Mes origines enracinées dans la Mayenne profonde vont m'obliger à parler en bien de ce groupe, et il y a de quoi.
Homestell est une formation hardcore lavaloise qui peut se vanter d'être active depuis maintenant près de 8 ans malgré pas mal de changements de line up, dont un récent concernant le chanteur, où l'on a pu voir l'arrivée de Guillaume de GTI. Je me permets d'ores et déjà de présenter ce groupe comme l'un des espoirs du metal français, et ce entre autre pour les avoir vu 3 fois en concert, dont en première partie de
Gojira en février 2006 à Angers ainsi que sous le petit chapiteau du Hellfest en juin dernier (tout de même !). Les Mayennais ont 2 démos à leur actif ainsi qu'un split avec Field Of Illusions, mais ils ne se sont malgré tout pas pressés pour sortir un premier album. J'ajouterais cependant que cette (mûre) réflexion a joué en leur faveur. Ah je vous en dévoile trop, suivez-moi !
Vous avez du mal à émerger le matin ? Vous êtes sur les nerfs en rentrant du boulot parce que votre patron est un emmerdeur ? Vous êtes coincé dans un embouteillage et le mec devant vous pile sans cesse comme un con ? Ces temps-ci vous vous prenez constamment la tête avec votre copine ? Si vous êtes dans un de ces contextes là (ou similaire) vous avez sûrement besoin de vous défouler, car l'envie de tout péter se fait omniprésente. Dans ce cas, je peux vous prescrire cet album, véritable concentré de brutalité pure consommable sans modération, qui devrait calmer votre nervosité.
"Désillusions" a le mérite d'avoir été enregistré au Drudenhauss Studio avec l'aide de Xort (
Anorexia Nervosa). Il en ressort une production vraiment impeccable et un son parfait, car pour ce genre d'exercice il faut que ça décape sec. Et en effet
Homestell est loin d'être délicat avec nos oreilles avec ce deathcore tranchant et ravageur. Sans renier ses origines purement hardcore,
Homestell essaie d'élargir sa vision musicale afin de prendre un peu de personnalité, même si les influences se ressentent malgré tout.
Le chant de
Yosh met bien l'accent sur la différence de style, tantôt coreux à l'aspect parfois maladif, tantôt purement guttural. Et ce avec des paroles en français s'il vous plaît, même si personnellement je ne capte peut-être que deux mots par chanson (rha je dois rien y comprendre au hardcore !). Au niveau des guitares, celles-ci nous servent en grande partie des riffs acérés et saccadés dans le pur respect des traditions du genre, accompagnés d'une basse qui fait littéralement vibrer les tripes. Mais elles ne s'arrêtent pas là car elles nous gratifient parfois de passages quelques peu aériens vraiment pas désagréables. La batterie donne elle toute la puissance grâce à sa double caisse qui sulfate épileptiquement et son jeu de cymbales brise-cervicales.
Aucune lassitude particulière n'est ressenti à l'écoute de cet album, les plans étant plutôt variés et toujours rentre-dedans même si l'on retient principalement les morceaux "Damnés", "Feel It", "
Danse Macabre" et "Ex
Nihilo" ainsi que la petite pause en milieu d'album judicieusement appelée "
Equilibrium", qui lance "Zone 0". On notera deux featuring avec la présence entre autre de Kéké de
Trepalium sur le titre éponyme ainsi que la participation de Martin de Kerkovia.
Sans nul doute, on s'aperçoit que le niveau est là en conclusion de ce premier essai, à savoir que le deuxième album est en réalisation. Je pense qu'
Homestell a attendu d'être assez mature musicalement avant de s'engager dans la réalisation d'un premier opus et prouve donc avec ce "Désillusions" qu'ils avaient quelque chose de concret à proposer. Et l'énergie dégagée dans cet album est parfaitement retranscrite en live ; en gros ça creuse des cratères dans le plat pays mayennais de diou ! Alors n'oublier pas ce nom, je vous promets qu'on a pas fini d'en entendre parler, croyez moi !
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