Belle pièce méconnue… dont j'espère que de mes écrits, un étranger pourra dépasser l'appréhension de l'inconnu et s'offrir ce CD d'un BM muni de relents mélodiques non exagérées et d'une aura plaisante. Ce ne sont pas des compositions bouleversantes pour autant mais elles ne stagnent aucunement durant l'heure entière d'écoute que nous offre cette œuvre (alors que la moyenne constatée n'excède rarement que 40 minutes au garrot pour la majorité des albums standards).
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Accouché en grande partie par Lóge (paroles & musiques), l'ensemble donne l'impression d'un Tout, aucune piste ne s'écartant vraiment de ses voisines côté réalisation ou improvisation jouissives. Ne vous attendez donc à aucun moment réellement épique jaillir d'un coup ou faisant naître un sentiment de transcendance exacerbé, prenez plutôt le pari d'une écoute à semi-repos lorsque vous vous accordez un moment de répit (durant les 168 heures de folie que nous impose ce tumultueux monde moderne par semaine).
Du haut de ses 7 minutes 1/2, "En Pike På Seng av Hvitt Linne" en est un bon exemple : doté d'un tonus certain et dosé comme il se doit, cette piste sonore se distille dans nos oreilles comme l'eau d'une rivière en semi-crue. Heolstor nous assène un martelage discret mais présent, double caisse et cymbales légèrement en retrait, tandis qu'une flûte de Pan opère un interstice agréable en guise de solo… un peu incongru mais plus agréable à mon ouïe que n'importe quel autre composition en
Pagan Black que j'ai pu réceptionner jusqu'alors.
Et je pourrais utiliser les mêmes adjectifs / qualificatifs pour vous parler de "Syvfold", "La Meg Fryse" ou bien de "Towards the
Kingdom of
Alverg" (dédicacé pour Zaz). Pour cette dernière plage, le rythme d'ensemble, de type "inquiet", avec un piano au tact "compatissant" (que Myrkar nous concocte là) me ravit tout particulièrement. Ces phases-là sont rares tant elles démontrent une certaine retenue et un tact bien poignant, savoureux. Pour autant, cet album ne conviendra pas à une grande majorité de métalleux, trop monocorde / indolore comparé à ce que peuvent promettre d'autres formations. Il ne vous faudra donc pas brandir ce disque n'importe quand sous peine de lassitude compréhensible.
L'illustration donne d'ailleurs un bon aperçu de ce que vous pourrez éprouver durant cette heure (si vous désirez l'obtenir) : des racines… voire même de la peinture d'un noir de jais, qui s'écoule en de multiples canaux, accompagné de multiples photographies parsemant le livret (14 pages) dans le même ton que le fait
Vinterriket (des paysages somptueux et dépourvus de créations commises par les humains… sauf la toute première, de vieux mausolées en arrière-plan assaillis par une mer en furie, avec un grain d'image comparable à la jaquette d'
Opeth dénommée "Morningrise").
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Même si je sais pertinemment que la note que j'ai légué à ce "Elde" ne convaincra pas grand-monde de la pertinence de cette chronique (vu mon analyse générale ci-dessus), tel est à mon sens ce que vaut cette galette et aussi du peu d'intérêt qu'on lui prête à ce jour. Ne vous fermez pas qu'à un style, tant de ponts (musicaux) existent qu'il serait dommage de ne point tous les emprunter.
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Apophis2036 / Summonight
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