Dark Matter

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17/20
Nom du groupe Distant Sun
Nom de l'album Dark Matter
Type Album
Date de parution 30 Mai 2015
Style MusicalPower Metal
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1. Prophet of the Mean 04:48
2. Kill the Fremen 03:51
3. Dark Matter 05:16
4. Godsdoom 05:14
5. Matrix Hacked 05:41
6. Shattered Empire 05:34
7. Gifts of Journey 03:48
8. Apocalypto 03:49
9. Healer of Souls 05:03
10. Zero to Hero 04:12
Total playing time 47:11

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Distant Sun


Chronique @ AlonewithL

26 Juillet 2015

Quelques balles sont tombées durant le show.

Pendant que les parlementaires français s’écharpent sur la question des visites en Crimée, des personnes concernées par le sujet, des russes et des ukrainiens, tentent d’entreprendre une cohabitation pacifique et d’oublier des querelles fomentées d’extérieur pour que s’entretuent des frères slaves. C’est un peu ce qui se déroule si on prend le cas de « Distant Sun », formation créée en 2011 à l’initiative du chanteur-guitariste moscovite Alexey Markov, qui fait l’exploit de s’engager la même année dans le projet prog « Starsoup » et de devenir le chanteur du groupe un peu plus prestigieux de power thrash « Shadow Host ». « Distant Sun » ne se démarque pas tellement musicalement de « Shadow Host », avec quelques subtilités toutefois que l’on va découvrir. On découvre au sein de « Distant Sun », un autre membre récent de « Shadow Host »et de « Starsoup » en la personne du bassiste Artem Molodtsov.

Le point de liaison avec l’Ukraine voisine est représenté par le batteur Erland Sivolapov, un acteur de poids, car ayant figuré chez « Semargl » (juste avant que ce combo ne bascule totalement et effrontément dans un pop metal des plus risibles et dégradants), exerçant ses talents chez l’acteur incontournable du power ukrainien « Conquest », mais aussi pour les concerts de « Nokturnal Mortum » depuis peu. Erland ne semble pas avoir été présent sur le premier EP de « Distant Sun » de 2011, intitulé « Sunless Citadel ». En revanche, il a bien participé à l’enregistrement du premier album « Dark Matter », sorti en 2015 chez le russe Metalism. Comme c’est souvent le cas aujourd’hui avec les productions heavy/power slaves, ne vous attendez pas à une grosse claque. En revanche, la richesse de ce qui vous est proposé, le choix des influences pourrait bien vous laissez tout de même pantois. Avec ce « Dark Matter », nous assistons à un vrai spectacle de jonglerie.

Cette jongle tourne à l’apothéose dès le premier morceau du dit volume. « Prophet of the Mean » est quelque peu inclassable, pour ses airs et sa légère ambiance orientale, avant tout, mais aussi pour son riffing pesant et son chant torturé. Ce serait comme mélanger « Iced Earth » à « Nevermore », avec quelques petits passages de guitare plus fluide façon « Symphony X ». Seulement, on ne rejoint pas le niveau de performance de ces trois grands cités. « Distant Sun » se montre plus maladroit, surtout question chant. Le chant, c’est le véritable hic de « Distant Sun ». Alexey a véritablement du mal à nous convaincre sur « Apocalypto », titre compressé, corrosif par à-coups, qui tire aussi une influence à « Nevermore ». Pas seulement, cela dit, puisque la rythmique graveleuse ferait songer elle à « Pantera ». Dans ce versant heavy thrashisant de l’album, il faut compter aussi sur « Zero to Hero », qui altère entre passages speed intrépides, en entame et au refrain, et couplets plus affables mais thrashisants à la manière des premiers volumes d '« Annihilator ».

Le plus remarquable chez nos russophones, n’est pas leurs compositions brutes, mais celles, au contraire, qui s’imposent par leur fluidité et leur grande vitesse. En exemple, nous avons « Kill the Fremen », heavy speed à la limite du power metal distillant une énergie folle, mal servi cependant au chant, comme c’est le cas avec beaucoup de titres. Le caractère power metal de « Godsdoom » ne posera point interrogation, car le morceau respire allégrement l’esprit du power metal allemand à la « Gamma Ray » si on en croit son enthousiasme et la tonalité de voix cherchant à singer Kai Hansen. Un titre néanmoins assez plaisant malgré son manque d’audace et de singularité. On sera aussi intéressé par « Shattered Empire » qui lui imite avec un certain brio le « Blind Guardian » de la fin des années 80 dans un heavy speed nerveux, dont on jurerait le Hansi Kürsch de l’époque à la voix principale. Seul bémol de l’extrait, la narration en mode monstre prête à sourire. « Shattered Empire » était précédé d’un titre des plus corrosifs, jugulant entre heavy speed et thrash metal. La batterie y est particulièrement combattive, délivrant un sommet de technique et de virulence.

Cependant, le titre contient quelques longueurs, en plus d’être abrasif, et doit compter sur un formidable instrumental arrivé au dernier-tiers de course pour aérer la piste. Dans une approche mid tempo cette fois, davantage retiendrons le titre éponyme, se lançant tout d’abord comme une sorte de ballade faite par « Metallica », avant de sortir un heavy abrupt marqué par des contours groovy, et parfois quelques petites accélérations mélodiques. On retrouve cette correspondance à « Metallica », celui post black album, avec « Healer of Souls ». Avec attention, on dirait plutôt un substitut au « Sentenced » gothique de la fin des années 90 et des années 2000.Dommage cependant que la rythmique de guitare soit si érodé et en souffrance. Cela gâche décidément tout. Rien ne serait à redire par contre de « Gifts of Journey », nouvelle transformation de « Distant Sun », plus inattendue cette fois, puisqu’il s’agit de folk. Une ballade folk absolument superbe, conçu pour être un hymne, parfaite au chant contre toute attente. Supérieur à ce que l’on entend trop souvent de la part de vraies formations folks. Ecouter ces guitares et ces voix est une pure gâterie. Galvanisante et magique. Il y aurait vraiment pour « Distant Sun » matière de s’y recycler.

Quelques balles sont tombées durant le show. Notre jongleur mérite tout de même quelques applaudissements. On sent que l’exercice est en plein rodage et que « Distant Sun » ne maîtrise pas tous les éléments qui sont à sa disposition, beaucoup d’éléments en fait. On y retrouve un véritable melting pot de genres et d’influences aussi variées, qu’on se serait bornés à croire inadéquats. Leur secret consiste en fait à appliquer un genre et une influence caractéristique par titre, à quelques exceptions près, sans que cela ne perturbe pour autant l’enchainement des pistes. Néanmoins, comme évoqué avant, le chant et aussi les parties rythmiques laissent généralement à désirer, et tendent à ruiner les efforts consentis par les membres du projet. Un peu plus de mélodicité et d’adresse ne serait pas de refus. Ce qu’il faut à un jongleur, ce n’est pas la force, mais bien l’adresse, afin que les objets qu’il tient, circulent à toute allure de main en main et gravitent jusqu’aux étoiles du ciel.

13/20

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