Dernière Volonté : un style unique, qui perdure et s’affine à travers le temps. Avec son quatrième album,
Devant le Miroir, DV ne fait que confirmer ce credo. Geoffroy D. nous livre ici des tonalités encore plus mélodiques qu’avant, dans la lignée d’un Les Blessures de l’ombre épuré de ses (rares) défauts. Personnellement, j’ai découvert DV avec cet album et j’ai tout de suite été charmé. Dommage que, comparé à
Devant le Miroir, Les Blessures de l’ombre (que j’ai écouté plus tard) paraisse parfois un tantinet fade. Mais que voulez-vous, toute médaille a son revers !
Comme son nom l’indique,
Devant le Miroir reflète la vie de son compositeur, Geoffroy D., ou plutôt ce qu’il veut bien nous en dire à travers chaque chanson. Son vécu, sa vision du monde, ses influences littéraires (on trouve des références discrètes à Jacques Rigault et à Drieu La Rochelle dans l’album)… Pourtant, il n’y a là aucun « racontage de vie », au contraire. Chaque titre est empli de beauté tragique, avec en filigrane la fragilité, l’aspect périssable, de toute vie humaine. Mais n’est-ce pas justement ce côté éphémère qui rend les choses encore plus belles ? Tragique n’est pas négatif, et sans mortalité, on s’ennuierait. « A peine un pied par terre, que la mort colle à nos bottes… »
Les paroles sont
Toujours aussi bien écrites, et parlent beaucoup ici d’amour, de jeux de guerre, d’alcool (« L’ombre des réverbères », « Verbes fragiles »), d’histoires vécues, traitées à travers un prisme lyrique et musical qui les embellit d’un halo mystique.
La musique n’est pas en reste : des sons d’orgues, la voix de Geoffroy D. encore meilleure qu’avant, avec plus de chant et moins de phrasé… et
Toujours, en arrière-plan, cette sacrée ambiance martiale qui avait fait la touche de Dernière Volonté à ses débuts ! Qui a dit qu’amour et militarisme étaient antithétiques ?
Devant le Miroir ne laisse pas le temps de s’ennuyer.
Outre les chansons d’amour tragique, qui se suivent et ne se ressemblent pas, on trouve une reprise d’un chant traditionnel du XVIIIème siècle (« Au travers des lauriers »), la mise en musique d’un poème d’Apollinaire (« Cran d’arrêt ») avec des mélodies qui y collent à la perfection, un titre quasi-expérimental en hommage à Drieu la Rochelle… Sans oublier « Douce hirondelle », une chanson plus légère et plus gaie, venant donner une bouffée d’air frais dans un album qui pourrait devenir linéaire au fil des écoutes. Tout cela porté par une voix gracieuse et modulée.
Amateurs de goth, de métal, de martial pop, d’ambient, de folk… je vous le conseille à tous !
Allez, histoire de dire que je suis objectif : le livret, quoique joliment décoré, n’est pas
Toujours ultra-lisible quand on veut suivre les paroles des chansons. Mais bon. Avec ou sans livret, on s’en contentera largement !
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