Sterbend est plus un groupe de DSBM qu’un groupe de black doom. Où est la différence ? Le DSBM fait l’apologie de la douleur psychique, du mal-être intérieur, elle glorifie la souffrance par le cri animal d’être humain meurtri au plus profond d’eux par la vision de notre monde désincarné et froid. On veut « encadrer » les apéros géants car ils seraient monstrueusement dangereux… Retirez-nous aussi le 14 Juillet, la Nouvelle Année et même, interdisez nos anniversaires !!! Pourquoi aurions-nous le droit d’avoir quelques heures de bonheur dans un monde qui se meurt ???
J’ai adoré cet album, chef d’œuvre de plaies physiques et de maux psychiques. Mais trois titres ont réellement attirer mon attention, voici mon ressenti…
«
Einsamkeit », où l’on entend dés le début des cris effrayant, des cris de douleur pure, des cris de souffrance folle… Oui, on perd la tête lorsqu’on crève de douleur ! Ce lit de riffs guitaristiques presque sereins représentent, malgré l’accélération produit par les tambours et cymbales, la douleur qui s’insinue, psychique ou physique, psychologique ou sociétale… tant d’exemples existent et la batterie augmentant le tempo défini la rapidité de propagation de cette douleur froide, givrée qui heurte notre psyché endolori par les beaux discours ou bien les médicaments… la décélération signifie le début de l’aggravation : l’esprit ne contrôle plus le mal accumulé au long des mois, des années, des décennies… c’est pour cette raison simple et inquiétante que les hurlements de
Typhon redoublent, le tout emmené par les excellents Asmoiados (guitares, basse) et Winterheart (batterie), en synchronisme effrayant car miroir du psychisme de l’homme sali, trahi et fatigué de vivre… Un riff guidé par les tambours et percussions de Winterheart redéploye ses ailes électriques sur
Typhon et son chant suraigu et dément d’un aliéné collatéral. Un homme fou d’afflictions mentales causées par une société qui vit à crédit…et quand les comptes étatiques seront vides ? On pillera les plus riches et on s’entretuera… Alors, vous savez, les pseudo-anarchistes, souvent issus de familles aisées, me font doucement rire et mon rictus cynique ne s’efface plus de ma face…
Le second titre se nomme « Depressing
Paths Through Fullmoon Forests » et il est nerveux ! On imagine un homme se balader nonchalamment dans la forêt et hurler son venin vers le firmament immobiles où les étoiles plaignent secrètement l’homme qui délire en pleurant et criant. Ce titre où le rythme est alternatif se rapproche, lui, plus du black doom que j’ai l’habitude d’écouter… Les riffs sont froids comme la glace du Grand Nord, et l’homme crie avec d’autres hommes : les chœurs et la guitare principale comme partenaire de pénitences morales. La batterie démontre la confusion de l’homme transi de froid, ivre de calamités personnelles ; son rapport à l’humanité est dérangé. Il n’y croit plus, il ne croit plus en lui-même car comment se faire confiance quand nous avons l’impression que l’être humain nous a trahis, même dénoncé aux autres car nous sommes devenus étrangers à leurs nouvelles coutumes contemporaine… l’argent coule dans nos veines et l’homme dans le bois dont parle le titre cherche la purification par la traversée de la forêt… Une communion salvatrice avec la nature pure et innocente, ELLE !
Dernier titre, non des moindres, le morceau éponyme de l’album, le suffoquant «
Dwelling Lifeless » avec son rythme de tambours et doubles pédales lents accompagnés de riffs déchirants les derniers espoirs qu’on aurait pu avoir envers ses congénères humains. De la tristesse d’abord avec le riff lancinant de la gratte de Asmoiados puis de la douleur, toujours de la douleur avec cette société sadique et despote, nous entretenant grâce aux médicaments et aux allocs dans un bien-être factice et nous accusant ensuite de lézarder et de vivre sur le dos de cette garce ! Ici aussi, l’alternance entre cadence rapides accentuées des supplications déchirantes de
Typhon pour que l’on comprenne sa douleur, le mal de l’homme moderne qui s’est perdu à force de se chercher…Les timbales et les tambours en chœurs emmènent les riffs de guitares vers un dénouement ambigu, soit le sommeil, soit le suicide. Deux solutions parmi d’autres pour fuir cette réalité insupportable !
Bj
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