Darkened Horizons c'est une histoire à la fois simple et compliquée. A l'origine le projet est le one-man band d'
Adrian Socaciu, guitariste de la formation américaine de black/death mélo Vacillation. Sur son premier EP signé chez
Torn Flesh Records, il a eu l'idée d'inviter Josh Ellis, chanteur du même groupe Vacillation pour poser des vocaux sur un des titres. Apparemment satisfait de la collaboration, Socaciu décide d'intégrer Ellis comme membre à part entière du désormais duo. Duo qui livre aujourd'hui un premier disque, encore chez
Torn Flesh, intitulé "Crossing The Lights". Ca va, vous suivez toujours ?
Ce premier album évolue dans les sphères d'un death mélodique et surtout très progressif. Le duo a pris le temps d'allonger ses compositions afin de distiller avec plus d'efficacité ses ambiances. En effet, si le nombre de titres ne change pas entre l'EP et l'abum, ces cinq nouveaux morceaux tournent tous autour des dix minutes, exception faite du dernier, faisant office d'outro. Tandis que l'artwork de l'EP était assez soigné et futuriste, celui-ci est bien moins attirant, avec ces effets "retouche informatique".
Que les choses soient claires d'entrée, si vous vous attendez à un death mélodique particulièrement accrocheur et à même de provoquer du headbanging incontrôlé, passez votre chemin. La musique de
Darkened Horizons est tout sauf facilement accessible. Les morceaux sont tous très travaillés au niveau des ambiances et du contenu musical. Si Josh Ellis a intégré le groupe comme membre à part entière,
Adrian Socaciu garde les manettes niveau composition. La base de la musique du combo est assurée par un jeu de guitares très élaboré. Les riffs sont souvent mécaniques avec un aspect indus assez prégnant, à ceux-ci viennent se greffer de rares riffs un peu plus mélodiques (vers les quatre minutes sur "The Art Of
Machine") et une quantité affolante de soli, donnant malheureusement souvent l'impression d'un déboulé de notes incohérent, malgré leur grande technicité.
A cela, il faut rajouter un goût prononcé pour l'expérimentation musicale. Le disque regorge de sonorités assez inattendues, des intro très oniriques (qui emportent d'ailleurs l'auditeur avec succès) sur la plupart des morceaux, des bruitages presque "cyber" sur "
Avalanche", des sonorités électro sur l'intro de "Surreal
Prototype", un break acoustique sur "Crossing The Lights"... Tout cela peut rappeler le travail de leurs compatriotes de 19
ADD. A noter par ailleurs que le morceau "The Art Of
Machine" (où Josh Ellis assure le chant) est clairement le plus "brutal" de l'album avec son riffing saccadé et les rythmiques infernales de la boîte à rythmes programmée par Socaciu.
Côte vocaux enfin, on alterne entre des screams assez véhéments et un growl profond et bien guttural. A cela viennent s'ajouter les vocaux clairs de Socaciu, pas franchement originaux mais qui viennent apporter une dimension planante aux morceaux, jouant sur le contraste avec le growl. Ce contraste rappelle dans l'esprit les suédois de
Loch Vostok. Disons aussi que le chant clair est parfois un peu sur-mixé et son arrivée se fait un peu au dépens de la clarté des morceaux.
En fin de compte, un bon album pour
Darkened Horizons, traitant dans ses paroles des thèmes comme les voyages spatiaux ou la destruction de planètes concordants avec la musique pratiquée. Si vous n'êtes pas effrayés par la musique expérimentale et surtout très progressive, distillant des ambiances diverses au sein de titres longs et variés, n'hésitez pas à jeter une oreille sur cet album. L'horizon ne semble donc pas s'assombrir pour Socaciu et Ellis et on peut même leur prédire le meilleur pour l'avenir.
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