Il est remarquable de constater un fait établi et inextirpable dans le domaine métallique et corrosif ; l'expérience et la maturité n'attendent pas le poids des années. Combien d'entre nous avons déjà été soufflés par les premières esquisses mélodieuses de jeunes loups affamés ? De la simple stupeur réjouissante à l'ataraxie la plus innocente, les nombreuses allégresses sont légions et prouvent ainsi l'impétuosité et la fraîcheur de certaines formations.
C'est en ce lieu où bon nombres sont tombés, qu'un jeune gladiateur (la moyenne d'âge tourne autour des 17 ans) affublé du doux nom d'
Amoeba (un clin d’œil à
Hacride ?) pénètre dans l'arène, équipé d'une candeur et d'une robustesse à faire pâlir d'envie les vieux lions farouches du brutal death metal. Il ne sera pas question d'une rumination old school du mouvement, comme peut le faire un
Drowning in Phemaldehyde , mais bien d'un ancrage dans l’abîme grisâtre et écarlate du modernisme. Ici, ne vous attendez nullement à une quelconque débauche de tripailles et autres joyeusetés nécro-morbides, le sombre et magnifique artwork est de ce fait représentatif de l'ouragan qui se prépare. Lourd, sombre et sans compromission, tel est l'adage des français d'[[
Amoeba]].
Intelligemment, la lecture de cet EP trois titres autoproduit s'inscrit dans une approche conceptuelle et contemporaine : la peur du nucléaire. Autrement dit, l'homme est l'instigateur de toute cette mascarade macabre , il est appelé à être l'artisan de sa fin. Les paroles sont ainsi le reflet de cette menace, planant au dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès entachée du sang des innocents.
En tout cas, le viol auditif subi dès les premières minutes par l'auditoire se veut pour le moins bluffant. « The Incoming
Vehemence » introduit avec désinvolture un son massif où la guitare trépidante et grasse comme une vache à lait, entraîne dans son sillage un pig squeal téméraire arraché de la gorge de Lucas Hahl. Les trois morceaux prennent donc leurs ampleurs au sein d'une section rythmique impressionnante, la basse se laisserait presque toucher lorsque le groove est sollicité (« Our Last Gasp » et son break façon
Benighted) et le briseur de fûts s'en donne à cœur joie pour le plus grand plaisir des ardents défenseurs du blast sépulcral. Quoiqu'il en soit, et vous l'aurez compris, le growl guttural et anthropophage, maîtrisé et gonflé en testostérone de Lucas, ne sert finalement qu'à fortifier le travail de la guitare en amont. Une guitare d'ailleurs remplie de feeling.
Bref, ce
Day in Black constitue une déflagration sonore aussi destructrice qu'un obus explosant en pleine période de Noël. Il faudrait juste penser à ralentir la machine de temps en temps, afin de ne pas provoquer une surcharge de notre système suprasensible. Pour finir, votre serviteur avisé vous conseille, pour ainsi dire, d'aller faire un tour sur leur site officiel afin d’acquérir, gratuitement qui plus est, cette obole originelle. Supportez
Amoeba, il le mérite.
Sinon j'ai hâte d'écouter leur tout premier album. La preview annonce déjà du lourd.
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