Echoes from Silence

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Nom du groupe Lux Aeterna
Nom de l'album Echoes from Silence
Type Album
Date de parution 09 Septembre 2013
Labels Brennus Music
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Echoes from Silence 02:04
2. Your Saving Hand 08:25
3. Beyond Horizons 07:07
4. From Thought to Act 06:05
5. Lights on the Arena 06:06
6. In the Web of My Lies (Pt. 1) 05:39
7. In the Web of My Lies (Pt. 2) 02:43
8. In the Web of My Lies (Pt. 3) 03:58
9. The Universal Sight of Evil 06:34
10. Revelation 05:12
11. Live Where I Die 06:20
Total playing time 1:00:13

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Lux Aeterna


Chronique @ LeLoupArctique

11 Novembre 2013

Quelle technique ! Quelle élégance ! Quelle classe !

C'est vrai, je suis facilement impressionnable. Mais là quand même … C'est vrai, les sorties du mois de septembre étaient particulièrement bonnes. Mais là quand même … C'est vrai, les groupes de metal progressif français s'améliorent très vite. Mais là quand même … Là quand même, c'est tout de suite autre chose, quelque chose de beaucoup plus grand, quelque chose qui nous dépasse … La sensation de toucher du bout du doigt une entité presque divine … Tout dans Echoes from Silence semble parfait, et semble ne pas être l’œuvre de simples humains mais vraiment d'un être supérieur. D'un point de vue extérieur déjà, il y avait quelques indices : la pochette est sobre, simple, mais donne une telle impression de sérénité … La tracklist ensuite, onze titres de durées variables, pour un total d'une heure pile. Et pour finir, le line-up : trois musiciens et une chanteuse – chant, guitare, basse, batterie – la combinaison idéale pour une musique idéale.

Il y a tellement à dire sur cet album, que même en détaillant au maximum le résultat de mes écoutes, j'aurais l'impression de n'avoir que partiellement évoqué l'album. Tout s'enchaîne aussi si bien que je me sens contraint de devoir traiter de chaque titre l'un après l'autre. Ne pas évoquer toutes les pièces de cette œuvre aurait été comme un blasphème, mais dévoiler tous les détails en aurait été un autre … C'est pourquoi je vais essayer de retranscrire le plus fidèlement possible mes pensées en suivant l'ordre des morceaux sans pour autant révéler tous les mystères de ce monde merveilleux. Je suis donc tant bien que mal votre dévoué guide, tel le lapin blanc avec sa chère Alice.

Une ligne de piano, sournoise et espiègle, mais aussi enchanteresse, constitue le début d'Echoes from Silence. La mélodie est sombre, profonde, folle, dangereuse, vive ; jamais, non jamais on avait entendu un piano jouer quelque chose d'aussi rude, d'aussi glacial, mais d'aussi génial. Les notes sont violentes, coupantes, tranchantes ; non, jamais l'on avait entendu pareille musique. A la fin de l'introduction déjà je savais que j'allais écrire cette chronique, qu'il fallait que je l'écrive. Et c'est à l'écoute du deuxième morceau, Your Saving Hand, que j'ai su que j'attribuerais à cet album l'une des plus hautes notes qu'il m'est possible de mettre. C'est parti pour de bon cette fois. Les grosses guitares arrivent, nous encerclent, notre compte est bon. La batterie mène la danse, puissante et tonitruante, et propose une mélodie gracieuse semblant sortir de nulle part. La basse est du voyage, et elle est plus que présente, avec un gros son qui occupe de la place. Une femme commence alors à chanter, très grave, presque tragique, accompagnée par une guitare sèche et rude, jusqu'à l'explosion. Tout éclate. Dans tous les sens. La batterie semble vouloir nous semer, la guitare s'amuse à nous embrouiller l'esprit, et la basse joue avec nos sensations. Heureusement que la voix nous guide toujours et nous empêche de nous perdre. On monte maintenant, ça va vite, très vite, on a à peine le temps de comprendre ce qu'il se passe. Ici on n'admire pas le paysage, trop de choses à voir, pas assez de temps devant nous. Le milieu du morceau propose une brève halte, une sorte d'escale, afin de ramasser les tympans que certains auraient perdus durant le trajet. Le piano du début refait un passage, plus guilleret que la dernière fois, s'assombrissant juste au dernier moment, quand il faut repartir. Cette fois on se la joue bulldozer. Pas question de laisser quoi que ce soit nous barrer notre chemin. Guitare et basse sont aux avant-postes, la batterie encore une fois entraîne à elle seule toute la mélodie. La voix revient, toujours aussi juste et puissante pour nous emmener à travers de chemins de plus en plus tortueux, et enfin nous envoler, prendre de la hauteur sur tout la distance parcourue en si peu de temps … Your Saving Hand … quand résonnent les dernières paroles, c'est le moment de reprendre son souffle, de respirer, et d'attendre que ça reparte avec Beyond Horizons.

Le tonnerre gronde au loin, les nuages recouvrent le ciel en un clin d’œil, et ça recommence. Toujours la voix, hautaine et grandiose, pour nous mener dans ce labyrinthe obscure, toujours la guitare, vive comme l'éclair, toujours ce rythme effréné, avec cette fois dans le fond une sorte d'orgue créant une symphonie sombre et frissonnante. La voix finit par ralentir le tempo, pour monter vers de aiguës improbables, et finir encore une fois par la phrase-titre du morceau. Si cette chanson était probablement l'une des plus sombres de l'album, la suivante, From Thought to Act fait partie des plus étranges, bien que le titre annonce quelque chose de plus violent. La guitare se fait de plus en plus folle, et part dans des soli démentiels, pendant que la chanteuse monte encore le niveau de puissance sonore d'un cran. Parfois arrivent quelques notes de piano, le temps d'un passage plus calme, mais la plupart du temps, c'est la guitare qui guide la mélodie.

Light in the Arena déboule, avec ses gros sabots, et impose un riff d'abord virtuose, puis plus stricte, plus sévère, avant que n'arrive un solo étrange, doublé finalement par un clavier. La guitare revient de plus belle, pour finalement continuer en compagnie du piano. Une dimension plus haute, plus grandiose est atteinte à la faveur d'un intermède dans le rythme. Rythme qui repart ensuite pour se faire plus martial, s'éloignant des contrées européennes, vers des sonorités asiatiques, mais juste quelques secondes. La six-cordes virtuose s'occupe de finir le travail comme elle sait si bien le faire, suivie par une batterie plutôt discrète sur ce titre mais diablement efficace. Light in the Arena, je vois maintenant qu'il faut le préciser, bien que je ne l'ait même pas remarqué sur le coup, est un morceau instrumental.

Trois morceaux qui se suivent, pour former une seule entité, démoniaque et dévastatrice, nommée In the Web of My Lies. L'idée de meilleur moment dans un album sensé être parfait semble contradictoire, mais c'est pourtant vrai ; car par rapport à l'excellence des autres morceaux de l'opus, les trois parties sont encore un étage au-dessus. Cette pièce en trois actes débute sur une musique symphonique, tragique avec ses chœurs lugubres, qui semble annoncer un danger. Le cauchemar se rapproche, la ligne de basse, galopante, ainsi que le rythme du piano illustrent comme une course-poursuite. Le chant se fait grave, plus incisif, tandis que la guitare se déchaîne. Le piano est magnifique en arrière-plan, car si en volume sonore il se situe en-dessous des autres instruments, il semble être le meneur de la mélodie dès qu'il apparaît.
C'est ensuite à lui que revient la charge d'ouvrir la deuxième partie. Tache dont il s'acquitte brillamment, avant de laisser la place à des guitares vrombissantes, puis de revenir comme fil rouge. On fait alors un petit retour dans une dimension orchestrale de malheur, avant d'engager sur la dernière partie. Deux voix menaçantes se font alors entendre. La première, masculine, s'exprime en latin, et la deuxième, celle de la chanteuse, parle quelque chose qui me semblait au début être du français, mais qui doit être du latin aussi, puisque je ne parviens toujours pas à en comprendre les paroles. Puis la musique continue sur un tempo rapide, toujours soutenu par des lignes de basses et des parties de batterie dévastatrices.

Le titre du neuvième morceau est annonciateur d'une vision de cauchemar, The Universal Sight of Evil. On ne retombe pourtant pas dans les profondes ténèbres musicales de tout-à-l'heure. La batterie sur ce titre se fait encore plus démente que d'habitude (c'est-à-dire vraiment vraiment démente), le riff de guitare encore plus tranchant, et la voix moins criée. Arrive même un petit moment de lumière à la faveur d'un intermède au claviers. Le rythme se calme d'un coup, mais juste pour quelques secondes, le temps de nous annoncer le plus simplement du monde que nous sommes en train de tomber, … tomber, … sans fin …

" … You're falling deeper
and deeper
and deeper again
And, it will never end …"

Oui, nous sombrons peu à peu dans la folie … Est-ce d'ailleurs vraiment possible qu'une guitare produise une mélodie aussi rapide ? Et cette voix, si cristalline, si enchanteresse et si grave en même temps, est-elle vraiment humaine ? Mais d'où sort-elle alors ? Comment une batterie peut-elle imprimer un tel rythme ? Et pour la basse alors ? Vient enfin le temps de Revelation, et l'on semble apercevoir le dénouement de tout ça. Si le riff ne fait toujours pas dans la dentelle, on ressent un côté plus chaud, moins sombre que dans les morceaux précédents. La voix contribue largement à cette sensation, puisqu'elle se fait légèrement plus chaleureuse, presque plus sympathique. Le passage instrumental avec son solo de guitare hyper-rapide et hyper-technique illustre aussi une sorte de remontée vers la surface, vers le monde humain, et nous nous apprêtons enfin à quitter ce monde de ténèbres si fascinant lorsque résonnent les quatre coups, les quatre coups frappés à la porte de sortie.

Live Where I Die est donc la dernière pièce à ce puzzle fou et génial. Tout finit comme cela a commencé, toujours avec le même rythme dévastateur et la même puissance. On ressent cette fois pour ce dernier titre, non pas une certaine luminosité, mais plutôt des mélodies qui semblent annoncer la fin des ténèbres. On replonge une dernière fois le temps d'une courte visite aux enfers, quelques voix crient, on entend un growl, puis c'est la remontée final. Se rajoutent de nouveaux éléments symphoniques, et arrive alors le son d'une guitare sèche, pour nous assurer que nous avons bien les pieds sur terre. C'est alors le break décisif, un dernier rythme speed, et ce le piano qui nous quitte enfin.

Quelle technique ! Quelle élégance ! Quelle classe ! Tout dans ce Echoes from Silence est réalisé avec le plus grand soin, et chaque angle du diamant est taillé au mieux, afin de créer les plus beaux éclats et le reflets les plus impressionnants. La production joue un grand rôle dans la qualité d'un album en général, et cela est encore plus vrai ici ; après des dizaines et des dizaines d'écoutes je suis toujours bluffé par ce son si puissant du mélange guitare-basse-batterie. Le chant féminin sublime le tout et parvient à nous faire entrer encore plus vite dans les mélodies. Lux Aeterna survole les débats, avec un disque d'une élégance rare, et d'une inspiration quasi-divine.

Écoutez attentivement le silence, avec un peu de chance, vous pourrez entendre son écho.

2 Commentaires

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BestJules69 - 11 Novembre 2013: Sacré pavé que tu nous a pondu là, mais je suis quand même arrivé au bout ^^
Merci pour ta bonne chronique dont il se dégage toute la passion qui t'a animé durant tes écoutes ^^.
Juste un petit truc à dire, tu parle souvent à la première personne dans ta chronique, ça fait un drôle d'effet, un peu subjectif je trouve, c'est dommage. Après, c'est peut être qu'à moi que ça fait ça ^^
En tout cas, merci pour cette bonne chronique qui me donne vraiment envie d'aller voir ce que ça vaut !
AlonewithL - 11 Novembre 2013: Chronique totalement subjective pour un groupe de metal mélodique certes pas mauvais, mais très loin de se prêter à l'excellence.
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