Crisis Reinvention

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Nom du groupe Interlock
Nom de l'album Crisis Reinvention
Type Album
Date de parution 2005
Labels Anticulture
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album33

Tracklist

1. Skinless 03:57
2. Eradication 04:10
3. This Waking Moment 04:47
4. Cause 04:17
5. Never//Lost 04:26
6. Straight 04:25
7. The Hold (CDW) 03:33
8. Creed 02:46
9. (cold air) 02:57
10. Sleepless 04:41
11. In Stasis 04:28

Chronique @ Matai

22 Avril 2010
Le désespoir, la perte de sensation, l’annihilation des sentiments, la crise…autant de thèmes, autant d’ambiances, autant de sensations réunis au sein d’un même album, « Crisis //Reinvention ».
Interlock fait fort, Interlock ose, Interlock, passionné, sort leur deuxième album seulement et nous propose une musique des plus incisives, teintée d’atmosphères électroniques et torturées. Leur identité est originale et peu identique à ce qui se fait dans le monde du métal. Même si les britanniques font une musique typiquement industrielle au son aussi saturé que celui de Marylin Manson et à la hargne proche des Strapping Young Lad, il faut le dire, Interlock se rapproche beaucoup plus du métal dit « cyber » et c’est bien d’ailleurs ainsi que le groupe préfère désigner leur musique.
Le cyber métal est méconnu, à part Fear Factory ou Sybreed, quels groupes représentent réellement ce style si délaissé ? Pour Interlock et leur envie d’innover et de faire évoluer le métal, la question ne s’est pas posée. Le cyber, avec ce concept si futuriste, torturé et décadent, leur a tendu les bras. Pari réussi.

Le monde d’Interlock se veut alors bien étrange et surtout apocalyptique. Alors que l’être humain dans toute sa splendeur semble être une créature totalement décharnée (la pochette en étant un exemple type ainsi que des noms de titres tels que « Skinless » ou « Sleepless »), l’éradication et l’emprise physique et mentale semblent être les maitres mots de l’album.
Ces quelques termes sont appréhendés à travers une musique diversifiée et surtout très originale. Electronique à souhait (pas de claviers, juste une certaine programmation et beaucoup de samples), les guitares sont saturées et lourdes, les riffs sont très bien trouvés, les solos plein d’émotion, tandis que la batterie, ultra technique, a un jeu très varié, un rythme souvent syncopé, et surtout une double pédale monstrueuse (« Straight ») . Le mélange des deux crée de multiples facettes à la musique, celle-ci pouvant très bien être typiquement indus, mais aussi proche du death (« Creed »), du thrash ou du gothic rock (« Never/Lost »)
Le petit plus d’Interlock, c’est sans aucun doute la dualité magistrale des chants. Les deux chanteurs Hal et Christina savent parfaitement mélanger leur voix, alternant à tour de rôle, un chant clair très mélodieux, et un chant enragé, presque proche du death, très tranchant, et le résultat est surprenant. Ce tandem de choc attire bel et bien notre attention du début à la fin.

Alors que « Skinless » démarre agréablement l’album sur les chapeaux de roues, les couplets étant tranchants et les refrains assez aériens, « This Waking Moment » est très calme et presque ambiant, l’enrobage électronique étant omniprésent et les chants se rapprochant plus des murmures.
« Never/Lost » est très réussi au niveau des ambiances, et des changements de rythme, de l’ombre à la lumière, du calme à l’agressivité…des chœurs en arrière plan…et toujours ces chants charismatiques, que ce soit celui de Hal ou celui de Christina…un véritable condensé de mélodie et de mystère… « Sleepless » utilise la lourdeur des guitares à bon escient et quelques riffs incisifs pour couronner le tout.
Interlock n’oublie décidément rien. Interlock affectionne les passages mélancoliques et torturés. « The Hold » est l’exemple typique. Le titre qui se démarque de l’album. Hypnotisant. Attirant. Prenant. Triste. Chaotique.
Il y a une véritable progression, si bien qu’on ne sait jamais quand le titre se termine. Le piano cristallin et ses quelques notes énigmatiques résonnent dans notre tête à mesure que l’électronique fait délicatement son apparition. Puis la basse et la batterie, et ce tempo lent, accompagnant ce piano qui continue à nous embarquer. Puis l’arrivée des deux voix, qui se superposent, et ne font qu’un. Claires, Mélodiques, Aériennes., soutenues par un fond sonore des plus tristes. Puis les guitares, saturées, se mélangeant aux autres instruments sans les recouvrir, sans les dénaturer. Et enfin ce tranchant dans les voix, aussi bien du côté de Hal que de Christina, ce côté torturé, ces cris de désespoir si prenants…
Et quand tout se termine on veut y retourner, encore et encore… « The Hold » signifie « l’emprise » en français….c’est tout à fait ça…

« Crisis//Reinvention » c’est quoi ? C’est cybernétique. C’est électronique. C’est tranchant. C’est torturé. C’est prenant.
On n’a qu’une envie après avoir écouté l’ensemble d’une traite : se replonger dans leur monde particulier. Faire de nouveau face à toutes ces émotions. Se laisser envahir par les ambiances…

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Celldweller55 - 08 Mai 2010: Merci de la chronique, ça m'a donné envie de me pencher sur cet album dont je ne connaissais que la sympathique "Skinless"
Celldweller55 - 12 Juin 2010: Écouté hier soir, j'ai été très déçu, déjà "Skinless" je l'avais eu dans un sample de Rock One et c'était une version un peu plus travaillée que celle de l'album, où la voix de la chanteuse est beaucoup moins belle donc ça m'a surpris. Le reste ne m'a pas plus, quelques mélodies indus sont à sauver mais le reste... Je ne dirais pas que c'est un mauvais album, je n'ai juste pas accroché au style
Matai - 12 Juin 2010: C'est vrai que c'est assez space, sur le coup j'avais pas apprécié plus que ça mais après deux, trois écoutes, bah y'a plein de bonnes choses qui ressortent de cet album. Et puis après, bah chacun sa sensibilité musicale, peut-être que toi tu n'es pas réceptif à ce genre de musique.
Celldweller55 - 03 Mars 2011: Je vais retenter mon coup !
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Chronique @ Svartolycka

12 Octobre 2005
Signature sur Anticulture Records, Interlock nous sert cet « Crisis//Reinvention ». Puissant, intense, le style du groupe anglais se projette dans metal-indus à tendance chant féminin, un style que l’on aperçoit fréquemment ces temps-ci. Mais cette phrase n’est pas préjudiciable à Interlock, c’est juste une simple constatation qui peut porter à préjudice et ce dont certains détracteurs n’hésitent pas à pointer d’un doigt vindicatif.
Autant le dire tout de suite, ce style ne m’est pas vraiment familier, donc cet avis ne concerne que moi. À priori, rien dans ce disque ne me ferait naître une quelconque sensation et pourtant (comme quoi il ne faut pas être hâtif), cet album m’a, d’une certaine manière, plu alors que la base première me laissait présager le contraire. Jouant sur un duo vocal masculin / féminin à l’instar de Lacuna Coil, Interlock gagne ses galons à l’agressivité inhérente du disque ainsi qu’aux divers accents indus et autres samples qui parsèment le disque. Agressif, le disque l’est assurément aux voix virulentes et dont le chant féminin n’est pas le pendant mélodique, mais au contraire l’élément qui donne un sentiment venimeux, une violence diffuse que l’on rapprocherait plus volontiers du sympathique Otep.

C’est ainsi que s’enchaînent titres purement vindicatifs (aidés par des syncopes furibardes) et d’autres plus insidieux (l’atmosphère prenant le pas sur l’instrumental) et qui ne plongent pas tête baissée dans le piège si facile du titre mélodique uniquement féminin et faisant perdre toute forme de puissance au profit d’un accueil plus favorable auprès du public et c’est heureusement le cas sur « Crisis//Reinvention ». Bien qu’handicapé par des raccourcis simplistes (chœurs religieux, atmosphère plus « délicate ») Interlock n’oublie pas l’essentiel : plonger l’auditeur dans une certaine déliquescence faite de perte et d’ambiances indus/electros donnant une atmosphère, certes pas grandiloquente, mais pointant une interrogation couillue et sincère, car, et c’est une grande qualité, Interlock est un groupe honnête et intègre à sa démarche. Rien n’est gratuit, chaque pointe de mélodie est tout de suite gangrenée par une utilisation habile des claviers de manières "percussives" et surtout par une totale liberté d’écriture qui permettent à chaque titre de se démarquer des autres tout en restant dans la même optique. Direct par sa forme, Interlock ne perd rien de sa virulence et double bien son agressivité par les samples tout comme les chants se doublent parfaitement sans faux pas et sans contraintes. Autre surprise, la liberté totale des compositions permettent de ne jamais s’ennuyer durant l’écoute du disque jusqu’à aller à un passage ambiant/indus plus que convaincant (« Cold Air »).

Vous l’aurez compris, Interlock est à ce jour, le seul groupe à chant féminin m’ayant convaincu, non par l’allure goth/punk des musiciens, mais à l’efficacité des compositions plus originales qu’il n’y paraît et porté par une agressivité de tous les instants. Bien que certaines fautes de styles (touches neo-metal et gothiques) ne prêtent pas à l’originalité immédiate, ainsi qu’une légère baisse de tension sur la fin du disque Interlock signe ici un album plus que sympathique qui mérite une écoute attentive.

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darkmetaleu - 21 Juin 2006: Interlock est un groupe vrément éxélent mais leur album est difficile a trouver j'ai du cherché avant de l'avoir jespér qu'ils auront un trés bonne avenir et jespér aussi qu'il y aura un nouvelle album
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