Deus Profanus

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15/20
Nom du groupe Empty Mirror (GRC)
Nom de l'album Deus Profanus
Type Album
Date de parution 25 Décembre 2024
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Exordium
Ecouter01:44
2.
 Luminous Child
Ecouter05:35
3.
 Deus Profanus
Ecouter05:54
4.
 Zephyros
Ecouter05:51
5.
 Medea
Ecouter06:42
6.
 Tristessa
Ecouter05:12

Durée totale : 30:58

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Empty Mirror (GRC)



Chronique @ ericb4

17 Août 2025

Une deuxième gemme à placer dans l'écrin de la formation hellénique...

Les événements semblent s'accélérer pour le septet grec depuis son introductif et seyant EP, « Echoes of Eternity », sorti en novembre 2022. Impulsé à la fois par un courant d'inspiration renouvelé et par une plus sérieuse envie d'en découdre aujourd'hui qu'hier, le combo athénien se consacrera l'année suivante à l'écriture de nouveaux titres tout en participant à divers concerts et festivals. Fort de ce background live et de ses récentes créations, il n'aura pas fallu attendre bien longtemps pour le voir réinvestir les studios ; fin 2024 déjà sortira le single « Luminous Child », soit l'une des six pistes de son premier et présent album full length, « Deus Profanus », réalisé dans la foulée. Cela étant, le set de compositions de cette fraîche auto-production offrira-t-il à nos sept belligérants un arsenal défensif susceptible de mettre à mal la féroce concurrence de l'arène metal gothique à chant mixte ? Plus encore, les 31 frugales minutes du ruban auditif de la rondelle leur permettront-elles de rejoindre dès lors les valeurs montantes de cet espace metal ?

Dans cette seconde aventure, nous embarque un équipage partiellement remanié. Si les vocalistes Afroditi T et Andreas Denwar (ex-Chthonian Alchemy), Antonios Tsitseklis (feu-Delusive Masque), aux guitares, et le bassiste Miltos D (Procrustes, Omenloth, ex-Ethereal Blue) sont toujours de la partie, les guitaristes Tolis G Pol (Wildfire) et Manos Infuser Psarros (Divurge, ex-Obsecration) ainsi que le batteur Aggelos, quant à eux, quitteront le navire ; leur succéderont Vasilis Kavvathas aux guitares, Marios Theofilatos (Wildfire) aux claviers et Dimitra ''Mechblastess'' Skourti (Devathorn, ex-Resurgency) à la batterie. Avec la participation, pour l'occasion de Johanna von der Vögelweide (Feuerschwanz) au violon, le groupe nous replonge dans un environnement rock'n'metal atmosphérique gothique typé mid-90s assorti de colorations doom et symphoniques, dont les sources d'inspiration sont à rechercher chez Tristania, All About Eve, Theatre Of Tragedy, The Gathering, Lacrimas Profundere et Draconian.

Nous ayant déjà interpellés quant à la qualité de production dont son premier essai pouvait se targuer, la troupe en poursuit l'entreprise. Enregistré en majeure partie, mixé et mastérisé à son tour aux Made in Hell Studios, par son propriétaire, David Prudent (bassiste/vocaliste (Vigour, ex-Speedrush...) et ingénieur du son/producteur (Insaniter, Insanity Cult, Lykaionas, Shadow In The Darkness, Vile Species...)), et enregistré pour ses lignes de batterie au Esoteron Studio par George Devolos (batteur (Serpent Noir, ex-Lucifer's Child, ex-Social Scream...) et ingénieur du son (Darklon, Nile, Plague Of Murder...)), l'album n'accuse par l'once d'une sonorité résiduelle tout en bénéficiant d'une belle profondeur de champ acoustique. Un programme alléchant incitatif à une traversée que l'on espère sans escale prématurée, et ce, dans une mer limpide à la profonde agitation intérieure...

C'est sous une pluie battante et un tonnerre grondant mais tout en délicatesse que démarre notre périple. Ainsi, « Exordium » se pose telle une brève entame cinématique aux arrangements ''nightwishiens'', d'où s'échappent de claires et déchirantes vocalises féminines doublées d'un fin picking à la guitare acoustique. Mais il ne s'agit-là que d'une modeste mise en bouche...

Si le plus clair de la croisière s'effectue sur une cadence mesurée, nos acolytes insuffleront à leur message musical ce piquant susceptible de nous retenir, un peu malgré nous. Ce que révèle, tout d'abord, « Luminous Child », énigmatique et frissonnant mid tempo aux riffs crochetés au confluent de Lacrimas Profundere et de Draconian ; un saisissant effet de contraste oratoire nous agrippe, les troublantes inflexions comme les growls glaçants du vocaliste patentés se voyant relayés par les ''siréniennes'' impulsions de la déesse. Parallèlement pourvu d'un sculptural solo de guitare et d'arpèges d'accords finement sculptés, et en dépit de quelque linéarité mélodique, le méfait ne se quittera qu'à regret. Dans cette dynamique, le félin et ''tristanien'' « Deus Profanus » imposera tant ses grisants gimmicks guitaristiques et ses couplets délicatement esquissés – mis en exergue par les angéliques modulations d'une interprète bien habitée – que ses sensibles gammes pianistiques et le fin toucher d'archet de Johanna von der Vögelweide. On ne saurait, enfin, ignorer le ''gatherien'' mid tempo syncopé « Tristessa » eu égard à sa ligne mélodique d'une intarissable sensualité et à sa basse tantôt caressante, tantôt vrombissante.

Lorsqu'il en vient à varier ses phases rythmiques à l'envi, le combo grec trouve également les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, en premier lieu, le tortueux « Zephyros » qui, non sans savamment combiner les influences de Draconian et de Theatre Of Tragedy, nous plonge dans un univers atmosphérique gothique aux relents doom recelant moult harmoniques empreints de grâce, une ambiance quelque peu crépusculaire, un brin souffreteuse, et des joutes vocales opportunément positionnées et des plus poignantes, où les fluides oscillations de la belle n'ont de cesse de donner le change aux claires ondulations comme aux growls ombrageux de son comparse. Mais la palme reviendrait à « Medea », fresque symphonique gothique au carrefour entre All About Eve et Tristania, qui, au fil de ses 6:43 minutes, ne lâchera pas sa proie d'un iota ; glissant le long d'une radieuse rivière mélodique qu'empruntent nos deux tourtereaux, octroyant d'insoupçonnées et frémissantes montées en régime de son corps orchestral et des enchaînements intra piste ultra sécurisés, la luxuriante offrande poussera assurément à une remise en orbite dès la chute finale amorcée.

Au terme d'une traversée à la fois enivrante et tumultueuse, on se surprend, une fois encore, à y revenir, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. A l'aune de son aîné, cet opus témoigne d'une ingénierie du son difficile à prendre en défaut, dissémine de seyants sillons mélodiques tout en affichant une technicité instrumentale et vocale maîtrisée. A l'image de son devancier, les exercices de style investis tendent à une certaine stéréotypie quand les prises de risque se font encore timides ; de persistantes carences que la qualité des arrangements comme la richesse des harmonies pourront partiellement compenser. Ainsi pourvus, nos gladiateurs disposeraient dorénavant d'arguments suffisants pour caresser l'espoir de se hisser parmi les valeurs montantes de l'univers metal gothico-symphonique à chant mixte. Bref, une deuxième gemme à placer dans l'écrin de la formation hellénique...


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