Nous sommes à Melbourne en 2003, Rusty, chanteur, auteur, compositeur s'apprête à fonder son groupe avec Irwin son compère guitariste. Et c'est par le plus grand des hasards lors d'un concert qu'ils rencontrent Mary Campbell, la studio manager du légendaire "Electric
Lady Studio" crée autrefois par le dieu de la six cordes Jimi Hendrix. Les deux compagnons furent alors conviés à visiter ces lieux chargés d'histoire, et lorsque Mary leur remit une carte ou était inscrit son e-mail personnel: Electricmary@... Il n'en fallut pas moins à Rusty et Irwin pour trouver le nom de leur groupe.
Après un premier album très prometteur intitulé "
Four Hands High" dont on retrouvera deux titres (Busted et Crashdown ) sur l'album ici présent, les
Electric Mary sortent également un EP en 2007 pas franchement indispensable puisque l'ensemble des titres figurera sur ce
Down to the Bones un an plus tard.
Et n'y allons pas par quatre chemins au sujet de cet album, c'est la grande classe. Les
Electric Mary dépoussièrent le bon vieux
Hard Rock à Papa avec beaucoup de talent et y apportent une large touche personnelle.
L'album débute par un riff sauvage, l'un de ceux qui vous font remuer la tête et vous donne un bon coup de fouet. Une Rythmique bien charpentée se met en place, puis Rusty se met à chanter, et quel chant mes amis ! Son timbre de voix un peu éraillé rappelle celui de Jeff Keith, le chanteur de
Tesla, et par moment également celui de
Robert Plant. Rusty possède un don devenu rare de nos jours, le Groove, cette façon de chanter si particulière, et d'exprimer des sentiments par le biais de sa musique ne peut provenir que des profondeurs de l'être.
En ces périodes hivernales ce
Down to the Bones pourra aisément remplacer votre vieille chaudière, car c'est aussi ça la magie du Rock'n'Roll, la capacité de réchauffer l'atmosphère. Et en quelques minutes seulement, le thermomètre commence à s'affoler. Laissez-moi sortir nous dit la première chanson, c'est vrai qu'on commence à crever de chaud par ici.
Mais la porte est fermée et c'est sur des charbons ardents que nous allons danser Messieurs Dames, impatients de découvrir la suite de l'album.
Et vous ne serez pas déçu, car aucun titre n'est mauvais ni même moyen, c'est du bon son sur toute la ligne auquel nous avons droit, les refrains sont diablement entrainants et mémorisables, il ne faudra pas longtemps avant que vous repreniez en cœur un "Right
Down to the Bone" où un "One Foot in the Grave" que n'auraient pas renié les plus grands noms du
Hard Rock. En revanche, on ne peut pas dire que la pochette de l'album soit spécialement attirante ou originale, l'aspect visuel ne semble d'ailleurs pas être un souci majeur chez
Electric Mary. Sur scène aussi, le groupe fait dans la simplicité, pas de singeries inutile, de costumes douteux où de gesticulations superflues, seule la musique compte et anime le groupe, cela est tout à leur honneur.
Les parties de guitares flamboyantes d'Irwin Thomas (in your Right Speaker) et de Pete Robinson (in your Left Speaker)ne pourront vous laisser indifférents tant celles-ci sont superbement travaillées et bien mises en avant par une production très soignée. Les bougres ont dû écouter Jimmy Page et
Angus Young une paire de fois, mais possèdent tout deux un grand feeling et suffisamment de personnalité pour que cela ne se ressente pas excessivement, les soli sont tout simplement magnifiques. Coté rythmique c'est également du très lourd,
Venom le batteur ne vous laissera aucun répit, le bonhomme est sacrément doué autant sur les tempos rapide (Sorry) que sur le mid tempo (All Coming down). Le jeu de basse de
Fox Fagan est particulièrement plaisant, là aussi, la production a fait des miracles et son jeu est parfaitement audible, écoutez le très bon "Crashdown" pour vous en convaincre et laissez-vous porter par ces notes entêtantes.
La température n'a cessé de grimper, vous voilà suffocant à l'écoute de "One in a
Million" et son solo incisif, où d'un "Luv Me" au riff de Mamouth en goguette.
L'album se terminera sur deux titres en mid tempo "Busted" (déja connu des fans puisqu'elle figurait sur le premier album) et "All Comin
Down" sur lesquelles la voix de Rusty une fois de plus fera des merveilles.
Deux titres inédits, un titre du premier album, et une reprise des Beatles (
Helter Skelter)figurent sur la réédition de 2010.
En conclusion ce
Down to the Bones est un excellent album de
Hard Rock, entrainant et fédérateur, susceptible d'être apprécier par un large public. Aucune difficulté à l'appréhender, le style est direct, on aime ou pas. Les influences des aînés (
Led Zeppelin, AC/DC,
Aerosmith entre autres...) ont été parfaitement digérées, et l'aspect Bluesy qui se dégage sur l'ensemble de l'album est très plaisant.
Et là où certains de leurs compères se contentent de retourner dans tous les sens les riffs d'AC/DC, en tentant vainement de nous faire croire à une musique personnelle et inspirée, Les
Electric Mary apportent avec cet album et leur talent, un renouveau et une fraîcheur à un style qui en avait bien besoin.
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