Message a été reçu par le quintet norvégien de revenir dans les rangs pourvu d'un album full length, «
Down in Flames », que trois ans déjà séparent de son introductif et encourageant EP «
Fury » ; le temps pour le collectif scandinave de concocter trois singles («
My Own Monster » en 2024, suivi de «
Those Wasted Years » et «
Forsaken » en 2025), les deux derniers seuls étant retenus parmi les huit titres composant le présent opus, signé, lui, chez le label nord-américain
Eclipse Records. Cela étant, les 34 modestes minutes du ruban auditif de la rondelle sont-elles en mesure d'offrir un arsenal défensif suffisant pour espérer voir nos cinq gladiateurs tenir tête aux opposants d'une arène metal alternatif à chant féminin de plus en plus foisonnante ?
Plus encore, ce premier élan de longue durée permettra-t-il alors à nos acolytes de se hisser parmi les valeurs montantes de ce registre metal ?
Ce faisant,
Charlotte Marlen Midtun – chanteuse aux puissantes inflexions dans le sillage d' Angela Di Vincenzo (
Secret Rule) – les guitaristes Sveinung Sveen et Daniel Anker-Goli, le bassiste John Erik Soltvedt et le batteur Frode Andreassen nous plongent cette fois au cœur d'un mouvement rock'n'metal alternatif harmonisant touches hard rock et coloratures heavy mélodique, la fibre metal symphonique gothique se faisant, elle, bien plus timide aujourd'hui qu'hier. A l'instar du précédent effort, un propos à la fois fougueux, solaire et délicat s'esquisse, où se mêlent des sources d'influence aussi éparses que
Halestorm,
In This Moment,
Bif Naked,
Secret Rule et Paramore. Bénéficiant là encore d'une production d'ensemble de bon aloi, dont un enregistrement rutilant et des arrangements aux petits oignons, ce frais arrivage nous place dans des conditions d'écoute quasi optimales pour qu'une traversée sans escale prématurée nous soit contée...
A l'aune de son devancier, ce manifeste nous immerge volontiers au sein d'un bain orchestral aux bouillonnants remous, avec pour effet de nous happer, le plus souvent, sans avoir à forcer le trait. Ce qu'attestent, tout d'abord, «
Destiny » et «
Down in Flames », up tempi aux riffs acérés adossés à une saignante rythmique ; à la confluence d'
Halestorm et de
Bif Naked, ces étourdissants efforts heavy mélodique distillent tous deux de virulents et intarissables coups de boutoir assortis de fringants gimmicks guitaristiques tout en sauvegardant, chacun, une ligne mélodique, certes, déjà courue mais des plus impactantes, sur laquelle se greffent les rocailleuses oscillations de la déesse. Et, dans un cas comme dans l'autre, un headbang bien senti et quasi ininterrompu ne saurait tarder à se déclencher. Dans cette énergie, égrainant de truculents arpèges d'accords et ne relâchant leur étreinte qu'en de rares instants, les vrombissants et ''paramoriens'' « On Your Own » et « The Wall » ne pourront davantage être éludés. Et comment ne pas se sentir porté par l'entêtant refrain dont nous abreuve le corrosif et rayonnant « Put the Blame on Me » ? Mais là n'est pas l'ultime argument de nos compères pour tenter de nous rallier à leur cause...
Quand la cadence du convoi orchestral se fait un poil plus mesurée, le combo norvégien ne s'est guère avéré plus malhabile, loin s'en faut. Ce que révèle, d'une part, « One Last Time » – aérien mid tempo aux riffs crochetés au carrefour entre
Secret Rule et
Halestorm – eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre. Investi de gammes pianistiques d'une infinie délicatesse et mis en habits de lumière par les pénétrantes ondulations de la sirène, couplets finement ciselés et refrains catchy glisseront avec célérité dans nos tympans alanguis. Un tantinet plus offensifs, le ''tubesques'' mid/up tempi «
Forsaken » et «
Those Wasted Years », quant à eux, font montre d'enchaînements intra piste ultra sécurisés tout en se nourrissant tous deux d'un sillon mélodique des plus engageants qu'empruntent les puissantes modulations de la princesse. Et la magie opère, une fois encore.
En définitive, au regard de son intarissable énergie et de ses schèmes d'accords des plus invitants, cet éruptif propos ne lâchera pas le chaland d'un iota. Jouissant d'une ingénierie du son plutôt soignée et n'accusant pas l'ombre d'une baisse de régime ou d'une quelconque zone de remplissage, l'impétueux mouvement n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense. Toutefois, à l'instar du précédent opus, ce manifeste s'avère peu varié en termes de phases rythmiques et de lignes oratoires et peine à diversifier ses exercices de style. D'autre part, les sources d'influence convoquées impactent encore certaines harmonies quand la fibre metal symphonique, elle, tend à s'esquiver à nos tympans. Cependant, le collectif fait montre d'une technicité instrumentale et vocale éprouvée et de mélodies volontiers entraînantes. Bref, un solaire et rugissant élan, pourvoyeur d'une énergie aisément communicative, offrant à la formation scandinave l'arme requise pour se hisser dès lors parmi les valeurs montantes de cet éclectique univers metal...
Note : 14,5/20
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