Après ses passages très remarqués sur
Spiritual Healing, Cause Of
Death et
Death Shall Rise (
Death,
Obituary et
Cancer), notamment pour la qualité de ses soli, le guitariste J.Murphy décide de monter son propre groupe deathmetal. Il fonde alors
Disincarnate dès 1992 avec le growler Bryan Cegon et enregistre dans la foulée la démo-tape
Soul Erosion, sous la houlette de Scott Burns aux Morrisound Studios, en s’aidant du fabuleux batteur Alex Marquez en intérim, frappeur puissant particulièrement prisé, officiant pour
Malevolent Creation,
Solstice,
Resurrection ou
Demolition Hammer. Quelques mois d’existence et une maquette trois titres en poche, de très bonne qualité d’ailleurs, suffisent amplement à l’écurie Roadrunner, qui signe le groupe et place le titre
Stench of
Paradise Burning sur sa fameuse compilation At
Death's Door Vol.II.
Disincarnate complète rapidement son line-up avec
Jason Carman et Tomas Viator, puis s’active aux compositions de son premier album
Dreams of the Carrion Kind. Rompant avec les Morrisound Studios de Tampa qui tournent à plein régime, le quatuor traverse l’Atlantique pour rejoindre l’ingénieur du son Pete Coleman au Royaume-Uni, pour les sessions de son full-lenght disponible dans les bacs dès mars 1993 (dans les mêmes temps que Sublime
Dementia des français de
Loudblast), boosté par son label ayant mis les bouchées doubles.
Dreams of the Carrion Kind s’ouvre sur le fameux titre
Stench of
Paradise Burning que l’on retrouvait donc dans sa version démo sur la compilation Roadrunner, morceau parfaitement calibré, muni d’un riffing soigné et de soli de J.Murphy tout aussi remarquables. La suite de l’album, à l’image du bon
Beyond the
Flesh, suit ce même schéma à dominante middle tempo, sur des rythmiques complexes, des riffs posés et un growl profond, sans oublier ces leads de J.Murphy qui aèrent et éclairent significativement chaque morceau. Le magnifique
Immemorial Dream clôture alors idéalement l’album, outro instrumentale mêlant guitares acoustiques et saturées, nous rappelant l’aura du très grand
Testimony of the
Ancients de
Pestilence.
Disincarnate présente ainsi un deathmetal tout en finesse, mais peut-être justement un peu trop posé et surtout trop académique, peinant véritablement à se débrider et à se démarquer des schémas déjà largement exploités par ses confrères de l’époque. Il manque ainsi quelques passages de violence accrue, quelques accélérations qui auraient permis d’apporter plus de rage et de relief. Les riffs certes complexes, manquent ainsi globalement d’originalité, malgré leur assemblage irréprochable.
Malgré une qualité technique et un savoir-faire indéniable,
Dreams of the Carrion Kind ne représente donc pas l’album culte de J.Murphy qu’une majorité de deathsters attendaient en 1993, faute à une barre ayant sans doute été placée un peu trop haute, mais aussi faute à son côté trop scolaire, alors que tant de choses avaient déjà si bien été écrites dans le style à cette époque. Sans grande surprise, l’unique disque de
Disincarnate reste néanmoins une réalisation remarquable, une valeur sûre du deathmetal de cette période 90-93 si faste, magique et indémodable.
Fabien.
Allez, je vais me consoler avec un petit DISNCARNATE....de Loudblast. ( tiens, ne trouve tu pas, au delà de ce nom, qu'il y a quelques similitudes avec les 2 groupes?)
Le rapprochement avec la période 91/93 de Loudblast que tu soulignes est également pertinent. Le deathmetal des deux groupes s'écarte des concepts musicaux et spirituels tournés vers la brutalité, pour un propos et une musique davantage posés.
Fabien.
Encore chapeau!
En relisant les commentaires....je trouve aussi une similitude dans l approche musical de ce disque avec l'époque du grand loudblast. Ecouté hier dans les bouchons...ce fut ma constatation.
Bon disque....
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire