Facing the Void

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13/20
Nom du groupe Winterbreed
Nom de l'album Facing the Void
Type EP
Date de parution 26 Septembre 2015
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 You Will Cry My Name
Ecouter06:28
2.
 Run Away
Ecouter04:40
3.
 R.I.P. You Farewell
Ecouter06:03
4.
 Amnesic Dreams
Ecouter05:58

Durée totale : 23:09

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Winterbreed



Chronique @ ericb4

06 Décembre 2015

Une œuvre à appréhender dans son jus, tout simplement...

Encore un énième groupe de metal symphonique avec sa sempiternelle chanteuse lyrique me direz-vous, et vous auriez sans doute raison. A la différence près que ce jeune quintet venu de Vicence, précisément, ne compte ni sur de spectaculaires envolées de sa valeureuse interprète, ni sur des plans harmoniques convenus, pour venir défendre ses couleurs. Cette fois, le schéma proposé se veut radicalement autre de ce que nous octroieraient Epica, Within Temptation ou même Nightwish ou Xandria. On serait davantage dans la veine atmosphérique de The Flaw, One Without, avec quelques relents rythmiques de Lacuna Coil, avec un zeste mélodique de Sleeping Romance. C'est dire que les armes du collectif italien reposent davantage sur une complémentarité des forces en présence, jouant sur des effets de contrastes et des passages techniques inscrits dans une mouvance atmosphérique un poil éthérée.

Faisons les présentations: Le groupe, initialisé par Mattia Alexi Todescato, lead guitariste, arrangeur et growler/screamer et la batteuse Martina Tomasoni, a rapidement complété son line up avec la chanteuse/growleuse principale Irene "Eva" Scapin, le guitariste rythmique Enrico Gazzetto et le bassiste Filippo Bergamin. Nos cinq acolytes ont enregistré, mixé et mastérisé leur menue rondelle au Lemonhead Studio à Carpi. D'une part, il en ressort une production relativement proprette concernant la qualité de l'enregistrement. Cependant, on aurait souhaité des lignes vocales moins étouffées, davantage de profondeur de champ acoustique que n'autorise pas la prépondérance de la lead guitare dans ce luxuriant paysage de notes. De plus, les finitions s'avèrent lacunaires et les enchaînements inter pistes manquent d'homogénéité. Cela étant, on pourra tout de même embarquer à bord de l'astronef pour un bref périple de vingt-deux minutes où se profilent quatre pistes mouvantes et plutôt engageantes.

Dès le début, quelques séries de notes cataclysmiques nous assaillent au fil d'accords loin d'être malhabiles. On pénètre alors au cœur d'une dense forêt orchestrale aux attractives senteurs heavy ou power symphonique. Aussi, des nappes synthétiques et une vrombissante lead guitare sont au coude à coude sur la plombante et vénéneuse fresque heavy symphonique « You Will Cry My Name ». Un riffing rageur et tranchant couplé à une rythmique démoniaque contrastent à la fois avec quelques larmes organiques et les impulsions délicates et claires, résolument non lyriques, d'Irene, et ce, non sans rappeler The Flaw. Un sémillant solo de guitare s'invite à la danse par un délié alerte et mélodiquement infiltrant. La reprise se fait alors renversante, Mattia faisant alors des étincelles à l'écoute de son fouettant instrument à cordes. Autre surprise avec le musclé « Run Away » d'inspiration power sympho mélodique, faisant rugir la léonine guitare et feuler la belle tigresse. Et cela, au cours d'une insolite traversée d'une foisonnante jungle instrumentale, le long d'une ligne mélodique nuancée. De ce corps orchestral qui jamais ne desserre l'étreinte parvient à s'extirper un lumineux solo de guitare. On pourra y regoûter pour le simple plaisir de se faire chahuter par les éléments.

Une autre empreinte sied à cette œuvre et qui cherche ses racines dans un registre gothique atmosphérique corroborant un metal symphonique racé et imprégné de sulfureux arrangements. C'est ainsi que des growls sanguins nous accueillent sur « R.I.P. You Farewell », piste symphonique gothique débordant d'énergie, au surprenant schéma polyrythmique et au cheminement harmonique assez agréable bien que parfois déroutant, et ce, non sans renvoyer à One Without. Un pont technique aux belles accélérations, où frétille la lead guitare et où vrombit à sa guise la basse accroche alors le tympan. C'est là que la déesse, par les charmes de son filet de voix doucereux, sans vibrato et un tantinet fluet, parvient à nous retenir, le plus sobrement qui soit. Une entreprise de séduction tout en retenue, donc, mais non sans mérites. Dommage que la clôture soit aussi brutale. Mais, là ne s'arrête pas notre pérégrination mystique. Quelques arpèges non convenus au piano nous interpellent, alors qu'un serpent synthétique s'infiltre sur « Amnesic Dreams », mid tempo au riffing épais, évoluant sur une énigmatique trame symphonique gothique, non sans rappeler Lacuna Coil. Soudain, revirement de situation : la cavalerie rythmique s'accélère et les impulsions vocales de la sirène gagnent en puissance sans y perdre en finesse, dans l'ombre d'Imperia, pour l'occasion. Au flamboyant solo de guitare de prendre le relai, rivalisant avec l'onde synthétique pour faire valoir ses prérogatives. Le tout évoluant dans des conditions d'écoute assez satisfaisantes, on pourra sereinement aller jusqu'au bout de la piste sans dérapages.

On l'aura compris, la lecture de l'opus pose moins de soucis inhérents aux compositions elles-mêmes qu'aux conditions logistiques de leur mise en œuvre. Certes, il faudrait encore que le collectif diversifie son offre, aussi bien sur ses plans rythmiques, atmosphériques que mélodiques et vocaux. Mais, tant le potentiel affiché que l'évolution ambitionnée de son projet devraient le motiver à peaufiner encore ses gammes et ses arpèges pour nous aspirer plus immédiatement. Il conviendrait encore de gagner en épaisseur artistique pour parachever de nous convaincre de le suivre dans ses frasques. On passerait ainsi d'une simple écoute de courtoisie à une adhésion quasi automatique par nos pavillons alanguis. Pour l'heure, en faisant fi de ces petites irrégularités, les amateurs de metal symphonique gothique pourront se laisser sustenter par cette première offrande, à condition de ne pas succomber à l'irrépressible tentation de la comparaison. Bref, une œuvre à appréhender dans son jus, tout simplement...

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