Dead End Proclama

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13/20
Nom du groupe Eloa Vadaath
Nom de l'album Dead End Proclama
Type Album
Date de parution 08 Mars 2013
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Moloch
2. The Waking Prophecy
3. The Sun of Reason Breeds Monster
4. Vever
5. A Dead End Proclama, Mr Goldstein
6. Relics
7. From the Flood
8. Ad Rubrum per Nigrum
9. Un Portrait pour Madame Marbre
10. We Did It !

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Eloa Vadaath


Chronique @ BestJules69

12 Janvier 2014

La porte ne leur est pas fermée, mais le chemin à parcourir s'annonce long et difficile.

Après un premier essai passé aussi inaperçu qu’une aiguille dans une botte de foin, Eloa Vadaath (oh quel joli nom… ) poursuit sur sa lancée avec ce deuxième album, pour ne pas dire qu’il repart de zéro. En effet, il lui fût bien difficile de se faire connaître sans l’aide d’un label pour faire la promotion d’une musique aussi traditionnelle que le groupe est célèbre et réputé. Voilà comment l’on pourrait sommairement décrire la musique de cette jeune formation, désireuse de renouveler l’expérience avec « Dead End Proclama ». Le groupe a décroché un précieux contrat chez Noisehead Records, qui a fait le pari de se joindre à cette aventure hasardeuse.

« Dead End Proclama » débute dans la douceur et la musique monte doucement en régime avec « Moloch ». Les sonorités cristallines, les bruitages voluptueux et les faibles oscillations de l’archer sur le violon posent un décor énigmatique et intriguant, qui happe l’auditeur avant qu’un premier riff tranchant ne viennent brutalement inverser la tendance. L’introduction prend alors fin pour laisser place à la zizanie sonore la plus totale. « The Waking Prophecy » marque une réelle volonté d’expérimentation, avec un violon enragé, toujours dans l’extrême aigu et de brusques changements d’atmosphères. Le chant est guttural par moment, plus doux à d’autres. Le calme revient aux deux tiers du morceau le temps d’une quinzaine de secondes, mais cela ne suffit pas pour arrêter la frénésie qui reprend ses droits à travers un chant possédé, des harmoniques distordues et des riffs monstrueux. Cette logique reste valable dans les morceaux suivants, même si d’autres titres tels que « A Dead End Proclama » marquent une baisse de tension.

Eloa Vadaath semble ainsi vouloir se démarquer en proposant une musique portée par un vent de folie. Le groupe veut aller de l’avant, c’est indéniable, mais il peine à canaliser son énergie et à mettre en ordre ses idées. Le caractère décalé de la musique est une idée intéressante mais il pose d’évidents problèmes de structure et d’équilibre. L’album n’a pas de fil conducteur solide et il devient vite difficile de voir où le groupe veut en venir, si ce n’est se perdre dans les méandres de d’une expérimentation qui s’effrite au fil des morceaux puisqu’ils sont tous pensés de la même manière. Les envolées rageuses sont si présentes qu’elles perdent de leur valeur et ne sont plus que formalité, et s’écoutent d’une oreille distraite. Il en est de même pour le violon, toujours dans l’extrême aigu, qui finit par prendre un caractère criard assez pénible à l’écoute de « From the Flood ».

« Dead End Proclama » ne s’inscrit donc pas dans la catégorie des albums grands publics et faciles d’accès mais plutôt dans celle des produits musicaux difficilement identifiables. Nous l’avons vu, l’un de ses défauts majeurs réside dans son manque de cohérence, que l’on retrouve également au sein des morceaux eux-mêmes, qui méritent d’être plus travaillés pour mieux mettre en valeur le parti pris. On trouve néanmoins des titres très solides et intéressants, particulièrement en cette fin d’album. « Ad Rubrum per Nigrum » est un beau moment de Death Progressif. Le début lent et plaintif amène une montée en puissance pour ne laisser place qu’à des accords de guitare sèche pour clore le morceau. On trouve de bonnes idées dans « Un portrait pour Madame Marbre », même si elles sont quelques peu noyées dans le manque de subtilités des compositions qui caractérise ce « Dead End Proclama », qui ressemble à tout sauf à une démonstration de finesse. « We did it », dernier titre de l’opus, n’apporte rien de neuf si ce n’est une légère évolution de la dimension expérimentale, chose appréciable mais pas suffisante pour provoquer un véritable regain d’intérêt.

Il est donc bien difficile de se forger une opinion sur cette performance et plus largement sur le devenir d’Eloa Vadaath. L’envie et le cœur y sont, mais « Dead End Proclama » ne suffira pas pour les faire connaitre, c’est certain. La porte ne leur est pas fermée, mais le chemin à parcourir s’annonce encore long et difficile.

11/20

4 Commentaires

1 J'aime

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Icare - 14 Janvier 2014: J'étais en train de plancher dessus, mais tu m'as pris de vitesse. Pas mieux, tout est dit. J'aurais peut-être un tout petit peu augmenté la note, car le style est résolument original, il y a des parties de violon sympas, un contraste douceur/explosions de violence schizophrène assez intéressant et quelques moments de bravoure, mais c'est vrai qu'il n'y a rien de bien folichon et que le tout manque de cohérence. Merci pour le papier en tout cas, je vais gagner du temps et pouvoir me consacrer tout de suite à la
prochaine chronique! :-D
BestJules69 - 14 Janvier 2014: J'hésitais entre 11 et 12, mais après plusieurs écoutes je me suis lassé, du fait notamment qu'une grande titres sont pensés de la même manière. Il y a des bonnes idées certes, mais beaucoup de redites (contrastes ominprésents, violon toujours utilisé de la même façon ) et un manque flagrant de cohérence qui résulte de cette volonté de faire quelque chose de schizophrénique comme tu le soulignes.
NieNova - 16 Janvier 2014: Wow, je m'attendais pas à une note si basse, j'aime beaucoup cet album, je le trouve vraiment intéressant et original malgré la structure des morceaux qui est un peu redondante, mais pour moi il mérite un 15. Vous dites qu'il manque de cohérence mais que les titres sont pensés de la même façon... C'est pas une preuve de cohérence ça ? Et puis je ne trouve pas que le manque de cohérence d'un groupe du genre soit en point faible, l'album "In A Flesh Aquarium" d'Unexpect est encore moins cohérent d'après vos critères(les compos partent dans tous les sens, des variantions rythmiques toutes les 30sec, etc... ) pourtant c'est un très bon album, du moins à mon humble avis.
BestJules69 - 17 Janvier 2014: Non c'est pas une preuve de cohérence, mais plutôt d'un manque d'inventivité. Et ce n'est pas parce qu'un album manque de créativité qu'il est cohérent, loin de là. Je pense que t as mal compris où je voulais en venir. Pour moi, le groupe essaye d'innover en donnant un caractère complètement déjanté à tout ses morcaux, donc au final, il y a d'une part un manque de créativité mais aussi un manque de cohérence car cette volonté d'expérimenter ne mène nul part. Tu peux toujours faire ton papier si tu veux, ça sera intéressant de lire ton avis :)
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