Ereipia Psychon

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16/20
Nom du groupe Caedes Cruenta
Nom de l'album Ereipia Psychon
Type Album
Date de parution Janvier 2015
Labels Bestial Burst
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Rokanízoysin Koykía : To Thanatikó (Intro) 02:13
2. The Mystical Ritual of the Dark Priests 06:25
3. Under the Shadow of Death 08:01
4. Ekeí Ópoy Tragoydá è Nekrokephalê 06:34
5. Aura of Immortal Souls 07:58
6. From the Darkest Paths of Golgotha 05:18
7. Lost Kingdom of the Argead King 06:14
8. The Crescent Symbol of the Apocalypse 05:46
Total playing time 48:29

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Caedes Cruenta


Chronique @ Miskatonic

14 Juillet 2017

Abyssic Occult Black Metal

S’il y a une scène black dont on reconnait l’origine dès les premières notes, c’est bien la scène grecque. Des envolées mélodiques chargées d’un feeling inouï, un riffing pétri de trémolos étouffés, une ambiance antique et occulte renforcée par des claviers, et un son subtil et chaud contrastant fortement avec le black scandinave glacé autant que le black sud-am rugueux. Une sonorité caractéristique née à la toute fin des années 80 et s’étant cristallisée au début des nineties grâce à deux groupes matriciels : Rotting Christ et Varathron. Parmi les nombreuses formations récentes qui pérennisent encore aujourd’hui la flamme de cette vieille scène black hellénique, figure une poignée de groupes foutrement doués, dont on peut citer Katavasia, Ithaqua, Hierophant’s Descent, Cult of Eibon, et bien sur Caedes Cruenta. Pourtant, à ses débuts, Caedes Cruenta développait un style bien plus proche de la scène nordique, finlandaise surtout, mais norvégienne également, que de l’école hellénique à laquelle il finira par rendre un hommage vibrant.

Cru 2003, Athènes. Echetleos et Wrykolas fondent Caedes Cruenta (transcription latine de The Great Slaughter) et sortent l’année suivante une démo (introuvable) intitulée Resurrection of the Dead. Suivent une tape rehearsal, puis, des années de galères où la formation peine à stabiliser un line up. Finalement, Echetleos (vocal, guitare, basse) et Wrykolas (guitare, drums) décident de ne compter que sur eux-mêmes et d’assurer tous les instrus sur le premier album officiel du groupe, Skies Daimonon, en 2010. Un album distillant un black d’inspiration scandinave, doté de morceaux prenants, intègres, oscillant émotionnellement entre haine, désolation et agressivité. Bref, du pur true black, mâtiné tout de même d’une résonance grecque plus chaude, qui ne fera que grandir par la suite lors de deux splits sortis respectivement fin 2013 et début 2014 : l’excellent Pervenit Nobis Regnum Dei, et le dispensable Congrégation of the Black Gods.

Dés le départ, nos deux suppôts de Satan, rejoints entre temps par Niord (drums) et Asarkon (basse), ont conçu Ereipia Psychon (= Ruins of Soul) comme un retour glorieux au son grec traditionnel early 90’s. Quelque chose d’obscur, de majestueux et d’occulte, parrainé par les gardiens du Parthénon que sont Rotting Christ, Varathron et Thou Art Lord. Plus que des influences, Caedes Cruenta évolue dans un worship assumé, de la première à la dernière note. C’est donc après une intro diluvienne et infernale peuplée de lamentations que débarquent les premiers accords de "The Mystical Ritual of the Dark Priests". Bing ! Du tremolo en palm mute de grande classe et complètement typé Rotting Christ. Le morceau est catchy et contient bien sur son passage pesant renforcé par un clavier qui aura la bonne idée de ne jamais être envahissant tout au long de l’album. Ces fameux trémolos étouffés donc, popularisés par Rotting Christ et Thou Art Lord il y a plus de vingt ans, qu’on retrouve à foison sur la galette entière, qui t’emportent, te transportent et te filent le frisson hellénique tant attendu. A ce titre là, "Under the Shadow of Death" rafle la mise et se décrète "putain de tuerie de l’album". Prenant avec son up tempo à l’ancienne, son riffing de tueur, sa ligne mélodique racée et ses chœurs au keyboard un-tantinet-cheap-mais-on-s’en-fout, un morceau qui s’inscrit direct dans la patrimoine génétique d’un Non Serviam, d’un Thy Migthy Contract (Rotting Christ) et surtout, d’un Eosphoros (Thou Art Lord) dont l’ultime morceau, le terrible "The Era of Satan Rising", semble en être le modèle. "Aura of Immortal Souls" et "Lost World of the Argead King" se montrent également à la hauteur dans le worship de la paire Tolis : accélérations, trémolos en palm mute, chant misanthropique, breaks, choeurs, touches atmos au clavier, tout y est, c’est ambiancé, véloce et prenant.

Cependant Caedes Cruenta n’oublie pas non plus les riffs poignants typés finlandais qui habitaient son premier full length, et les insèrent habilement au coeur de ce nouvel album. "The Crescent Symbol of the Apocalypse", son lead central entraînant, son break, son arpège atmosphérique, ses chuchotements et ses accélérations salvatrices, et bien sur "Εκεί όπου τραγουδά η νεκροκεφαλή" (= Where the Skull Sings), le titre en grec de la galette, qui contient THE ligne mélodique de la cuvée : un lead dramatique et déchirant d’une pureté et d’une force émotionnelle fédératrice. Sans conteste le morceau le plus lourd et le plus mélancolique de l’album. A l’instar de Skies Daimonon, le riffing sonne de nouveau et aère judicieusement les trémolos étouffés des morceaux typés vieille scène grecque. Quand au soutenu "From the Darkest Paths of Golgotha", dont l’intro pousse l’utilisation des palm mute de manière quasi paroxystique jusqu’au passage vibrant typiquement finlandais, on peut presque y voir, à l’instar de "Εκεί όπου τραγουδά η νεκροκεφαλή" et "The Crescent Symbol", une démarche similaire à celle qui anime les compatriotes de Dodsferd dans leur manière de rappeler la scène nordique. Un morceau que l’iconographie de l’artwork du prolifique Mark Riddick semble d’ailleurs représenter : une procession d’âmes damnées menée par un anti-pape pourrissant sous les ordres du grand bouc qui le surplombe. Difficile de ne pas voir dans les crucifiés du Golgotha observant douloureusement cette marche impie, ceux qui, justement, pourrissent dans le marais poisseux de Thy Mighty Contract (Rotting Christ), tandis que le cortège mené par le blasphémateur rappelle celui du Walpurgisnatch de Varathron (le Kurgan en moins). Autant d’éléments iconographiques qui terminent de renforcer la filiation au sein de laquelle Caedes Cruenta s’inscrit respectueusement.

Un revival grec qui fait coup double en ce début 2015, puisque Ithaqua, le side project de Echetleos et son pote N.C.M d’Opus Magorum, sort également un worship "old greek scene" de qualité et que des nouveaux comme Katavasia (mené par le leader de Varathron) s’engouffrent dans la brèche rouverte du black metal occulte et abyssique.

3 Commentaires

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Antonin_Martin - 14 Juillet 2017: Vraiment excellent ce méfait de Caedes Cruenta. Un album prenant, riche et varié. J'apprécie beaucoup ces tremolos en palm mute, un jeu au final assez thrashy et mélodique. La présence de choeurs est vraiment appréciable, ça renforce d'avantage la force des compos; sans compter ce chant terriblement efficace et bien foutu. Sinon, comme bons groupes de Black grecs on peut aussi citer Acherontas, winterdemons, Cry Of silence, Dodsferd, Ravencult ou encore Burial Hordes. En tout cas, bonne chronique et merci pour le papier.
Miskatonic - 17 Juillet 2017: Dodsferd, Ravencult et Burial Hordes, c'est du très bon, oui. Connais pas Cry of Silence et Winterdemons en revanche, mais je viens de voir que tu les as doté d'un papier. Je vais les lire à l'occase. Concernant Dodsferd, les mecs ont aussi un autre groupe, Nadiwrath. Leur second album sorti il y a deux ans est une petite tuerie, t'as pu l'écouter ?
Antonin_Martin - 18 Juillet 2017: Cry Of Silence c'est du lourd. Du bon Black Pagan bien forestier et qui reste pour moins un groupe de grande qualité. Après, c'est assez dépressif et il faut adhérer... Sinon, Winterdemons c'est du pur Trve Black très inspiré par Immortal, mais bien plus crade niveau prod'. Au passage, n'hésite pas à lire mes chroniques et de me donner ton avis ça peut toujours être sympa de discuter. Nadiwrath, je connais pas et je suis justement en train d'écouter. Effectivement, on ressent tout de même la patte de Dodsferd et comme j'aime beaucoup ce groupe ça me botte bien.
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