Une renaissance en état de grâce...
Ce troisième opus des estoniens de
Manatark est davantage pêchu, abouti que ne le fut
Chaos Engine (2002), quatre ans de gestation auront su dôter ce groupe d'une patte et savoir-faire supplémentaire afin de parfaire leur style
Black Death aux accents Mélodique, et ce à un fort beau degré d'exemplarité.
Toujours signé sous
Metal Age Productions, l'écriture et l'ensemble des partitions musicales furent enfantés par
Draconic (Kaido Haavandi), maître d'oeuvre de ce groupe depuis son enfance, mariant avec un certain doigté la rugueur des parties dédiées aux guitares, un mariage Black et
Death dont la lune de miel s'éternise tout le long des trente-huit minutes de "
Crimson Hours", des mélodies un brin entêtantes et sans devenir barbantes (le fait qu'elles durent dans cette intervalle de trois à cinq minutes n'y est pas étranger), un aspect massif qui se dégage de la plupart des compositions un peu rebutant au départ mais qui se dote par la suite d'une belle robe mélodique assez séduisante... bref, un bel apparât général parmi la constellation d'autres disques d'une même teneur qualitative (d'où ma note assez élevée, témoignant du haut degré de sympathie que je lui concède).
Qu'elles s'appellent
Crimson Hours (séduit), My Plague Upon You, Spiral Swirls (divine),
Black Breath (souffle haletant), le duo
Draconic / Benton y fait mouche pratiquement à chaque reprise, la symbiose entre la ferveur de leurs lyrics et de leurs voix rauques ne donne aucune impression que ce serait des mensonges éhontés, aussi bien lorsqu'ils mentionnent des rêves éveillés ou bien le désagrément qu'apporte notre mental dégradé à la bonne marche de nos espoirs les plus primitifs (et essentiels à notre perpétuation en tant qu'espèce vivante). L'instrumental
Pulse (style Ambient) nous ramène des centaines d'années en arrière, d'inspiration médiévale et fort enlevée de par ces assauts de trompettes sonnant une sorte de charge funeste: proviendrait-elle des songes de cet "ange noir" ornant la pochette, souvenir lointain où leurs existences étaient plus sacralisées ? Nul ne le sait, le tout est laissé à notre seul point de vue intérieur.
Donc, en ces temps difficiles, où chaque crise (survenant pourtant à mille lieux de nos foyers) est mal vécue et refait surgir les démons du passé, cet opus de 2006 pourra vous permettre une évasion des sens bien précieuse, une alternative aux messages de prévention rébarbatifs et anxiogènes qu'on nous râbache à longueur de journée, un état d'ébriété sans effet permissif sur notre métabolisme... ce qui vous faut absolument en profiter avant qu'un hyper cataclysme ne surgisse devant notre palier (qui sait ?).
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De la fenêtre d'une bâtisse japonaise délabrée, cet ange noir regarde passivement le Soleil l'illuminer de sa lumière corrosive, et madame la
Mort se régaler plus bas.
Summonight / Apophis2036
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