Bienvenu dans l’antre d’
Insatanity, jeu de mot habile mêlant diable et démence, au cœur d’un rituel démoniaque organisé à la gloire du Malin, fait d’idoles du baphomet, de corpse-paints, de sacrifices, de croix renversées et de pentagrammes inversés. Originaire de Philadelphie en Pennsylvanie, notre groupe se forme en 1992 sous la coupe du growler Mark Rhochar, d’obédience ouvertement satanique, à l’image de ses confères Glen Benton, Vincent
Crowley et Tim Bishop (
Deicide,
Acheron,
Blood Ritual).
Après de nombreux remaniements de line-up, un noyau dur se cimente progressivement avec l’arrivée de Jay Lipitz (g) puis de Chris Lytle (b), tandis que le style se dessine distinctement sur la troisième demo-tape
Unholiness Rising (1995), qui servira entièrement de base pour le premier album imminent. En cette rentrée 1995,
Insatanity immortalise ainsi sous forme de quintette son debut-album
Divine Decomposition, capturé au studio Trademark Music. La bande décroche parallèlement un deal avec l’écurie grecque Unisound, qui s’est déjà forgé un nom grâce à de bonnes signatures avec
Rotting Christ,
Uncanny,
Thou Art Lord,
Necromass,
Mortuary Drape ou
Varathron.
Musicalement,
Insatanity pratique un deathmetal calé entre
Deicide et le vieux
Hypocrisy,
Divine Decomposition renfermant ainsi une palanquée de rythmiques assassines et de riffs tout aussi incisifs, qui alimentent neuf morceaux pas foncièrement originaux mais idéalement calibrés. Le parfum occulte qui règne tout au long de l’œuvre est un atout supplémentaire, une noirceur qui rappelle aussi celle d’Infester sur son album To the
Depths, à l’image du bon titre Transfiguration et de son final sur un clavier sombre et envoutant. Le chant de Mark Rhochar apporte enfin la touche finale, notre disciple juxtaposant régulièrement aux côtés de son growl gras & rauque des vociférations hystériques, tel des excès ponctuels de folie durant le rituel.
Malgré quelques petites longueurs et une arrivée un peu tardive sur le circuit, alors que tant de choses ont déjà si bien été dictées par les maîtres en la matière,
Divine Decomposition reste un album de deathmetal solide, une cérémonie noire, violente et occulte qui tient ses promesses. Le Malin n’est jamais loin à l’écoute de ces neuf offrandes constituant l’apogée d’
Insatanity, qui poursuivra ensuite sa carrière de façon plutôt discrète.
Fabien.
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