Bien malin celui qui parviendra à contester qu'un souffle très européen, et notamment italien, parcourt ce premier album des Chypriotes d'
Astronomikon. Cette filiation est d'autant plus flagrante que les travaux de son chanteur affichent d'évidentes similitudes avec ceux de Fabio Lione. Qualifier le
Power Metal de ce duo de très inspirée par
Labyrinth ou
Rhapsody serait donc chose aisée, et, somme toute, pas totalement infondée. Bien évidemment, il faudrait, pour être tout à fait juste et honnête, nuancer le propos tant ce nouveau groupe ne partage ni la vélocité des uns et des autres, ni la grandiloquence exacerbée des autres. Il y a pourtant un air de famille évident entre tous ces artistes-là.
Toutefois cette affiliation ultramontaine unique serait forcément insuffisante pour expliquer toutes les subtilités de la musique de cette formation. Et ce même si ces influences partagées demeurent prégnantes. De l'aveu même du principal artisan de ce
Dark Gorgon Rising, des noms aussi prestigieux que ceux de
Manowar, Iron Maiden,
Virgin Steele,
Omen,
Stormwitch ou encore
Heavy Load seront venu hanter ses desseins les plus ambitieux. On retrouve donc, aussi, ici, peu ou prou, un peu de leurs âmes.
Mais procédons dans l'ordre, et revenons donc aux prémices de cette épopée. En 2008, après l'écriture de son premier album (
Zenith II
Zero (2009)),
Prodigal Earth cherche des idées pour en composer un second.
Paris Lambrou, bassiste de ce collectif, écrit alors toute une série de chansons basées sur la mythologie grecque. Des titres aux textes bien trop éloignés des pamphlets sociaux et politiques auquel ces artistes souhaitent s'adonner. Il décide donc de donner naissance à un nouveau projet qu'il baptisera
Astronomikon. Bientôt rejoint par Nicholas Leptos au chant, un peu plus tard par Stefan Dittrich à la batterie et par Socrates Leptos à la guitare. Autant dire qu'il ne sera pas difficile pour ces musiciens de transcender une connivence née il y a longtemps déjà alors qu'ils participaient à divers projets communs (
Arrayan Path,
Diphteria,
Prodigal Earth). En 2010 une première démo sort. Puis, trois ans après, cet album tant fantasmé. Ce deux productions répondront au même nom,
Dark Gorgon Rising.
Puisque les thèmes abordés dans cette fresque sont le point crucial qui donna naissance à cette entité, commençons donc par parler de ceux-ci. Pour ce faire disons qu'ils prennent racine, pour la plupart, au cœur de la légende de Persée. Cette œuvre, en une sorte de concept-album, nous narre essentiellement l'histoire qui fit de ce héros le tueur de la Gorgone Méduse à la chevelure faite de serpents vivants dont le regard changeait en pierre ceux qu'il atteignait. Elle nous raconte aussi comment il rencontra Andromède, qui, enchaîné à un rocher, devait être livré à un monstre marin suite aux paroles imprudentes de sa mère Cassiopée. Comment il la délivra et l'épousa. Et comment il finira par tuer accidentellement le roi Acrisios.
Pour ce qui concerne les morceaux de ce manifeste, ils sont remarquables. Ni trop mélodique, ni trop peu, dotés de bons refrains et s'exprimant souvent dans des rythmes moins soutenus que ceux de ceux évoqués dans le premier paragraphe de cette chronique. Citons l'excellent Anatolia, ainsi que
The Stone Abomination et A
Sad Day At
Argos, des titres aux airs orientaux dépaysants. Ou encore les bons Son of Seriphos et Witch
Hunter. Mais aussi The
Spell I M Under pourvu de ces claviers aux sonorités de clavecins qui resteront éternellement liés à
Stratovarius. Ou également
Dark Gorgon Rising aux voix extrêmes et criardes très intéressantes.
Un périple assurément ensorcelant que ce
Dark Gorgon Rising, premier véritable album d'
Astronomikon.
Bien vu...
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