Groupe Parisien de thrash metal, Deer
Blood a sorti son premier album en ce début d'année 2015. Composé de neuf morceaux, il est de plus agrémenté de quatre titres re-mastérisés et issus du E.P. Killing
Engine. Groupe en construction s'il en est, avec un site internet en cours de mise en place, et des concerts qui se programment ici ou là, Deer
Blood a tout de la formation en pleine ascension.
Constitué de quatre musiciens, le groupe officie dans une veine qui se rapproche de la forme la moins orthodoxe de
Slayer (comprendre les albums à partir de Diabolus In Musica - avec un timbre vocal et un placement de voix d'Alexandre Bourret qui n'est pas sans rappeler le Tom Araya de cette période), ou d'un récent
Kayser. Soit un thrash "chaloupé" plein de groove dans ses rythmiques.
Toutefois, Deer
Blood, s'il ne brille pas par son originalité, remplit son office avec des titres bien construits et une recherche mélodique permanente (Julien Doucin sort de magnifiques soli comme sur le titre éponyme, sur "Trapped
Inside" ou "Open Letter Of
Rage", constituant un vrai plus pour l'album, très loin des soli des Californiens donc). Peut-être une voie à creuser pour plus de personnalité ? Les morceaux sont principalement composés de rythmes modérément véloces ("
Altar Of
Lies"), entrecoupés de breaks Slayeriens post-1998, et de mélodies vocales que l'on sent travaillées à la manière des titres les plus mélodiques de
God Hates Us All ou Diabolus In Musica (
Slayer, bien sûr) comme "Perversions Of
Pain", ou "Here Comes The
Pain", pour situer le propos musical du groupe Parisien.
Alternant ainsi ses plans et boucles rythmiques sur des plages instrumentales plutôt réussies ("Open Letter Of
Rage"), Deer
Blood ne commet pas l'erreur d'en rajouter, et les morceaux, relativement courts, possèdent suffisamment d'énergie et de savoir faire pour ne pas lasser. L'auditeur, ainsi, selon son appréciation globale de ce style, verra ainsi se constituer une alternative assez crédible dans ce créneau musical, Deer
Blood n'ayant guère à rougir de ses compositions, jamais géniales, mais solides (l'intro malsaine du réussi "
Means To An End", une voie à creuser ?).
Très (trop) proche de son influence principale, Deer
Blood plaira inévitablement aux fans du
Slayer le plus récent, à la fois moyennement agressif et rempli de titres sans fausse note ("
War Of the Roses" qui rappelle le célèbre film, et aussi un des titres les plus percutants de l'album). Les vocaux d'Alexandre Bourret, Arayesques en diable dans sa forme la plus posée, constitueront également un élément clivant dans l'appréciation globale. Egalement, rempli de rythmes assez similaires tout au long de l'album, Deer
Blood gagnera certainement à alterner les tempi et les lignes vocales, pour développer son propre style et magnifier le rendu global.
N.B. : Un mot sur les quatre titres issus de Killing
Engine. Dans la même veine quoiqu'un peu plus bruts ("
Annihilation"), ils permettent surtout de constater les progrès dans le son et les arrangements, mieux faits sur l'album et une capacité certaine à s'inspirer des maîtres du style ("Killing
Engine" est un mix entre couplets à la
Metallica période
Death Magnetic et le
Slayer des années 2000). On ne peut que lui souhaiter de progresser aussi rapidement. Vu le nombre de concerts prévus cette année, Deer
Blood en a la volonté.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire