La scène metal extrême québécoise, en voilà une contrée bien méconnue. Bien sur, vous me direz qu’il y a eu
Despised Icon, qu’il y a
Kataklysm,
Ex Deo, Voivod et si l’on s’étend sur le Canada, il y a l’incontournable
Cryptopsy et son
Death Brutal destructeur.
Aujourd’hui je vais prendre le temps de vous parler d’un jeune groupe du nom de
Morgue.
Ce quintet évolue dans un style
Death/Black et nous présente donc ici son second album «
Dethroned ». Ce dernier marque une évolution dans l’approche musicale du groupe, mettant de côté le black traditionnel de «
Flames and Blood », leur premier album, et permettant la mise en avant d’un son beaucoup plus lourd, plus caverneux sans pour autant oublier les sonorités, les voix, les rythmes typés black.
Aux mastering de cette galette on trouve un mec connu de la scène metal extrême nord américaine, en la personne de Jeff Dagenais du groupe
Kataklysm.
En ce qui concerne l’artwork pour en dire quelques mots : on y voit au centre un agneau en décomposition, secondé par d’autres dans un décor apocalyptique et dans le fond un homme pendu à un arbre.
Haze l’ex-bassiste, désormais guitariste du groupe explique que cette image a pour message « l’abandon des chrétiens par Dieu », en effet les agneaux représentent la foi chrétienne mise à mal et le berger représente Dieu dans un message qui se veut le plus pessimiste possible. Dieu n’est plus, il nous a abandonné et l’humanité est en péril.
Après cette petite présentation, passons direct dans le vif du sujet et lorsqu’on entend la première piste qui fait office d’introduction, on commence à comprendre l’ambiance dans laquelle cette écoute va se faire : cela est relativement sombre et puissant, la suite est de bon augure.
Effectivement,
Morgue développe une musique qui n’explose pas à la tête mais qui se veut diablement efficace, en témoigne le très bon «
Heights of Babel ». Le riffing et les blast de cet album sont entrainants et l’on ne résiste pas à un bon headbanging, surtout que le côté death est très présent.
On note aussi que les influences du groupe sont reconnaissables facilement et celle qui m’a le plus sauté aux yeux est
Deicide sur le titre « Déchéance », mais aussi globalement sur le reste de l’album.
Le chanteur a du coffre, même si on est encore loin des monstres du genre
Death/Black, mais l’alternance voix aigüe, voix grave est plutôt bien exécutée, encore que selon moi, le chant n’est pas le point fort de cet album. Non, la musique est la bonne surprise que nous offre
Morgue.
Il est important tout de même de noter que certaines structures se répètent au fur et à mesure que l’écoute se poursuit, on remarque que des riffs sont similaires, voire parfois identiques, avec ce réflexe de se dire « tient, j’ai déjà entendu ça… ». Je note ce défaut sur le titre « Le trône immaculé » qui me fait revenir sur « Déchéance ».
Sans faire un listing des titres avec leur particularité, je vous évoque ceux qui m’ont le plus marqués mais je tiens à dire qu’aucun des 9 titres qui composent «
Dethroned » n’est à jeter, bien au contraire, ils suivent quasiment tous la même ligne conductrice. Je dois dire que j’affectionne beaucoup la chanson « Hordes of
Lions » avec son intro blastée black et sa ligne death agrémentée d’un petit solo sympathique, quoique pas très innovateur, mais pas désagréable.
Pour moi, la surprise reste le dernier titre « Noye dans la
Fange » : l’approche est bien différente, le black metal de leurs débuts ressort beaucoup plus, on a même parfois l’impression d’avoir une sorte d’instrumental ambiant, quelque chose de plus lent. Un titre qui se démarque donc clairement des autres mais qui se laisse écouter assez facilement malgré la durée qui dépasse les 8 minutes.
J’aurai plutôt tendance à regretter que le groupe ne joue pas plus sur la vitesse pour véritablement avoir cet effet explosif qui manque à cette bonne production. Le sentiment que je ferai ressortir de cet album serait celui de se dire que
Morgue explore un nouveau style par rapport à son premier album et qu’il désire se rassurer pour savoir avec quelles répercussions il sera accueilli par le public.
En définitif, je ne ressors nullement déçu de cette découverte qui m’a offert une écoute agréable, sans ennui et lassitude. Cet album n’est pas parfait mais ne fera pas du tout tâche dans une collection de disques, à la rubrique « nouveautés » ou « bonnes surprises ». Si ces petits québécois continuent sur leur lancée, je ne serai pas surpris de les voir traverser la planète pour venir nous en mettre plein les oreilles en
Europe.
En définitif et en trois mots : « efficacité, maturité et réussite ».
LG.
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