Originaire de Leipzig en ex-RDA,
Division Speed a fait précéder la sortie de son premier album par une poignée de démos et de splits 7", comme au bon vieux temps des années 80.
Signé par High Roller Records, le label spécialiste en sorties vintage, le groupe voit son premier jet orné d'une pochette assez originale, réalisée par Paolo Girardi (
Inquisition,
Autopsy,
Power Trip,
Nocturnal Graves). De plus,
Division Speed a eu l'occasion de tourner, notamment dans son pays natal, forgeant l'identité du speed/thrash du groupe, aux côtés d'un
Hellish Crossfire, par exemple, dans un style similaire.
D'entrée, l'ombre des morceaux hurlés par Ventor sur l'inestimable
Pleasure To Kill de
Kreator se fait persistante au cours des morceaux courts et très efficaces du disque (l'opener "Panzerkommando", très énergique et représentatif, donne le "la" de l'album). Et, si l'on excepte quelques leads ou riffs empruntés à la NWOBHM ("Schwarze Scharen", "Sturmbattallion"), fort réussis, on se dit que, oui, le second
Kreator a influencé nombre de combos de par le monde. Tout y est : roulements de batterie caractéristiques, réverb sur les vocaux hargneux, riffs incisifs et refrains scandés s'imprimant entre les oreilles à la manière d'un coup de poing américain. Les divers samples (sirènes annonçant l'aviation en approche, extraits de discours en allemand) introduisant de ci de là certains titres contribuent à immerger l'auditeur dans l'ambiance guerrière du disque. Cependant, le grande force du disque est l'esprit vif et entraînant de ses riffs, un peu comme si les récents
Evil Invaders avaient brutalisé ses rythmiques et changé de hurleur.
On pourra, outre les influences précitées, également identifier quelques touches de Sodom, voire de
Violent Force (pour les connaisseurs qui apprécieront de voir ce groupe cité en 2015), par le côté parfois entraînant de certaines rythmiques ou refrains ("Rule Britannia"), parfois à la limite de la caricature. Et, si l'instrumental de transition ("Thunderer,
Monarch,
Conqueror") nous refait le coup du "
Pulling Teeth" de
Metallica de manière un peu trop voyante, nul doute que les treize autres titres sauront réveiller le vieux perfecto usé qui dort dans le placard du thrasher qui regrette que Ventor n'ait pas continué à beugler sur les albums post-Terrible Certainty.
Pas déconnant en regard des productions récentes dans ce style-là,
Division Speed convainc sans souci (et, étrangement, revendique l'influence speedmetal dans sa biographie plus que son côté thrash), et rejoint la tête du peloton des adorateurs des deux premiers
Kreator, à l'image de nombre de groupes sud-américains. Comme la qualité est là, et qu'on ne s'ennuie pas une seconde, pourquoi bouder son plaisir ?
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