Formé en 1991 et nous venant tout droit de Philadelphie en Pennsylvanie (Etats-Unis), voici Ruin. Après une cassette intitulée «
Sickening Ruin », sortie l’année de leur formation, le groupe entrera dans une longue période d’hibernation, avant d’être réactivé par son membre fondateur, unique rescapé du line-up originel, Milhan
Jason Satan au chant et à la guitare. Il est accompagné d’un certain David (Aeturnum, Oscuros) à la batterie et de Jennifer Hills (membre live) à la basse et aux programmations.
Ruin officie dans un death-metal old school primitif, appuyé par une imagerie mystérieuse, glauque et dérangeante. Après une cassette et deux splits, le faux trio publie son premier full-length nommé « Drown In Bllod », qui, tuons le suspens immédiatement, ne laissera pas un souvenir auditif impérissable à votre serviteur.
Inutile de tortiller du fessier pour aller à la selle de façon rectiligne, à l’issue de sa découverte intégrale, rien ou presque n’est à retenir de cet opus. D’abord, le son est très, mais alors, très vieille école, peu précis, il semble que le disque ait été mis en boite au fin fond d’une cave par une bande d’hirsutes marginaux et associables. Ce pari aurait pu être réussi si seulement les compositions avaient été de bonne facture, ce qui n’est évidemment pas le cas. Ruin délivre un death basique et simpliste, bardé de longueurs et de riffs répétitifs («
Nightmare ‘s In A
Void », «
Sewer », «
Torture Is
Heaven » ou le morceau-titre) où les bâillements seront légion. Aussi, les vocaux de Milhan
Jason Satan sont, pour mes cages à miel délicates, assez irritants. Il est vrai que le bougre vocifère d’un growl gras et profond, mais l’effet appliqué à son organe vocal, proche du gargouillement (flagrant pendant les écoutes au casque) est horripilant.
Après de multiples écoutes (il faut bien rester pro), il est à noter qu’un morceau ressort de cette masse grouillante, il s’agit de «
Spread Plague Hell ». Rien de révolutionnaire, mais ce titre est assez entraînant, alambiqué et doté d’un bon riffing, ce qui sera également le cas sur « Rancid Death » ou « Crawling
Through The
Vomit », dans une moindre mesure, mais soyons clairs, il n’y a rien de transcendant là-dedans. Le véritable point fort de Ruin reste incontestablement le développement d’atmosphères lugubres, au travers d’introductions morbides ou sur le final de «
Drown in Blood », empreint de cris de souffrance et, malgré mon aversion, avec les éructations du père Milhan
Jason Satan, proche d’un psychopathe malfaisant et dérangé mentalement.
Sitôt écouté, sitôt oublié, «
Drown in Blood » suivra illico-presto le chemin des oubliettes. Cet enregistrement, malgré quelques rares qualités (ambiance sordide, variation rythmique), ne restera pas dans les annales du style, comportant de trop nombreuses longueurs, des riffs et passages génériques et dépourvus d’inspiration. Les « true » de chez « true » y trouveront peut-être leur compte ; quant aux autres, pas la peine de laisser vos oreilles traîner ici, il y a beaucoup mieux à ouïr.
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