Alors que pour certains le
Sludge se résume le plus souvent à YOB et
Acid Bath, deux des plus grosses pointures du genre, on oublie souvent les groupes fondateurs comme
Eyehategod ou encore les Melvins. Pour certains aussi, le genre se résume uniquement à
Down, le supergroupe de Phil Anselmo, ce qui souvent trahit plus de la fan attitude à l’égard du mythique ex-chanteur de
Pantera que d’un véritable intérêt au genre.
Brainoil, dont c’est ici la seconde réalisation en full-length avec une pause de près de huit ans, aurait plutôt tendance à évoquer les pères fondateurs que les émules. Ils proposent donc avec ce
Death of This Dry Season un disque très cru et très puissant à l’instar de ce que proposait la scène new-yorkaise à ses débuts.
Huit années séparent donc cet album du premier éponyme et à l’inverse d’un autre album hautement décrié pour lequel on avait aussi attendu huit ans, force est de constater que la médiocrité et la passivité des uns ne s'appliquent pas aux autres.
Brainoil revient donc plus enragé que jamais et alors que le
Sludge est « normalement » une branche du courant
Doom Metal, il y a peu de choses qui rattachent ce
Death of This Dry Season à la scène
Doom. Bien sûr les guitares sont accordées tellement bas qu’elles suffiraient à dynamiter n’importe quelle mansarde déjà fissurée, évidemment ici aussi ça ne respire pas la joie de vivre mais plutôt ce mal-être dont le
Doom est devenu le fier héraut.
Autrement, il faut s’attendre certes à du
Sludge mais un
Sludge ô combien brutal dont les racines évidentes qu’étaient le Hardcore et le Punk remontent avec vigueur à la surface. Les tempi sont pour la plupart très enjoués et le groupe déroule un arsenal de guerre à la puissance impressionnante. Si musicalement, le son est à rapprocher de formations plus « pures » comme
Eibon ou
Fleshpress, l’agressivité dont font preuve les trois membres de
Brainoil fait vraiment peur. Trois membres pour un beau bordel sonore qui tient en moins d’une demi-heure, preuve supplémentaire, si vous en doutiez, pour constater qu’on est assez loin des canons du genre aussi en termes de durée.
Faisant fi de toutes parties atmo ou de passages down-tempo,
Brainoil et son dernier rejeton détruisent les idées préconçues qu’on peut se faire du style. Doté d’une production qui peut paraitre brouillonne aux néophytes, l’album est ultra-puissant et la basse tellement accordée bas qu’elle constitue avec la guitare un véritable mur sonore qui ravira les amateurs du genre mais déboussolera ceux et celles qui aiment les prods un peu plus « propres ».
Même si l’album tient en vingt-cinq minutes, ne criez pas pour autant au scandale car votre argent sera vraisemblablement bien investi. Doubler la mise pour une musique si prenante et si lourde tiendrait plus du cauchemar sonore qu’autre chose et force est de constater que la pilule serait dure à avaler. Apprécions donc ce petit format idéal pour se défouler et saluons la vergue toute brutale de
Brainoil. Un retour décisif.
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