Que peut nous apporter de bien concret ce disque parmi la multitude d'autres productions sorties et lorgnant sur du Black
Doom à tendance funéraire ? ES ayant écrit chaque parole de cet album mais ne nous les léguant pas sur le livret (où ne figure que trois ombres, lui-même + Niets et D, leurs corps s'effaçant à la lueur de torches putrides), on ne peut formuler d'hypothèses sur une imagination florissante côté textes ou bien terne.
En tout cas, le ton est donné, ce CD sent la pourriture rien qu'en voyant la pochette (cabanon d'un obscur et ancien camp de concentration ?) mais est-ce pour autant une partie de cache à cache entamée avec Dame Qualité pour, au final, un opus moisi ?
Je serais plutôt hésitant, le bon cotoyant le fade ou le "peuvent mieux faire". Les compositions ainsi délivrées ne sont pas mauvaises dans le fond, le minimum syndical étant appliquée, mais c'est la profondeur d'action dans le marasme qui manque cruellement ! On ne veut pas s'y perdre mais regarder, éloigné et avec un air insignifiant, ces trois membres tenter de s'extraire de là.
Aucun titre n'accroche réellement notre veston (sauf la toute dernière, merci le violon), l'on se prend alors à l'écouter d'une traite tout en discutant papier et chiffons de l'autre côté… bilan, on est jamais sûr de l'avoir vraiment écouté et c'est bien le pire reproche que je puisse formuler contre cet album.
Tous les ingrédients sont pourtant réunis comme la voix plaintive ou empli de vil courage d'ES, sincère tout le long des 40 minutes de ce
Doodschrift - les phases de silence puis misanthropiques qui parsèment quelques pistes sont elles aussi savoureuses (comme sur De Sterm In Het Donker), le son graveleux de Dwaal qui donne un cachet Raw Black
Metal pas désagréable du tout… mais je ne parviens pas à en retirer un quelconque délice permanent. Sans doute le manque de folie, le manque de volonté pour casser certains codes les font tomber à peine au-dessus de la moyenne (si l'on se réfère avec l'avis de Dame Qualité qui vient de me rejoindre).
Je ne peux que vous annoncer que ce
Doodschrift est donc dispensable, malheureusement, les seules plages sonores étant à retenir se nomment De Sterm In Het Donker et la somptueuse (il en faut bien une) Tragedie, avec son violon ajusté de main de MAÎTRE (qui me rappelle quelques belles pistes d'
Officium Triste sur l'album
Reason).
N'ayant réalisé que 2 demos et 1 seul CD jusqu'alors, s'ils veulent percer ou obtenir mon approbation future de tuerie, je leur conseilllerais de méditer dans ce cabanon un bon laps de temps pour en retirer toute l'essence même de ce simple mot si humain :
Tristesse.
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(le rire est bon et booste l'organisme pour sa défense immunitaire, utilisez-le donc).
Apophis2036 / Summonight
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