J’espère que le nom de Michael Denner vous rappelle quelque chose. Si, si ! Vous devez connaître le danois qui fut le guitariste de groupes prestigieux tels «
Mercyful Fate », «
King Diamond », mais également de nombreuses formations. Il souhaite aujourd’hui prendre de la distance avec le metal, sans pour autant renoncer à la musique. Son idée serait désormais de revisiter des titres qui ont vécu, quelque peu oubliés. « Tempest », «
Mountain », «
Montrose », ça doit aussi ouvrir des portes rouillées de votre mémoire. Il s’entoure pour cela d’un vrai line-up, dont Kim Hagemanm, l’ancien batteur de son défunt groupe « Zoser Mez ». Fort de la réputation de Michael Denner, un premier disque très rock parait chez le label metal
Target Records. Ils sont vieux et ils ont décidé de rajeunir. Quoi de mieux pour cela que de revenir plusieurs décennies en arrière.
L’offrande en question est entièrement composée de reprises. Sans approfondir un minimum ses recherches sur ce nouveau projet et sur les chansons de ce disque, on peut se faire piéger. Certains riffs vous remémoreront des choses, si vous avez seulement prêté votre oreille à des morceaux de rock des années 70. A titre personnel, j’ai tilté quand j’ai reconnu à la quatrième piste le «
Never in My
Life » de «
Mountain », issu du cultissime album « Climbing ! ». La redite serait un peu molle comparé à l’original, moins fantasque aussi. C’était la batterie et le chant divin de
Leslie West qui faisaient le succès du «
Never in My
Life » d’origine. Force est de constater que c’est désormais les guitares qui prennent les devants, comblant la performance terne de Lars et de Kim, respectivement au micro et derrière les fûts. En autre cover qui ne pourra vous échapper, on retiendra forcément celle d’« I Got the
Fire » de «
Montrose », tirée de l’album « Paper
Money » de 1974. Là encore, la magie n’est pas renouvelée. Elle aurait paradoxalement pris des rides chez «
Denners Trickbag ».
Seul le jeu épris de la lead guitare vous fera lâcher un sourire.
Le groupe semble beaucoup apprécier le groupe de rock israélien «
Jericho » (que l’on retrouve également sous le nom «
The Churchills ») qui avait fait un opus très marquant en 1972, avant de s’éteindre, porté à l’époque par le jeune prodige Haim Romano. Les danois leur piochent pas moins de deux morceaux, à savoir : « Ethiopia » et « Dont You Let Me
Down ». On pourra affirmer pour cette fois que ces titres auront retrouvé une seconde jeunesse, arrangés par la meilleure qualité de production d’aujourd’hui. Ce serait étonnement le contraire pour «
Armageddon » d’«
Axis », un groupe new-yorkais où avait œuvré un certain Vinnie Appice. Le résultat est décevant, méconnaissable. L’authentique nous projetait littéralement dans une autre dimension. Celui de «
Denners Trickbag » fait vraiment pâle figure à côté, encore une fois en grande partie pour la faiblesse de son chant. Le constat n’est pas mieux pour le « Foyers of Fun » de « Tempest », épreuve particulièrement difficile si on retient son solo vicieux. Croyez-moi que le pari était très, mais vraiment très osé.
Le groupe cherche autant à se faire mal, qu’à nous faire parcourir un moment de nostalgie. Ils s’attaquent même aux trois premiers morceaux de l’éponyme de «
Captain Beyond » datant de 1972. Le choix n’apparait pas évident. «
Denners Trickbag » chercherait à se pavaner dans les complications, et ça semblerait cette fois mieux leur réussir, malgré une voix toujours aussi souffreteuse de Lars Berthelsen. La version de « Polecat Woman » faite par la bande de Michael, de «
Three Man Army », groupe américain très inspiré par «
Led Zeppelin », n’est pas trop mal non plus. Il manquerait encore un peu de puissance pour que l’on puisse en dire autant de celle de l’excentrique « Hearts on
Fire » de «
Baker Gurvitz Army ». Nous nous en satisferons, tout comme nous fermerons les yeux sur la reprise de «
Wasteland », n’étant pas du tout un titre rock ou hard rock, mais heavy metal. Michael Denner a tout simplement intégré un titre de son ancien groupe « Zoser Mez » au beau milieu de cette vague des années 70, peut-être une occasion de fêter ses retrouvailles avec son ancien compère Kim. Même s’il s’agit bel et bien d’un intrus au sein de l’opus, la prestation faite par «
Denners Trickbag » est conforme aux attentes.
N’allez pas voir dans cet album une cour aux miracles, mais plutôt une curiosité, un moyen de se remémorer, de découvrir des pépites perdues sous un monticule de caillasses. C’est vrai que des groupes n’ont pas démérité à l’époque. On se rend compte que pour certains, ils ont injustement été oubliés, et parfois au profit d’artistes moins talentueux. Michael Denner aurait souhaité ainsi leur rendre justice, au moins les mettre de nouveau sous le feu des projecteurs. C’est ainsi que l’on peut juger ce premier album de «
Denners Trickbag », davantage que pour la performance des nouveaux interprètes. Il y a en effet des choses à redire du chant et de l’effort de batterie. Des vieux artistes seraient donc à redécouvrir, mais pas au Danemark.
12/20
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