Formé l'année précédente, D.B.C. (qui reprend le principes des acronymes chers au mouvement hardcore / crossover : voir D.R.I., M.O.D., S.O.D. M.D.C. et j'en passe) nous sort de Montréal, et a eu le privilège de se faire produire par
Randy Burns en sus de sa signature chez Combat Records. Enregistré entre mars et avril 1987 en une petite quinzaine,
Dead Brain Cells (l'album) propose une mixture foutrement originale dans le mouvement extrême de cette époque.
Ni complètement thrash, ni purement hardcore, D.B.C. balance des compositions assez courtes, mais diablement efficaces, portées par un son ô combien délectable, où basse, batterie et guitares se délient magnifiquement, même dans ses mouvements les plus tapageurs ("
Lies", "
Outburst"). Les vocaux de Phil Dakin (également concepteur de la superbe pochette en relief de la version LP), très particuliers, et avec un soupçon de réverb', trahissent l'influence de Voïvod (période
Dimension Hätross), dans sa façon de placer sa voix, avec un timbre plus écorché, et en débit mach 2 le plus souvent.
Comme les refrains se mémoriseront dès la première écoute, et que chaque morceau a sa propre particularité (le magnifique break de "
Power And Corruption"),
Dead Brain Cells séduira sans problème tant les thrashers que les fans d'un D.R.I., par exemple. La batterie est à l'avenant ("Public
Suicide" porté par les roulements de Jeff St Louis), il sera difficile de poser quelque critique négative sur ce brulot, tant les compositions font mouche à chaque fois (on peut vraiment citer quasiment chaque morceau), et il semble évident que chaque musicien a dû participer à l'écriture. Ainsi, si l'album représente un bloc compact de prime abord, il penche tantôt vers un versant mélodique tantôt vers plus de brutalité souvent à l'intérieur d'un même morceau ("
Negative Reinforcement"), donnant en sus un petit côté techno-thrash pas dégueulasse du tout à certains morceaux.
Combinant à la fois l'immédiateté du crossover et les structures du thrashmetal ("
Terrorist Man"), D.B.C. a trouvé la formule magique du premier coup. L'album suivant, plus délicat, mais tout aussi jouissif, sera une belle réussite également. Un OVNI dans le paysage thrash / crossover comme on n'en fait plus, et une belle tranche d'histoire que ce premier D.B.C., truffé de breaks, de trouvailles, d'idées percutantes et vivifiantes. A ne pas mettre entre toutes les oreilles, le côté abrasif et spécifique du son pouvant en rebuter certains parmi les plus modernes, mais qu'importe, ceux qui sauront percer les secrets de cet album en garderont un souvenir bien vivant dans le cerveau.
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