[Note : publiée sous cet EP
Doomed, cette chronique relate également et plus précisément l’épisode du MLP
Twilight in the Wilderness, enregistré cette même année 1992, mais n’ayant malheureusement jamais été commercialisé en tant que tel, donc inscrit sur les pages de
Spirit-of-metal].
Voisin de ses confrères
Crypt of
Kerberos (ex-
Macrodex) & House of Usher fondés à la même période,
Eternal Darkness se forme en Suède à Eskilstuna en 1990, autour du guitariste Toni Pietilä et du batteur Make Pesonen, ce dernier étant également leader du groupe culte
The Black aux côtés de Jon Nödtveidt. Rapidement rejoint par le bassiste Tero Viljanen et le growler Jannen Heikkinen,
Eternal Darkness mélange habilement doom et deathmetal dès ses premières démos, à la manière des formations britanniques telles que
Paradise Lost ou
Decomposed. Jouant sur un rythme lourd et des guitares à l’accordage bas, supportant un chant guttural gras et caverneux, le groupe affine son style jusqu’aux sessions du EP
Doomed en février 1992, tiré à 500 exemplaires vinyles par le label
Distorted Harmony, écartant au passage le titre
Ceremony of Doom.
Attirant alors l’attention de l’écurie Black
Power Records,
Eternal Darkness rejoint les studios Skyline durant trois journées de septembre 1992, pour les sessions d'un mini-album baptisé
Twilight in the Wilderness. Articulé autour de cinq titres et de l’interlude instrumental
That Day
Will Come, s’étendant sur une durée conséquente de 25 minutes, le mini-album débute sur le titre
Psychopath, déjà présent sur le précédent EP. Si le style deathdoom du groupe n’a pas notoirement changé entre les deux enregistrements, il bénéficie en revanche d’un son plus professionnel et plus clair sur les dernières sessions, conférant un surcroît d’épaisseur aux compositions, sans trahir leur essence.
Les rythmes lents de Make, les guitares lourdes & lancinantes du couple Toni Pietilä / Jarmo Kuutola (la dernière recrue) et les vocaux granuleux de Janne instaurent ainsi une atmosphère sombre, qui hante rapidement le deathster.
Eternal Darkness joue ainsi magistralement sur les ambiances, sans toutefois tomber dans la pure mélancolie.
Twilight in the Wilderness oppose en effet régulièrement ses harmonies subtiles à un riffing agressif, à l’image de
Despair, A Pleasant Surprise et du titre éponyme, ou encore du morceau final The
Island of Fear, qui clôture magnifiquement le mini album sur des soli d'une intensité saissisante.
Privilégiant épaisseur et sensibilité à une technique exacerbée,
Doomed et
Twilight in the Wilderness sont deux oeuvres profondes et sensibles, se comptant parmi les perles deathdoom suédoises du début des nineties. Le sort prive en revanche
Eternal Darkness d’une reconnaissance méritée, à commencer par ses déboires successifs avec les labels Black
Power Records puis Necropolis Records, qui conduiront à l’annulation pure et simple de la sortie du mini-LP.
Poursuivant néanmoins l’aventure et jouant notamment aux côtés de
Demilich,
Sentenced,
Gorement ou
Demigod,
Eternal Darkness est stoppé net en 1995 suite à la disparition tragique de Jarmo Kuurola, entrainant sa séparation définitive et regrettable. Il faut alors attendre l’année 2006 pour que Necroharmonic Records répare enfin l’injustice, commercialisant
Doomed et le fabuleux
Twilight in the Wilderness, assortis des premières démos, sur l’album compilation
Total Darkness.
Fabien.
Rider of the Death culture.
Fabien.
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