Aujourd’hui plus que jamais, une pause artistique est toujours une idée risquée, un pari qui pourra se révélé suicidaire au moment de revenir. Car si certains grands noms peuvent se permettre beaucoup de choses et savent qu’un torrent de fans sera toujours présent en cas de reformation ou de come back, il n’en est pas toujours de même de groupes plus confidentiels.
Prenons le cas aujourd’hui de
Stereotypical Working Class qui revient après une pause de cinq ans. Entre ceux les ayant oubliés et ceux ne les connaissant simplement pas et prenant "Everey
Cloud has a
Silver Lining" comme un premier disque, c’est presque comme si c’était une nouvelle carrière. Sixième album du désormais quatuor, le combo marche sur des œufs et c’est de manière assez confidentielle que sort l’album très joliment illustré par un artwork fort réussi. On regrettera en revanche, d’un point de vue strictement packaging, un livret aussi cheap sans les textes ou des photos du groupe, surtout à l’heure où les disques se vendent de plus en plus au couteau.
Musicalement, nous sommes face à un rock metal alternatif puisant beaucoup du côté de 30 Seconds to Mars,
Nickelback ou
A Perfect Circle selon les ambiances. SWG a de plus le mérite de ne jamais trop se pencher vers des tendances neo metal souvent tentantes dans ce genre d’exercice et reste en cela bien plus authentique et empathique qu’une grande majorité de groupe œuvrant dans le genre, en se focalisant particulièrement sur les émotions et la voix charnelle tout en feeling de Martin.
"Soon Enough" le démontre très rapidement tant il ne choque pas en comparaison d’un album comme "A Beautiful Lie" de Jared
Leto, notamment un titre comme "
The Kill" pour le break rageur, les leads mélodiques très réussis ou encore les lignes de basses lourdes à souhait permettant de poser les ambiances et de les assombrir si besoin. A l’inverse, "The Best that I Can" va offrir tout ce que le groupe a de plus sensible et mélodique à proposer, avec une mélodie vocale sublime et un aspect punk californien lumineux plein d’optimisme et de sourire qui devrait sacrément cartonner en live.
Stereotypical Working Class réussi, en treize titres tous assez courts, à livrer un panel d’influences parfaitement digéré, pour proposer des ambiances et des émotions différentes dans une forme très accessible et souvent proche de la pop sans que ce soit préjudiciable. Pour preuve, le furieux "Your Own Way" dans son introduction et le final qui permet au vocaliste de se montrer sous un jour plus énervé et direct. Idem pour "Truth or Consequences" qui développe de très légères aspirations core sur les chœurs et les couplets pour densifier les parties vocales et durcir le son du groupe qui gagne ainsi en intensité à ce moment-là.
Il ne faut pas non plus passer en secret les passages plus intimistes qui forment une grande partie de l’album et sont le cœur même du groupe. Le final "
Dead Men Walking" par exemple qui passe de poésie à agressivité, d’instants planants à d’autres beaucoup plus saturés et directs, chaque moment étant parfaitement retranscrit par une production qui, il faut le dire, est absolument parfaite dans le genre et concerne une authenticité totale, jamais surproduite ni policée. "
More than a Man", dans un schéma toujours proche de 30 Seconds to Mars, ferait un superbe single et prouve que le groupe peut ouvertement viser un succès commercial et ne choquerait pas véritablement sur certaines ondes afin de s’ouvrir le chemin d’un succès qui semble tout à fait possible d’obtenir.
Le chemin est difficile car le groupe a stoppé ses activités et peu nombreux sont ceux qui voient cet album comme un retour plutôt qu’un départ. S’ils doivent se trouver une identité encore complète et marcher parfois un peu moins dans les pas de leurs influences, SWC a les moyens d’émerger de l’ombre et de faire du bruit. A eux d’être à l’affut de la moindre main tendue en ces périodes troubles…
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