On peut être pour ou contre les étiquettes mais il faut bien admettre qu'elles sont souvent pratiques au chroniqueur pour aider à définir et à décrire le style musical opté par le groupe concerné. Néanmoins il existe des combos « biscornus » que l'on ne peut que ranger dans le tiroir « OVNI » tant leur musique est inclassable où couvre plusieurs catégories.
Sacrum, groupe venu tout droit du pays de Maradona fait parti de ces derniers ! «
Days Of Quarantine », agrémenté d'une pochette malsaine mais néanmoins réussie, est de ces albums indéfinissables dans lesquels passages rock, métal, indus et gothique vivent étrangement en parfaite symbiose.
La première oreille que j'ai jetée par hasard à cet album m'a d'abord laissé franchement pantois, genre : « Ouaouh, c'est quand même vraiment spécial » mais avec ce petit « je ne sais quoi » qui marque, en laissant l'impression qu'une écoute plus poussée devrait sans doute me permettre de découvrir quelque chose de bien sympa. C'est un peu du quitte ou double, mais comment gagner si l'on ne joue pas ?
Et bien là, en ce qui me concerne, je peux dire sans souci « bonne pioche ! ». Cela faisait vraiment longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de cœur, cet album est tout simplement E N O R M E. C'est sûr qu'il faut avoir certains pré-requis pour pouvoir apprécier la chose comme ne pas craindre l'électro, les passages variés ou encore la lassitude chère au gothique par exemple.
A partir de là, c'est un superbe voyage qui vous attend : ambiance chuchotée, batterie à contre coup, voix souvent remplie d'effets, ambiances acoustiques pop-rock, puis électro avant de devenir métal, changements de rythmes indécents laissant place à un solo furieux suivi lui-même d’un passage de clavier complètement déjanté, bref toute une épopée musicale riche et surprenante qu'il est difficile de décrire.
Soyez sûr d'une chose, le résultat est métal sans aucun appel ! La magie opère sur chacun des titres, aussi particulier soit-il : puissant et rentre dedans («
Survive », « Pressure » ou le superbe « Keeping me alive »), plus gothique (« The unknown ») voir pop-rock (« Midnight sun », «
Forbidden »). Mais comme je le disais plus haut, aucun titre ne colle vraiment à un style, vu les nombreux changements d'ambiances empilés : on peut affirmer sans crainte que le groupe possède un petit côté progressif vu la structure à tiroir des titres, dont la plupart durent au delà des 5 minutes.
Pour réussir un tel patchwork musical, il est évident que les musiciens sont très ouverts musicalement parlant, aguerris techniquement mais surtout très inspirés. Même s'il est évident que chaque membre apporte sa pierre à l'édifice, Estanislao Silveyra, le frontman, sort tout de même du lot en nous offrant une superbe performance malgré un chant clair surprenant au premier abord.
Petite pensée à Martin Guerrero, l'homme derrière les commandes en plus de tenir la guitare, qui a su offrir à
Sacrum une production digne des plus grands, chose indispensable dans cet univers musical !
«
Days Of Quarantine » est le genre de bonne surprise que j'aimerais avoir plus souvent. C'est sûr qu'il faut savoir apprécier les différentes spécificités utilisées par le groupe comme les passages électros ou les ambiances ultra-molles, mais le résultat est surprenant et captivant.
A découvrir de toute urgence !!
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