End of an Empire (Chapter 01: Time)

Liste des groupes Electro Industriel Celldweller End of an Empire (Chapter 01: Time)
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19/20
Nom du groupe Celldweller
Nom de l'album End of an Empire (Chapter 01: Time)
Type Album
Date de parution 16 Septembre 2014
Labels Fixt Music
Produit par Klayton Klayton
Style MusicalElectro Industriel
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Faction 01 01:30
2. End of an Empire 07:32
3. Lost in Time 07:23
4. Faction 02 02:07
5. Faction 03 02:32
6. End of an Empire (Comaduster Remix) 04:58
7. Lost in Time (KJ Sawka Remix) 03:30
8. End of an Empire (Breathe Carolina Remix) 03:37
9. Lost in Time (OCTiV Remix)04:42
10. End of an Empire (Instrumental) 07:32
11. Lost in Time (Instrumental)07:23
12. End of an Empire (Comaduster Remix)(Instrumental) 04:58
13. Lost in Time (KJ Sawka Remix)(Instrumental) 03:30
14. End of an Empire (Breathe Carolina Remix)(Instrumental) 03:37
15. Lost in Time (OCTiV Remix)(Instrumental) 04:42
Total playing time 1:09:42

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Celldweller


Chronique @ tetsuro

19 Fevrier 2016

Une invitation à la première partie d'un voyage créatif, épique et convaincant

Lorsque le nom de Celldweller se fait entendre il résonne chez les fans une myriade de sons différents : le son de l'évasion, de l'expérimentation, de la claque technique, du voyage à travers l'espace et le temps, de la variété, etc. En une dizaine d'années seulement, le projet musical "Celldweller" est devenu une vitrine foisonnante dont chaque élément possède sa propre identité musicale et même sentimentale avec aux commandes un Scott "Klayton" Albert toujours aussi ouvert à toutes les possibilités offertes par son imagination débordante. Pourtant, la sortie d' "End of an Empire Chapter 1 : Time" pourrait refroidir plus d'un auditeur : pourquoi séparer l'œuvre en plusieurs chapitres ? Processus commercial ou découpage créatif ? Doit-on attendre la même qualité qu'un album complet ou simplement une œuvre pour faire patienter les fans ? Il est vrai que la tracklist de ce premier chapitre a de quoi laisser un peu dubitatif : 5 pistes (2 titres principaux et 3 créations électroniques), les deux versions instrumentales des titres principaux et 8 Remixes. La plupart des écoutes de l'album se feront d'ailleurs sans les remixes, transformant ainsi la galette en un simple EP, mais y a t-il de quoi être déçu pour autant ? Partir avec ce genre de préjugé peut parfois ruiner la qualité d'une création musicale, aussi il est important de laisser chaque titre nous entraîner selon le processus imaginé par son auteur, sans laisser de côté un morceau qui pourrait être justement la clé d'entrée vers ce nouveau voyage à travers les genres musicaux dans un nouvel univers...

Car c'est bien ce dont il s'agit, et ce n'est pas une nouveauté de la part de Klayton qui se veut cependant plus démonstratif afin de poser d'entrée de jeu son décor. "Faction 01" ne laisse pas de doute quant à la position de l'auditeur : l'arrivée d'un vaisseau expliquée par une voix robotique nous place dans la position d'un passager de Outland Industries Solaris se rendant sur "Atiria", un environnement pas si sûr comme il nous l'explique. Notre arrivée et les instructions ne sont ponctuées que d'effets rappelant notre atterrissage spatial et de loops électroniques qui se coupent brutalement, comme pour nous rappeler que nous venons d'arriver, et les simples mots "and welcome to Atiria".

Mais il ne nous est pas laissé le temps de réfléchir sur ces instructions que le premier véritable titre, "End of an Empire", enchaîne crescendo. Une montée instrumentale, des effets de violons, et la voix de Klayton qui se pose, calme et claire, mais laissant d'emblée entendre une vision pessimiste par ses paroles annonçant le déclin fataliste de l'empire présent par la destruction et la violence des armes. Le son de batterie et de guitare vient briser le calme de cette introduction pour laisser la voix de l'artiste enchaîner avec énergie avant de nous propulser avec force par quelques riffs biens sentis. Le rythme imposé par cette montée en puissance est accrocheur et nous réveille de la douceur introductive du titre pour nous propulser davantage dans l'action. C'est ainsi que le titre impose son rythme : une batterie électronique fortement présente, une guitare puissante, des effets électro et du clavier bien ajustés. Le couplet n'est pas en reste, introduisant le chant puissant de Klayton répondant à sa voix robotique à plusieurs reprises sur un rythme soutenu comme pour rappeler le contexte violent dans lequel nous nous trouvons. C'est avec sa voix claire cependant qu'il reprend les commandes pour nous amener au refrain par une montée associant sa guitare et sa batterie comme en plein live, une invitation à sauter le pas. Et le refrain s'ancre tout de suite dans notre esprit, les paroles résonnent dans notre tête de façon naturelle, accompagnées par les riffs puissants de Klayton. Le refrain se finit, et la même mécanique se produit sans laisser le temps de se poser, puis la fin du second refrain signe un retour au calme, un retour avant la tempête. La voix douce de l'artiste revient sous fond instrumental, ponctuée simplement des violons et du clavier, avant de laisser toute l'énergie du refrain final s'exprimer dans une dernière explosion instrumentale qu'il conclue en reprenant le thème maintenant ancré dans notre esprit. Le titre se termine sur un son plus rapide, plus fort, une énergie plus lourde dans les derniers riffs comme pour nous signifier la fin d'un affrontement dantesque.

Il est difficile de traduire en mots l'ambiance instaurée par le morceau, il faut s'imaginer soi-même aux commandes à notre arrivée sur "Atiria", dans la force de l'affrontement, avec pour guide l'action omniprésente sur les lieux qui ne laisse que peu de temps au calme pour s'instaurer. Voyons ici une traduction musicale du déclin selon Klayton. Sur le plan musical justement le travail apporté est clairement centré autour de la justesse et du rythme. Pas d'effet foisonnant dans tous les sens, une énergie portée par le triptyque batterie, chant et guitare dont la batterie reste le centre, un arrangement clavier/effets de violons et autres éléments plus doux conservé pour rappeler de façon stratégique (et non répétitive) qu'il reste un peu de paix et de calme au milieu de cet univers en affrontement. On apprécie d'ailleurs de retrouver Klayton aussi énergique derrière ses riffs comme il a pu l'être dans "Eon" (Wish Upon a Blackstar) par exemple.

Le second titre renoue davantage avec la partie électronique de l'artiste et une voix robotisée plus présente encore, mais se concentre davantage sur un personnage plutôt que son décor. La guitare reste cependant l'élément "perturbateur" qui vient gérer la transition entre une introduction simplement composée de loops et d'un jeu de renvoi entre les deux voix de l'artiste, et le couplet. Celui-ci a d'ailleurs troqué l'ambiance et le rythme effréné de la piste précédente pour un engagement plus posé à l'image de l'introduction du titre, jouant sur la symbiose électronique et la voix particulière d'un Klayton robotisé qui disparaît au premier riff de guitare pour laisser la voix claire reprendre son chant et annoncer le refrain accompagné d'un petit effet mélodique/piano. L'entrée dans le refrain nous fait de nouveau repartir sur un rythme plus fort, plus énergique, la guitare et la batterie en avant, la voix claire de Klayton toujours au rendez-vous accompagnée d'un léger chœur féminin. Puis, c'est par un nouveau riff puissant que nous entrons dans le second couplet qui suivra là aussi un schéma similaire. C'est d'ailleurs un point marquant de ce titre quand on considère le découpage en comparaison du titre précédent : après le second refrain, Klayton revient sur une ambiance plus douce mais dont il construit un crescendo plus élaboré et moins explosif. Le rythme de batterie reste constant, accompagné de quelques loops de clavier et de la voix du chanteur, les effets s'ajoutent au fur et à mesure comme pour se présenter chacun, la guitare fait son retour, et au moment où nous pensons que l'explosion du refrain va se faire sentir, Klayton nous offre un dernier moment de détente simplement perturbé par la montée de la guitare et de la batterie. Puis le refrain explose de nouveau, moins puissant que le titre précédent mais tout aussi fort dans son style, par des riffs efficaces et une voix qui se fait présente quand il le faut sans répéter simplement le thème mais en lui donnant une dimension plus morcelée avant de laisser gronder une dernière fois cette énergie qui, en s'estompant, permet d'entendre perdurer un peu plus le loop électronique qui fait le thème de tout ce morceau et se perd définitivement avec douceur.

Ce second titre, bien qu'il soit peut-être un peu moins entraînant et puissant que le précédent, respecte la force du chapitre avec un rythme plus étendu mais soutenu, un Klayton qui sait nous guider par son chant comme ses instruments, et une énergie qui ne semble pas avoir totalement disparu après "End of an Empire", se centrant davantage sur le personnage qu'il dépeint dans ce titre plutôt que la violence de l'affrontement ressenti sur "Atiria".

"Faction 02" et "Faction 03" peuvent être considérés ensemble tant ils ont à dire sur la continuité de l'histoire de cet album : on peut ressentir ici le désir de départ dans un premier temps, le départ même de ce lieu dans un second temps. On retrouve deux parties instrumentales ici qui conservent l'ambiance générale de l'album alliant une composition électronique simple mais efficace, une batterie présente et juste sans trop en faire tout comme la guitare. L'aspect nerveux est toujours présent pour conclure ce chapitre fort de la meilleure des façons.

Avec ce premier chapitre, Klayton nous invite à un voyage fort convaincant, à la fois créatif et épique à sa manière, sans jamais se répéter ni abuser d'effets à outrance, et arrive même à susciter notre impatience de découvrir la suite. Sans considérer les remixes qui suivent, ces premiers morceaux ne nous laissent pas sur notre faim, s'écoutent et s'écoutent de nouveau avec à chaque fois un petit élément de plus à découvrir qui nous rappelle la force de l'imagination de son auteur à donner une identité propre à chacune de ses compositions. A la fin de l'album notre question se porte davantage sur le nouveau décor dans lequel nous voyagerons au second chapitre que sur autre chose et même si on est en droit d'en vouloir encore plus, ce "Chapter 1 : Time" annonce déjà une bien belle œuvre assez complète. Klayton signe d'ailleurs un de ses meilleurs titres avec "End of an Empire" dont le refrain nous reste même après plusieurs jours. Une bien belle surprise donc.

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Celldweller55 - 20 Fevrier 2016: Même si je regrette toujours autant son style du début des années 2000; sa musique a évolué et s'est modernisée, je m'y suis fait tout doucement. Néanmoins, son talent d’écriture n'a pas changé lui. J'ai largement préféré EoaE à son album précédent WuaB
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