Les groupes désireux de donner une seconde jeunesse au death metal se font de plus en plus nombreux ces temps ci. Et parmi cette nouvelle génération de musiciens, la recette créée par
Incantation rencontre un succès important. On entend souvent dire que toutes ces bandes ne sont que des pâles copies du modèle original, la faute sans doute à une surpopularité du genre. Pourtant tous ne sont pas à mettre dans le même panier, et certains le font même très bien ! Les anglais de
Cruciamentum sont de ceux là, incontestablement. Formation créée en 2005 à Birmingham, le trio enregistre sa première démo en 2008. Mais c’est résolument
Convocation of Crawling Chaos, sorti l’année suivante, qui va marquer le début de la carrière des anglais. En effet, cette démo va permettre au groupe de se faire un petit nom dans le milieu (elle sera même rééditée en 2011 par
Nuclear Winter Records). C’est donc plein d’espérance que les adeptes de la démo attendaient ce premier ep, qui voit le jour en
Novembre 2011, sous la houlette donc de
Nuclear Winter Records, le label du leader de
Dead Congregation.
Avec une pochette magnifiquement old school et un amour assumé pour
Incantation, certains pourraient se dire : « Encore une énième copie des maitres … ». Mais laissez moi donc tenter de vous convaincre de l’intérêt de ce
Engulfed in Desolation. Que les fans de
Convocation of Crawling Chaos se rassurent, le style n’a pas changé, hormis quelques petites touches ici ou là. Le trio se voit désormais compléter par un second guitariste, officiant également dans
Grave Miasma.
Je ne sais pas si les multiples dates à travers toute l’Europe y sont pour quelque chose, mais on ne peut s’empêcher de remarquer que nos lascars maitrisent ici mieux leurs instruments. Le mot « technique » pourrait être considéré comme un blasphème sur une chronique du genre, et je vous rassure, on est très, très loin d’un
Brain Drill. Mais on sent tout de même nos quatre compères encore plus à l’aise qu’auparavant. Autre légère évolution, celle du son. On reste dans le son naturel, lourd et crasseux, mais ça sonne plus propre, et pas dans le sens négatif du terme. Les compositions y gagnent clairement en puissance et atmosphère.
Aucun titre faible parmi les quatre proposés, chacun comportant son lot de qualités. Des qualités, cet ep en regorge, à commencer par le riffing. Ne serait ce que le premier riff de «
Fallen In
Disease » pour vous convaincre de la qualité de la bête, ou encore la totalité du terrible «
Through Gates of
Morpheus Realms », pièce énorme de six minutes alternant à merveille brutalité, efficacité et ambiances. Les morceaux sont plus brutaux qu’auparavant, avec du blast beat en veux-tu en voilà et des riffs encore plus directs et accrocheurs. Mais attention, qui dit brutalité ne dit pas forcément suppression des ambiances ! On retrouve toujours ce côté sombre, crasseux et malsain et cela passe par plusieurs ingrédients. Que ce soit de légères touches de claviers comme sur le dernier pavé, «
Unsanctified Temples », quelques leads bien placés ou encore des passages à la limite du doom («
Thrones Turned to
Rust »), tout est en place pour que la descente aux enfers soit complète.
A noter également la présence, une nouvelle fois, de quelques solos, bien utilisés et apportant une touche mélodique non négligeable, comme par exemple celui de «
Fallen In
Disease », même s’ils sont souvent de trop courte durée. Enfin, pour clôturer le chapitre des comparaisons avec l’ainé, les growls sont légèrement plus variés et moins graves, avec davantage de vocaux « criards » qu’à l’accoutumée.
Même sans disposer d'un effet de surprise désormais dissipé après la réussite que fut
Convocation of Crawling Chaos, le résultat est tout de même à la hauteur des attentes. Malgré le nombre toujours plus important de groupes s’engouffrant dans ce courant, certaines formations, à l’image d’un
Dead Congregation ou d’un
Cruciamentum (et oui héhé !), le font à merveille. Que l’on range cet
Engulfed in Desolation dans les bonnes sorties death metal de l’année 2011 ou comme la fine fleur du « Revival-old-school-
Incantation-like », peu importe, vivement l’album !
14/20
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