Divided Multitude n’est pas ce qu’on pourrait appeler un perdreau du jour. Fort d’une carrière débutée au milieu des années 90, le groupe peut s’enorgueillir d‘avoir alimenté en musiciens d’autres formations qui ont pignon sur rue. On pourra citer, par exemple, Christer Harøy (guitare), Anders Vinje (batterie) et Rayner Harøy (basse), qui officient aussi dans
Triosphere à des degrés divers.
Divided Multitude est donc le sixième opus de la formation d’Orland et on pourra se le procurer via
Nightmare Records à partir de décembre 2015. Le mixage a été réalisé par Jacob Hansen (
Evergrey,
Epica, etc).
On va retrouver dans cet opus tous les ingrédients du Prog
Metal. De la technique au kilo, des changements de rythmes par paquets de 53 et des morceaux longs comme un album entier de
Napalm Death, le tout bénéficiant, bien sûr, d’une production ultra léchée et moderne.
Le clavier occupe une place intéressante et n’est pas relégué au second plan comme souvent. On retrouve régulièrement des nappes plus ou moins futuristes pendant les rythmiques ou les intros (Only for You,
Demise). Il prend aussi part aux soli démonstratifs inhérents au style (Only for You) et utilise une grande palette de sons différents.
Divided Multitude est aussi adepte de la rythmique saccadée à outrance, une constante que l’on retrouve dans la plupart des titres. On flirte parfois avec le Thrash (
Immortal), les années 70 et Pink Floyd (Proud).
Le chant, tout à fait adapté au style du groupe, n’a rien d’exceptionnel mais accomplit très bien le job. La voix est modulée suivant les ambiances voulues, aigüe, grave mais toujours à l’aise. Elle est d’autant plus intéressante quand elle reste dans un registre médium ou elle donne là toute sa puissance et sa force. Mais les émotions les plus subtiles ne ressortent vraiment que sur les parties les plus calmes où le chant semble beaucoup plus travaillé (Proud). Certains choeurs ne sont pas sans nous remémorer les grandes heures de
Kansas ou de
Savatage (Only for You, Proud), utilisant parfois quelques voix d’enfants.
Et, c’est pratiquement lorsque l’on n’attend plus rien que les choses les plus intéressantes arrivent. Car l’album contient malgré tout de très bons moments, les deux derniers morceaux en l’occurrence.
Depth, tout d’abord, qui reprend ce qui a été dit plus haut mais avec beaucoup plus d’inspiration dans les mélodies et les parties instrumentales et surtout Seal of
Faith, le titre de clôture.
Divided Multitude prend alors une dimension dramatique sans égal sur près de 10 minutes. Beaucoup plus sobre, plus lourd, plus mélodique, dans des tons très graves, mais aussi plus travaillé au niveau des voix avec quelques effets bien sentis au début et à la fin du titre. A cela viennent s’ajouter quelques jolies parties de guitares non saturées qui font mouche. De belles émotions.
Le Prog de
Divided Multitude ne fait pas partie de la catégorie « écoute multiple pour tout comprendre », car il reste assez direct dans sa structure. Alors on ne peut quand même pas dire que l’album soit dénué de qualités. Technique, production, composition, tout est là. Le boulot abattu est monstrueux. Mais ça manque réellement d’émotion, de personnalité et ça se contente un peu trop souvent des poncifs du genre en en collant partout avec force de démonstrations. Peut-être la prochaine fois, qui sait?
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