Lors du second split de
Angelcorpse en 2009,
Gene Palubicki a déjà trois groupes sous le feu, jouant plus ou moins dans la même cour, dont
Perdition Temple qu’il vient juste de fonder et qu’il considère comme une continuation directe, ainsi que deux autres formations légèrement antérieures parmi lesquelles
Blasphemic Cruelty qu’on pourrait considérer comme du
Angelcorpse thrashisé. Dans le cas de ce dernier, c’est en compagnie du vocaliste bassiste Alex Blume, transfuge de
Ares Kingdom (on reste en famille) et de la batteuse Gina Ambrosio que Palubicki balance
Devil’s
Mayhem, le premier album du combo, qu’il a écrit et composé entièrement seul.
Sorti en 2008, soit un an après l’ultime album de
Angelcorpse, ce premier jet envoyait un death metal très proche du groupe de Helmkamp, mais mâtiné de thrash eighties façon
Destruction et Sodom. Un album furieux, diabolique et rapide, quelque peu mésestimé en raison d’une production artificielle et sans relief (au niveau de la batterie notamment), resté sans suite quelques années durant lesquelles Palubicki accouchait des premiers méfaits de
Apocalypse Command (2011) et
Perdition Temple (2010).
C’est donc en 2015 que débarque
Crucible of the Infernum chez HHR (terminé
Osmose), EP d’une vingtaine de minutes, aussi implacable que diabolique, doté d’une production bien plus organique corrigeant les défauts du premier album. Un EP qui se veut intense et sans fioritures en ne présentant que trois nouvelles compositions, agrémentées d’une cover de Sodom, évitant ainsi tout remplissage superflu.
A l’instar de
Devil’s
Mayhem, le propos c’est le retour aux sources du metal extrême, celui du vieux thrash teuton, de
Dark Angel et de
Possessed, mais dans un habillage sonore et thématique à la
Angelcorpse. La parenté est indéniable et seul le joué des guitares diffère un peu de l’ancien groupe de Palubicki. Un jeu très agressif, complètement thrash dans l’esprit, qui rappelle le riffing vicieux et tourmenté du vieux
Destruction aussi bien que le thrash bien méchant fortement teinté de death metal de Sodom sur Tapping the Vein. Cet EP propose d’ailleurs en clôture de galette une remarquable reprise de The Crippler, qui sublime par sa perversité et sa démonerie le morceau original écrit par Chris Witchhunter.
Pour agrémenter ce maelstrom de riffs agressifs et sulfureux, une pelletée de soli, plusieurs par morceaux, qu’ils soient hystériques ou distordus, sur les rythmes sauvages de Gina qui alterne blasts, up et mid tempi soutenus en distribuant maintes roulements. Le chant abrasif de Blume, proche de celui de Helmkamp au sein de
Angelcorpse aussi bien que celui de Palubicki sur
Perdition Temple, se fond parfaitement dans ce paysage infernal fait de perversité, de domination satanique et de liberté absolue, telles les sorcières impies renaissant par le feu présentées sur l’artwork du prolifique Juanjo Castellano Rosado.
Au final, un retour réussi en cette année 2015 pour la bande à Palubicki, avec les défauts du premier album corrigés et un propos resserré autour de quatre implacables morceaux ceint dans un style death thrash véloce apte à rassasier, aussi bien le thrasheur qui ne jure que par les années 80, que l’amateur de metal extrême en adoration devant
Angelcorpse. Un EP evil et très accrocheur infligeant moult coups de couteaux et dont le déluge de soli vous transforme le cerveau en creuset pour l’enfer.
M'en vais écouter ça, je ne connais pas. Merci
En effet, après écoute, on sent bien le mix que tu décris dans la chronique. Un ch'ti côté Slayer dans les soli aussi. Ca me cause bien ce EP là. Merci encore pour la découverte.
Tu as tout à fait raison pour Slayer, j'aurais pu le citer aussi.
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