Fallen in Disbelief

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16/20
Nom du groupe Unmercenaries
Nom de l'album Fallen in Disbelief
Type Album
Date de parution 25 Décembre 2014
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Among the Stars 09:02
2. A Portal 08:23
3. Circles of Disbelief 11:28
4. A Beggar's Lesson 15:32
Total playing time 44:25

Chronique @ Luthor

04 Mars 2015

Une surprise inattendue, qui aurait mérité de figurer dans le Top Doom 2014

Le concept de super-groupe est une habitude dans le Metal, qu'il s'agisse de Velvet Revolver, Contraband, Bllodbath ou The Bullring Brummies. Tel est le cas de Unmercenaries, un super-groupe germano-russe fruit de la rencontre de membres de Who Dies In Siberian Slush et My Shameful (entre autres).

Avec les noms cités, autant que l'origine des membres, pas besoin de vous faire un dessin sur ce que contient le disque : du Funeral Doom. Car oui le genre existe encore en dehors des quelques gros noms comme Mournful Congregation, Evoken, Esoteric ou Ataraxie. Pour être plus précis, il n'a jamais été aussi vivant dans les pays russophones. Pour être plus précis, je n'hésiterais même pas à dire qu'il existe aujourd'hui dans les pays russophones plus de groupes de Funeral Doom intéressants qu'il n'y en a eu en Finlande à la grande époque (pas si lointaine) du son Firebox.

Pour ceux qui ne le connaitrait pas, le son Firebox est ce style de Funeral Doom immédiatement reconnaissable à l'oreille et très riche en arrangements aux claviers (lesquels sont souvent mis très en avant), issu à l'origine de la scène finlandaise et pratiqué en très grande majorité par les groupes signés sur le label Firebox Records. Ce style, avec son charme très particulier, eu son heure de gloire au milieu des années 2000 avant sa chute au tournant des années 2010... Sauf dans les pays russophones. Pour une raison qui m'échappe (probablement à mettre sur un aspect culturel ou la poésie de l'âme slave, allez savoir), non seulement les pays russophones se sont emparés du genre, mais ils l'ont assimilé au point d'arriver à en créer une variante bien à eux. Et d'avoir un bon succès local, comme le démontrent l'existence d'un bon petit nombre de labels et de festivals dédiés au genre.

Ce qui nous ramène donc, après cette parenthèse, à Unmercenaries.
Dès l'ouverture de "Among The Stars", on sent que l'ont va écouter quelque chose de différent. Tout commence par un simple son de batterie en down tempo, suivi d'une incroyable ligne de basse à la technique proche de ce que l'on peut trouver dans le Death technique (en plus lent, évidemment), puis des claviers, enfin la guitare et un grognement abyssal. Puis tout s'enchaîne et le morceau se déploie avec une finesse rare, vous enveloppant dans un nuage de ténèbres particulièrement bien rendu. Mais qui sait se faire aussi rêveur, avec l'adjonction de mélodies atmosphériques (superbe travail sur le'utilisation des guitares acoustiques).

On pourrait s'attendre à quatre morceaux taillés dans le même moule, il n'en est rien. Si "Among The Stars" est typique de l'école russophone, "A Portal" lorgne plus vers l'école euro-américaine en démarrant sur une ouverture que ne renierait pas Saturnus avant d'évoluer vers un rythme devant beaucoup à Evoken avec un son de guitares psychédéliques renvoyant au Esoteric de "Subconscious Dissolution Into The Continuum". "Circles Of Disbelief" est quand à lui dans une veine de Doom/Death plus moderne (avec des arrangements lorgnant ce coup-ci vers l'école slave non-russophone), et reçoit en chanteur invité Daniel Neagoe de Eye Of Solitude (ceci expliquant sans doute celà). en guise de conclusion, et refermant le cercle, "A Beggar's Lesson" démarre sur un rythme typiquement ouest-européen (on est proche des Peaceville Three, et même par instant de Monolithe) avant d'évoluer lentement à nouveau vers le style typiquement russophone avec son final au piano très inspiré par l'école Romantique (on pense aux "Nocturnes" de Chopin revisités façon Doom ou Ambient) et oeuvre de l'excellente claviériste I. Stellarghost (membre de Abstract Spirit, Decay Of Reality et Forbidden Shape, et surtout probablement la meilleure claviériste russe tout style de Metal confondus). Par dessus celà s'élève aussi un chant (façon de parler), les grognements incroyablement profonds et morbides de E.S. : toujours dans le ton, ils s'immergent dans la musique et sont placés de telle manière qu'ils deviennent eux-mêmes un instrument à part entière, une pièce indispensable de ce curieux puzzle qu'est Unmercenaries. Si les goules pleurent sur leur vie de merde dans un quelconque sépulcre, je ne doute pas une seconde qu'elles pleurent avec cette voix-là.

C'est cette incroyable capacité à s'approprier différent styles de Funeral Doom, différents sons typiques de différents pays ayant tous une culture particulière, et à arriver à en tirer un son qui soit bien personnel, qui fait de ce premier album de Unmercenaries une vraie réussite. Il y en a pour touts les goûts des amateurs du genre, que vous cherchiez à vous faire broyer la cage thoracique à coup de riffs plombés, à vous noyer dans votre chagrin lors de votre prochain enterrement aussi bien que si vous cherchez une musique propre à la méditation.

Dans les points moins positifs, on notera une production assez quelconque mais qui ne nuit pas à l'ensemble (aucun instrument n'est laissé de côté au mixage, de même qu'aucun d'entre eux ne prends le pas sur l'autre). Mais paradoxalement, cette production donne un certain cachet à l'ensemble. Par ailleurs, l'album est relativement court pour une production du genre (à peine 45 minutes), ce qui le rends plus facilement assimilable pour le non-initié.

Le seul véritable gros défaut que je trouve dans cet album est, finalement, un défaut strictement technique : sorti officiellement le jour de Noël, cet album n'est arrivé à mon attention et dans mes mains que ces jours-ci. Et c'est bien dommage car si je l'avais récupéré le jour de sa sortie, il ne fait nul doute qu'il aurait fini dans mon Top Doom pour 2014.

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