Le retour de Ulf Söderberg dans son principal projet dark-ambiant :
Sephiroth. Maintenant avouons-le, je n’espérais pas grand-chose sur le retour de ce projet dont le premier album avait été marquant. Quelques extraits n’étant que peu attractifs, il fallait prendre le soin d’écouter l’album dans son intégralité… Car c’est bien vu dans cette optique que «
Cathedron » sortait du lot et proposait une immersion magistrale dans un univers original et avant tout personnel.
Et comme quoi, l’écoute de «
Draconian Poetry » se révèle bienfaitrice et assoit pleinement Ulf Söderberg au panthéon des artistes atmosphériques les plus originaux.
Les grilles de«
Draconian Poetry » s’ouvrent exactement comme son prédécesseur, par un mélange d’ambiant et de percussions tribales. Mais il devient autre… Légèrement moins éthéré,
Sephiroth mélange davantage de sons tout en gardant l’optique première, celle d’une ambiance feutrée et malveillante faite à base d’exacerbations de sentiments, feulements et autres bruits nocturnes. Et si les percussions n’ont plus la même résonance que «
Cathedron », elles gagnent en puissance, rapidité, mais aussi en subtilité.
Plus hybrides, ces dernières se fondent dans la masse des nappes et reflux ambiants et dorénavant plus indus et fouillés. Un contrepoint massif, imposant, diaphane…
L’orientation sonore change, peut-être, cependant, la démarche reste la même. Atmosphère ritualiste se conjugue avec des morceaux vaporeux qui nous plonge dans un état autre, nous transportant dans un univers décrépi proche des écrits d’
Edgar Allan Poe (« La Chute de la maison Usher » se fait plus que palpable). Néanmoins, l’écoute de «
Draconian Poetry » est riche, remplie de petits détails que l’on découvre après coup, rendant chaque écoute marquée par le sceau de la nouveauté et de la surprise. Les percussions se font plus martiales (le titre « Uthul Khulture » rappelle la bande-son du film «
Land of the
Dead » de Romero), certains titres paraissent plus enlevés alors que d’autres nous plongent dans un marasme atmosphérique d’une beauté crépusculaire. Véritable promenade au sein d’un jardin à l’abandon, «
Draconian Poetry » y gagne en recherche et intensité. Et l’on prend plaisir de se perdre au milieu de grilles rouillés, d’herbes sauvages sous le regard scrutateur de statues figées dans le temps…
Aussi différent que complémentaire, le nouvel album de
Sephiroth surprend, attire et fascine… Une déambulation aussi mélancolique que sombre dont il est bon de se perdre dans ses dédales de haies plus entretenues, une nature revenue à l’état sauvage.
Plus encore, «
Draconian Poetry » est un poème macabre qui touche au sublime.
Magnifique !
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