Parmi les premières véritables releases d'
Osmose Productions, on peut s'interroger longuement sur cet étrange combo qu'était
Pan Thy Monium. Même si aujourd'hui, après une longue période d'abstinence qui risquerait de me porter tort, il pourrait sembler osé d'affirmer que
Pan Thy Monium restera à jamais unique, je ne peux m'en empêcher.
Quand en 1992 sort
Dawn of Dreams, tout la clique Death
Metal qui vit ses heures de gloire ne jure que par les combos de Tampa ou tout ce qui peut sortir des Sunlight Studios.
Pan Thy Monium est à mon sens un ovni musical. Si le groupe nous vient de Suède, il ne peut en aucun cas être comparé aux ténors de l'époque que sont/étaient
Entombed,
Dismember ou encore Grave.
Dawn of Dreams est ponctué de 7 tracks tous plus bizarres les uns que les autres. Pour commencer aucun de ces morceaux n'est 'nommé'. Tout reste untitled pour encore plus entourer de mystère le groupe.
On commence par un track aux dimensions épiques, pensez-vous plus de 20 minutes !, ou le chant de
Derelict tantôt nous abreuve de grunts très death-metal tantôt de plus 'nasillards' cris Black
Metal, où le saxophone vient se nicher auprès de solis de keyboards. La guitare se fait heavy-metal, quelquefois rock et la basse vient nous chatouiller les oreilles avec presque des relents de punk/grind. Bref une alchimie déconcertante qui n'est pas facile d'accès au premier abord et qui pourrait, et pourra, rebuter les plus classiques d'entre nous.
Si la suite du lp se veut plus classique (en termes de durée moyenne des chansons), le ton est donné et toutes les extravagances sont permises.
Pan Thy Monium ne se refuse rien, accélérations grindesques, passages quasi 'viking' à la
Bathory, relents de NWOBHM, breaks jazzy au saxophone. Il semble presque vain de vouloir décrire ce groupe et ses compos comme il semble encore plus vain de lui coller une étiquette (qui gratte).
La recette
Pan Thy Monium semble indigeste sur le papier mais s'avère délicieuse à l'écoute. Si tant est qu'on soit suffisamment ouvert aux nouvelles expériences, je ne peux que recommander cette cuisine qui ne manque pas de saveur(s). On peut également remercier
Osmose Productions pour ses talents de découvreur et l'audace dont ils ont fait preuve pour lancer pareil brûlot dans le paysage musical. Bonne nouvelle, le
Khaooohs qui suivra un an plus tard (une prochaine chronique ?) sera lui aussi à la hauteur même si l'effet de surprise s'est estompé.
PTM fait partie des groupes parmi lesquels je suis passé au travers. D’une part, hormis Samael, Immortal, Marduk & Impaled dans son catalogue, Osmose avait encore tout à prouver en 1992/1993, sortant des galettes du genre Masacre ou Profonatica pas franchement convaincantes. D’autre part, c’était ma période brutale, où je ne jurais (presque) que par Suffocation, Immolation, Sinister ou Immortal, et durant laquelle le mot « saxophone » me faisait fuir à toutes jambes !
Merci de cette belle chronique.
Fabien.
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