Ravager (à ne pas confondre avec ses nombreux homonymes de par le monde) est un groupe allemand de thrash. Originaire de Basse-Saxe et mené par la paire de guitaristes Marcel Lehr et Dario Rosenberg, le quintet sort rapidement une démo début 2016, soit un peu plus d'un an après son acte de naissance.
Signé aujourd'hui par Iron Shield, label allemand pour le moins rapide sur ce coup,
Ravager sort en ce mois de février 2017 son premier album orné d'un logo et d'une pochette pas franchement du meilleur goût.
Ravager... Thrash allemand... Là, comme ça, on ne sent pas poindre une originalité débordante chez ce jeune groupe. Bingo ! Le groupe propose un thrash rapide, vif et plutôt lorgnant du côté de la côte Ouest des Etats-Unis, avec des rythmiques véloces, des backing vocaux scandés, et un sacré sens de la mélodie lors de soli courts mais toujours bien placés et parfaitement exécutés. Ainsi, la doublette qui débute le disque "
Burn The
Cross"/"
Deathbringer" envoie du thrash entraînant et frais. ce sera la cas tout au long du disque. Citons
Havok période Time Is Up pour situer le propos général. On sent bien l'approche artistique des guitaristes car les morceaux sont réellement basés sur la notion de riff. Riffs percutants, virevoltants souvent, breaks réussis sont l'apanage de l'album, avec des mélodies prenantes ("
Human Sacrifice") conférant à ce
Eradicate... un goût certain de reviens-y.
Ravager a de plus que le groupe de revival lambda un sens de la mélodie judicieuse ("The Walking
Dead") et de la composition qui ne semble pas être un collage de plans mais de vraies chansons qui ont un liant et une vraie unité. Presque du thrash à chanter sous la douche, une fois les paroles assimilées.
Bien sûr, on n'évite guère quelques passages empruntés de ça de là (
Slayer sur le début d'un "
War Without
End" par ailleurs sauvé par son solo central, par exemple, ou sur le riff introductif du prenant "Trapped
Inside" au solo digne de Hammett), et tous ces gimmicks de guitaristes ne révolutionneront en rien le petit monde du thrash (n'est pas
Vektor ou
Vhol qui veut). L'ombre du premier
Warbringer est aussi assez présente, l'organe vocal de Philip
Herbst évoquant celui de John Kevill, tant dans le timbre que dans la façon de placer ses mots. Ceci dit, rien de rédhibitoire non plus,
Ravager puisant dans la qualité de ses mélodies lors de petits leads subtils pour se distinguer de la masse. La batterie mériterait sans doute un meilleur traitement sonore, mais là encore, rien de grave à l'horizon.
Ravager a sorti un premier album intéressant, à base d'ingrédients connus, bien mixés, parfois subtilement choisis, et restitués avec une qualité certaine. Avec des morceaux courts, pêchus (le très bon "Unknown Dreams" et son début atomique, ou le headbangant "Mad" qui peut rappeler un
Overkill en forme) et pourvus de structures au-dessus de la moyenne générale qualitative attendue,
Eradicate... Annihilate...
Exterminate est un bon disque de thrash, surtout à l'heure où
Havok et
Warbringer (à qui l'on pense) semblent quelque peu s'éloigner de leur style originel avec leurs dernières sorties. Comme le terrible "
Alarm Clock Terror" le prouve s'il en était besoin, la relève est assurée et il est dit qu'on n'est pas près d'en finir avec un thrash de qualité de l'autre côté du Rhin.
Tiens, tant que j'y suis. Quelqu'un sait-il où je pourrais me procurer le dernier Terrifier? Rien sur amazon et la Fnac et ça me fait super ch....
Le Terrifier tu peux le trouver sur ebay.
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