérieure. Voilà ce qui constitue l’aura du groupe, moteur du feeling qui donne vie à ce « Fast Forward ».

Holophonics ne se résume ainsi pas qu’au talent d’un seul de ses membres, car chacun apporte sa pierre à l’édifice, dégageant une empreinte singulière par l’expressivité de son jeu. La maîtrise reste ainsi au service de la mélodie et la mélodie est bien présente sur chaque titre. La section rythmique assurée par le duo Ludo Chabert, Mike Pastorelli respecte les codes tout en les transcendant, ne sombrant jamais dans la simplicité. A noter aussi le travail d’orfèvre des deux guitaristes Yann Bojon et Greg Loviton assurant d’ailleurs un solo mémorable sur le magnifique « All Erasing ».

Holophonics se montre capable d’insuffler la vie aux compositions, et cette émotion se retrouve dans le haletant « Fast Forward », qui devrait lui aussi user votre platine. Possèdant des tempos variés et des arrangements subtils, il transpire cette fougue qui n’est pas qu’une simple fuite en avant … Le tout avec un refrain taillé pour rester engrammé dans le plus profond de votre trognon…

Changement de titre, changement d’ambiance, et, même si la ligne directrice est posée, elle tolère aussi l’expression d’un groupe qui sait mettre en avant ses racines musicales, notamment le rock alternatif avec l’excellent « In The Wild » ou « As You Well Know », renouant avec les Gimmicks assurés par un overdrive léger, caractéristique de pointures telles que Placebo, U2 et alternés avec des rythmiques plus incisives, ne créant jamais l’ennui chez l’auditeur. «My Afterglow » et le mid tempo « Fire Inside » constituent la parfaite alchimie entre l’atmosphère sombre et le néo dévastateur aux ryhmiques plombées et lancinantes. Le groupe ne renie toutefois pas ses précédentes réalisations, « Cluster A » sonne comme un clin d’œil au précédent opus, mais avec une maturité et un savoir faire qui s’est aiguisé en 8 ans.

La recherche des atmosphères par l’utilisation des effets, discrets mais indispensables dans la cohérence de l’album, est aussi louable. Ils permettent une introduction accrocheuse sur bon nombre des compositions, donnant ainsi toute la légèreté à «The Call », fondé sur le charisme d’une basse gonflée à bloc, offrant un son proche d’un Muse. L’intensité de ce titre ne faiblira pas, poussant l’art de la Power ballade mid-tempo, à son paroxysme, offrant le meilleur sans jamais sombrer dans la caricature … encore une réussite. Il ne vous reste plus qu’à découvrir les autres joyaux qui constituent cette couronne qui devrait consacrer Holophonics.

Ce « Fast Forward » arbore un son est très équilibré et puissant, Sébastien Langle a réalisé une production de qualité, décisive pour l’identité de cet opus. Il donne à des titres tel que « Fault Line » un son cristallin déchirant une atmosphère assez sombre, un son batterie assez neutre mettant judicieusement en avant le son de la basse qui apporte du corps et de l’intensité aux compositions.

Une longue attente, certes, mais qui valait le coup. Holophonics, qui, après avoir réalisé deux très bonnes productions « A Land To End My Flight » aux sonorités neo-metal en 2007 et « Travel Diary From Inner Lanscape », plus recherché dans ses sonorités et plus diversifié dans ses lignes, a gagné en précision et en finesse. Ce « Fast Forward » constitue certainement l’aboutissement de cette recherche, frisant même le chef d’œuvre. A l’image de l’Artwork, le groupe se tourne vers un nouvel horizon, plus désireux d’aller vers l’avant et de franchir toutes les barrières qui se dresseront devant lui.

Holophonics redonne au terme « alternatif » ses lettres de noblesse, réussissant la symbiose parfaite de différents styles et de différentes nuances, avec le souci de la qualité. A la fois raffiné mais terriblement accessible, déroutant mais cohérent, il est pour moi l’un des albums français de l’année. A découvrir d’urgence. Merci Messieurs !


2 Commentaires

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Icare - 28 Mars 2018:

Waouh, merci pour cette chroique très bien écrite et très complète. Je ne connais pas du tout ce groupe, mais tu m'as donné envie d'y jeter une oreille. Je reviendrai poster un commentaire quand j'aurai écouté ça pour dire ce que j'en pense!

metalstormrider - 28 Mars 2018:

Merci Icare.  Jette y une oreille, tu verras, c'est vraiment pas mal. 

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