Einsamkeit

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16/20
Nom du groupe Semen Datura
Nom de l'album Einsamkeit
Type Album
Date de parution 16 Octobre 2009
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1. Fons et Origo 04:42
2. Unter Bleigrauen Wolkenlasten 06:01
3. Einsamkeit 05:28
4. Mental Outlaw 04:44
5. Marschbefehl 04:01
6. Psychokrieg 04:40
7. Witwenmacher 03:40
8. Vineta (Unplugged) 02:06
9. Rieke Stadt 05:11
10. Arkona 07:08
Total playing time 47:37

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Semen Datura


Chronique @ enthwane

09 Septembre 2010
L'univers des psychotropes est très prisé par les artistes de tout bord, estimant qu'ils ouvrent des portes jusqu'ici restées fermées au cerveau de l'homme. Un trait de cocaïne, un fix d'héroïne, un shoot au crack... Sont autant de moyens pour ouvrir son esprit et atteindre des sommets en matière de créativité. Des moyens extrêmes, qui ne sont absolument rien comparé à la prise de Datura. Cette plante psychotrope aux effets brefs mais terriblement intenses est extrêmement dangereuse pour qui la prend mal ou dépasse les doses maximum. Les bases de Semen Datura sont posée.

A l'instar de Diabolus (Vrolok) qui enregistra les parties de guitare de "Void : The Divine Abortion" (que j'ai également chroniqué) sous morphine, Conrath, tête pensante de la bête, a pour habitude de composer sous les effets de cette plante, qui le mène probablement dans les affres de la folie. Preuve en est "Einsamkeit", dernier album en date de la formation, proposant un Black Metal très racé, très personnel, avec notamment des éléments symphoniques et quelques sons indus'. Bref, une perle dans le genre - ce n'est pas un hasard si le groupe se trouve dans l'écurie ATMF.

Bon, tentons de décrire la musique, l'art de Semen Datura. Hum... J'abandonne. Il faudrait être drogué jusqu'à la moëlle pour pouvoir coller ne serait-ce qu'une étiquette à ce "Einsamkeit". Du "Post Black Metal" ? Vous savez, ce grand tiroir ou on fout les groupes qui ne jouent pas du Black Metal mais traitent de concept sombres et poétiques. Hmmm... Non. Du "Folk Black" ? Non plus. Ils ne se baladent pas en jupe avec des peintures de guerre et des fûts de bière. Du "Psycho Black Metal" ? Pour la drogue, et encore... Nous ne sommes ni chez Mysticum, ni chez Blacklodge.

Passé ces tentatives infructueuses de qualifier ce dernier album, concentrons nous donc sur la musique en elle-même. Production d'excellente facture, l'ensemble sonne très organique, et chaque instrument est à sa place. Chose assez rare, la batterie n'est pas mise en avant comme elle peut l'être chez beaucoup de groupes. Les effets utilisés sur le chant sont assez intéressants, et le font sonner comme un râle, une plainte, ou les hurlements d'une femme au foyer hystérique découvrant un adultère conjugal.

"Einsamkeit" sonne très pro', et les compositions relèvent vraiment du génie. Les titres sont tantôt très violents et directs ("Marchsbefehl"), tantôt plus posés ("Psychokrieg"), mais le tout sonne toujours très embrumé. Pour vous donner un exemple : quelle sensation ressentez vous en sortant d'une cuite ? Ha mince, suis-je bête, le métalleux est protégé contre les effets néfastes de l'alcool. Disons... Que ressent Kevin, 14 ans, après sa première cuite, le lendemain matin ? Vous aurez une idée de l'état dans lequel ce disque vous-met.

Un malaise permanent. Cet album transpire le mal-être jusqu'à la nausée. Comme si la drogue, non content d'être une aide au forces créatives, était un échappatoire aux souffrances de l'existence... "Mental Outlaw", titre évocateur s'il-en-est, marquant les limites du cerveau, la frontière entre raison et folie. Le Datura fait pencher la balance et permet de détruire ce mur, permettant une once d'originalité dans ce monde calibré. Mais attention à cet "Outlaw", ce point de non-retour : cette chanson retranscrit particulièrement bien ce concept.

Car sinon, "Einsamkeit" ne tarde pas à se faire ressentir : cette solitude, que les blackists de tout poil semblent vénérer (plus pour leur image "iveul" qu'autre chose, avouons-le), comment peut-on bien la ressentir ? L'ivresse du Datura n'est-elle pas un plaisir futile, un orgasme sensoriel bien bref en comparaison d'une vie ? Personne ne comprend Conrath, dirait-on. D'où cette "Einsamkeit", cette solitude, ce morceau éponyme terriblement intense : accoutumance à la misanthropie, complaisance dans cette absence de l'autre ? Ou simplement la nécessité de se mettre à l'écart ? ... Ne me regardez pas comme ça, j'en ai absolument aucune idée.

Bref, pour résumer cette "psychochronique", je peux vous affirmer que Semen Datura a produit l'une des perles de l'année 2009, un album d'une richesse extraordinaire et d'une variété incroyable. Goûter "Einsamkeit" relève de l'expérience du psychotrope : testez, vous n'en sortirez pas indemne. Mais attention à la descente...

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