Quand on est un vieux con comme moi, le concept de Death old school a tendance à faire sourire. Car en effet, comment puis-je considérer comme étant l'ancienne école le type de Death que je n'ai jamais cessé d'écouter, même quand ce n'était plus la mode du moment? Aujourd'hui, alors que les sites de téléchargements ont permis à tout ce que l'Underground des années 90 comptait de groupes de troisième catégorie (voire plus) de se refaire une virginité et de passer pour novateurs, à l'heure où tout le monde y va de son laïus pour vous expliquer à quel point il n'y a que le son de Stockholm qui vaille la peine, je me retrouve à chroniquer ce premier EP d'un petit groupe hollandais qui joue du Death à l'ancienne.
Et naïvement, j'espérais que les mecs me torchent un petit truc à la vieil
Asphyx ou à la
Pentacle.
Que dalle. Ou presque.
Anarchos se contente juste de ressortir des plans entiers pompés aux groupes suédois et floridiens ayant sortis un truc entre 1989 et 1992. Ni plus ni moins. Ah si, quand même, de temps en temps on a droit à un petit plan bien hollandais qui me fait dire que les gars ont dû trouver un peu d'
Acrostichon ou de Bluuurgh... sur un quelconque Torrent. La production est bonne, le mix bien comme il faut et la prise de risque est de l'ordre du zéro absolu.
Et c'est là que le bas blesse fortement. Il y a dix ans, presque quinze, quand les premiers groupes commençaient à se remettre à jouer du Death à l'ancienne (
Repugnant, ça parle à quelqu'un? Ou
Paganizer?), ils amenaient un vent de fraîcheur dans une scène Death qui semblait repartir dans les erreurs du passé. Aujourd'hui, il sort tellement de nouveaux groupes de Death old school chaque semaine que j'ai parfois l'impression d'être revenu en 1992, quand l'afflux aussi monstrueux que soudain de groupes sur le marché avait tout simplement flingué la scène et quasiment enterré le genre.
Qu'on se comprenne bien : le drame d'Anarchos n'est pas le tort d'être un mauvais groupe mais juste d'être un groupe totalement quelconque. Il n'a rien qui le fasse sortir de l'avalanche de groupes old school qui sortent chaque mois. Le pire est qu'il n'essaie même pas de se distinguer de la concurrence. Car pour Anarchos, le plus important semble être de copier au plus près ce qui a été fait il y a 25 ans sans chercher à en dévier d'un iota. Et en serrant très fort les fesses afin de ne pas se chier dessus.
Si vous n'en avez pas encore assez de jeunes groupes de Death à l'ancienne qui recopient les bonnes recettes sans personnalité ni saveur, il est plus que probable qu'Anarchos fera votre bonheur. Dans mon cas précis, disposant déjà des originaux, je ne vois pas pourquoi je devrais en plus me farcir une copie dont la fadeur (même l'artwork et la présentation du groupe ne sont qu'un florilège de clichés) n'a d'égale que la compétence des musiciens.
Et force est de reconnaître qu'ils sont très, très compétents.
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