Originaire d’Enna, en Sicile,
Mourning Soul, formé par
Sacrifice en 2003, puis rejoint par
Decrepit (guitare) et
Nocturnal Fog (batterie), sortit son premier long format intitulé « Ego Death –
Ritual I » au cours du premier semestre de cette quatrième année post-apocalyptique, faisant suite à une pléiade de splits, de démos ou de compilations.
En préambule, il est nécessaire de souligner que cet album a été mis en son par
Magnus Devo Andersson (
Marduk) au Endarker Studio et qu’il a été imagé par un artiste italien nommé Mattia Mentastro. Pour finir, le trio a choisi le jeune label tourangeau Dolorem Records, pour publier « Ego Death –
Ritual I », première œuvre de « black-metal » de l’écurie.
A l’issue de la multitude d’écoutes qu’a engendré la découverte de cet opus, il en découle que le point fort de ce premier manifeste est incontestablement la mise en place des ambiances. Qu’elles soient glauques, moites, obscures ou nauséabondes, ces atmosphères vous entraîneront irrémédiablement dans les tréfonds abyssaux d’une obscurité poisseuse et puante de morbidité. Il est clair que chaque note distillée par la formation renifle la mort et la putridité, « Weltschmerz (Heavyness Of
Sin) », « The Judgement Of
Gehenna » ou « Bleeding By
Thorns » en sont des preuves auditives flagrantes. Les chants religieux en forme de messe noire qui parsèment l’album, donnent une dimension mystique à l’ensemble et ajoutent à la noirceur ambiante, déjà bien présente.
Mourning Soul propose un metal noir varié aux influences
Marduk et
Watain très marquées, avec des compositions violentes comme « Chamber Of
Bones », « Moribunds » ou les accélérations furieuses de «
Resurrection Through The
Serpent’s Light » ou «
Salvation (To
The Temple Of Knowledge) ». Le trio sait également ralentir la cadence rythmique et se faire beaucoup plus lourd et rampant (« Weltschmertz (The Heavyness Of
Sin) », « The
Cold Embrace Calls Me ») ou aérien sur l’instrumental « Ultima
Solitude ».
Côté musiciens, et même si aucun ne démérite vraiment, le grand gagnant est
Sacrifice qui livre une performance vocale marquante, passant d’un growl caverneux à des moments où il semble complètement possédé. Le bougre se révèle même dérangeant par ses vocaux littéralement hallucinés et déments sur « Weltschmertz (Heavyness Of
Sin) » qui est sans doute le morceau le plus glauque du disque.
Cependant, « Ego Death –
Ritual I » n’est pourtant pas un album inoubliable, la faute sans doute à un riffing mille fois éprouvé et une influence trop audible, annihilant toute personnalité propre des compositions. Aussi, de nombreuses longueurs sont à déplorer, faisant poindre une lassitude certaine et inévitable, sans compter la redondance musicale de l’ensemble. Pour finir, certains titres comme « The
Cold Embrace Calls Me » ou « Bleeding By
Thorns » sont peu attractifs et quelques passages peu convaincants comme le pont de «
Resurrection Through The
Serpent’s Light » ou le break de « Moribunds », finiront de noircir le tableau.
« Ego Death –
Ritual I » est une véritable ode à la noirceur et à la misanthropie,
Mourning Soul excelle véritablement dans l’instauration d’atmosphères lugubres et morbides. Mais le manque d’identité musicale et de moments marquants ne feront pas perdurer cette galette dans les mémoires blackeuses. Il y a cependant un vrai potentiel qui, libéré de ses influences, pourrait mener plus loin le groupe sur le chemin du panthéon de l’abîme et de l’art noir.
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