On connaissait l'Italie pour ses célèbres formations de power metal (
Rhapsody mais bien d'autres encore) et de metal symphonique. Néanmoins, la scène heavy locale, même si elle compte quelques groupes un peu au-dessus du lot, n'est pas très développée. C'est pourquoi il convient de s'intéresser aux combos moins connus, car se seront peut-être eux qui mèneront le heavy italien dans le futur.
Sovversivo est un quatuor, mené par Andrea Uboldi, et ils ont sorti leure deuxième production il y a quelques mois, en automne 2013.
Falling Deep est agrémenté d'un artwork au goût douteux, faisant un peu penser aux visages horrifiés des personnes changées en pierre à Pompéi lors de l'éruption du Vésuve, histoire de rester en Italie.
D'un point de vue strictement matériel, les italiens de
Sovversivo semblent ne pas vouloir s'encombrer de détails inutiles. 10 titres. 41 minutes, pas plus. Un morceau dépasse les 5 minutes, mais c'est tout, faut pas déconner non plus. On ne tourne pas autour du pot ; ici on rentre directement dans le vif du sujet.
Le vif du sujet en l'occurrence, ce sont les riffs acérés accordés au son très lourd de Go Deep, la première chanson. Les vocaux sont graves, et se veulent à la fois sombres et puissants. Le refrain est particulièrement gros, et facilement mémorisable. On aura du mal ensuite à se retenir de gueuler "Go ! Go, go ! Deep in your thoughts !". Même pas encore connus, ils s'occupent déjà des meilleurs moyens pour conquérir la scène ; quand je vous dis qu'ils seront peut-être un jour les chefs de file du heavy italien ! Le solo de guitare (obligé dans ce genre de composition) est sympathique, offrant un petit moment de répit aux oreilles les plus sensibles.
C'est correct pour un premier titre, mais si ça ne plait pas à l'auditeur, alors il n'est même pas question d'écouter la suite. Effectivement, en cette période de pâques,
Sovversivo a mis tous ses œufs dans le même panier. La redondance est un problème assez courant dans le heavy, et on regrettera bien vite le manque de variété dans les morceaux. Les schémas se répètent, et heureusement que le disque est relativement court, sinon l'ennui pointerait assez vite. Même la ballade, qui a de fortes chances d'apparaître sur une galette comme celle là, est absente.
Alors bien sûr, c'est pas parce que c'est tout le temps la même chose que c'est fondamentalement mauvais. Lie to Your Soul viendra appuyer mon propos, avec son refrain là aussi bien entraînant, mais surtout grâce à un très bon passage instrumental. La tension s'apaise quelques secondes, jusqu'à une montée en puissance de la guitare, qui vient finalement nous délivrer un joli solo, exécuté dans les règles. The Thin White Line dévoile un chant un brin plus mélodique que sur les autres titres, avec un refrain une fois de plus mémorisable instantanément. Là encore la guitare se démarque par une bonne partie soliste, alors qu'elle est plutôt quelconque dans sa partie rythmique.
Black tente quelque chose de légèrement différent, et on peut entendre le chanteur abandonner quelques instants ce timbre grave et lourd pour des couplets d'un coup plus légers. Le pont apporte un peu d'air frais, et on aimerais plus de passages comme celui-là dans le reste de l'opus.
Inside Me est le plus long morceau du disque, et c'est aussi celui qui a le plus de choses intéressantes à offrir. La guitare très saturée en introduction donne soudainement beaucoup plus de profondeur à la composition, et la rythmique lourde qui suit bénéficie ainsi d'un plus grand impact. Le couplet, plus doux, met bien en valeur un refrain plus sombre, voire plus épique. Toute la section instrumentale fait se remarquer une batterie démoniaque, dont le son de la frappe, lourde mais précise, est correctement rendu par une production d'assez bonne qualité.
Inside Me s'inscrit clairement comme le morceau le plus riche et le plus dense de cet opus. C'est la seule fois où une atmosphère est vraiment mise en place, et où la composition gagne en intensité.
De cette quarantaine de minutes on retient un bilan mitigé. Mitigé-plus si ça existait. Les morceaux sont en réalité pour beaucoup une succession de couplets-refrains, où seul l'habituel solo de guitare vient apporter une touche de fantaisie. Les couplets se révèlent d'ailleurs assez plats, et on en vient à attendre le refrain avec impatience pour pouvoir le beugler à tue-tête. Les quelques morceaux à sortir du lot tirent l'album vers le haut, et ce sont d'ailleurs les seuls qui auront une chance de rester dans les esprits.
La devise de
Sovversivo pourrait être "on ne fait pas dans la dentelle, mais on le fait bien". En effet, l'opus jouit d'une production d'un nouveau correct, même si on peut toujours lui reprocher une basse trop en retrait. Cette production est clairement un atout pour se faire remarquer auprès des maisons de disque notamment. On en retiendra finalement qu'un grand manque d'originalité, ainsi qu'un manque de profondeur pour une majorité de morceaux. Un comble pour un album intitulé "
Falling Deep".
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