Aborder le cas de
Desdinova et taire l'appétence manifeste de ce groupe pour les horizons divers, et le métissage musical, apparaît comme une tâche insurmontable. Insurmontable et surtout dangereusement imbécile. Car si, à l'évidence, l'expression artistique de ce quintette puise certaines de ces caractéristiques au cœur mêmes du
Metal, et plus précisément du Thrash et du Heavy, il serait cependant très réducteur de définir ses travaux uniquement par le biais de ces deux influences-là. Non pas qu'elles soient mineures, bien au contraire. Toutefois le groupe s'inspire aussi d'autres sources desquelles il extraie quelque chose de plus. Quelque chose de remarquable. Quelque chose d'aérien et de planant. Un petit supplément d'âme que l'on pourrait grossièrement définir comme spirituellement issu de ces musiques progressives antiques. Cet énigmatique constat né de premières impressions superficielles laisse songeur. Il nous intrigue et nous invite à découvrir cet univers. Ne nous attardons donc pas davantage en des considérations inutiles et décollons dès à présent.
La première planète sur laquelle nous posons le pied, The Whisperer, nous confirme la propension des ces musiciens pour l'éclectisme. À la fois léger et lancinant, ce préambule nous introduit magnifiquement en des terres plus accidentées, mais dont la topographie demeure intrigante (
Solanum, The Plan pourvu de passages psychotiques, blasts, agrémenté de voix typé Black, The Valley ou encore par exemple le superbe Faster than Light).
Seven, sans aucun doute la meilleure chanson de cet opus, est, quant à lui, un sublime instant qui tisse de ses fils un parfait cocon. Au final cette chrysalide se déchire et laisse entrevoir un magnifique papillon. Loin des soubresauts ardents que ce cheminement nous a fait vivre jusqu'alors, l'ultime break superbe de cette piste, paisiblement, simplement, nous émeut.
Plus encore qu'ailleurs en ce disque, ce morceau renferme le legs évident des illustres pionniers du Prog. Et ce même si d'autres telles que le très intéressant Sunbreaker ou
Bloodstone sont, elles aussi, très largement pourvu de cette composante-là.
Au chapitre des quelques regrets que nous pourrions avoir à l'égard de cet album, soulignons que le son qu'il nous offre, bien que précis et parfaitement maîtrisé, aurait mérité d'être un peu moins feutré. Reconnaissons tout de même, pour être tout à fait honnête, que ce défaut sera l'expression du sentiment éminemment personnelles de votre modeste obligé et qu'il appartiendra à chacun de se forger sa propre opinion là-dessus. La production de ce manifeste demeurant, en effet, suffisamment parfaite pour que chacun puisse apprécier à loisir chacune des subtilités des compositions présentes ici.
Pour poursuivre sur ces chemins plus tortueux consistant à étaler de manière exhaustif les quelques rares tares de ce
Defying Gravity, parlons aussi des chants de celui-ci. D'aucuns, en d'autres temps et d'autres lieux, ont émis quelques réserves concernant les prestations médiums tantôt rageuses et tantôt claires de Guillaume Manier. Bien évidemment, une fois encore, chacun décidera à l'aune de ses propres attentes. Néanmoins, concernant votre humble serviteur, force est de constater que ses interventions, qui, en leurs instants les plus âpres, nous rappellent celles de James Hetfield, et en d'autres plus quiètes celles de
Serj Tankian, sont irréprochables. De plus, insistons sur le talent de ce vocaliste à user de cette saine nuance que certains autres, malheureusement, continuent d'ignorer.
De cette subtile union de Thrash, de Prog, de Heavy, de musiques atmosphériques, d'idées aventureuses, de break admirables, d'horizons lointains, de voyages et de tellement d'autres choses encore, naît un ouvrage abouti passionnant.
Defying Gravity.
A part ça merci à vous pour vos commentaires.
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