Crimson Glory

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Nom du groupe Crimson Glory
Nom de l'album Crimson Glory
Type Album
Date de parution 1986
Style MusicalHeavy Progressif
Membres possèdant cet album99

Tracklist

1. Valhalla
2. Dragon Lady
3. Heart of Steel
4. Azrael
5. Mayday
6. Queen of the Masquerade
7. Angels of War
8. Lost Reflection

Chronique @ ZazPanzer

13 Août 2011

Soleil Noir.

La Floride. Le Disneyworld d'Orlando. Les night-clubs bondés de Miami. La Floride et ses plages paradisiaques aux eaux turquoises. La Floride et ses dauphins, ses tortues de mer, ses poissons exotiques. La Floride et ses groupes de Death...

Oui, le climat subtropical d'un des états les plus peuplés des USA pourrait logiquement inciter à la fête et à la bonne humeur, à l’instar de celui de la Californie, mais curieusement le Sunshine State a plutôt été par le passé le berceau de nombreux groupes sombres : Atheist, Morbid Angel, Deicide, Obituary ou Savatage pour n’en citer que quelques uns. Basé dans la petite ville de Sarasota [lieu de résidence de Kelly Shaefer, mais également de Brian Johnson], Crimson Glory ne fera pas exception à cette règle et ajoutera son nom aux combos mythiques précités ayant écrit les lettres de noblesse du Metal sous le Soleil Noir de la Floride.

Nous sommes en 1986. Les entrepreneurs au nez fin ayant décidé quelques années plus tôt de tout miser dans une usine délabrée produisant des bombes de Hairspray ont fait fortune, les dealers de Coke ne se sont jamais aussi bien portés, et il est fortement conseillé de cloner Bon Jovi ou Mötley Crüe pour signer un contrat rutilant avec une major. Mais on ne la fait pas à des musiciens aguerris qui savent exactement ce qu'ils veulent. Cela fait en effet quatre ans que les guitaristes Jon Drenning et Ben Jackson, le bassiste Jeff Lords, le batteur Dana Burnell et le chanteur Midnight répètent d'arrache-pied sous le nom de Pierced Arrow, puis de Beowulf, développant une identité musicale unique associée à un esthétisme saisissant.

Désirant en effet se distinguer de la masse permanentée, les floridiens ont cherché un concept inédit et haut de gamme qui complèterait leur musique sombre et mystique ainsi que leur nom définitif, Crimson Glory; et marchant sur les traces de Kiss, ils se sont fait fabriquer des masques métalliques argentés cachant entièrement leurs visages, qu'ils porteront sur scène et lors des conférences de presse. Le masque de Midnight ne descendant que jusqu'au nez pour des raisons évidentes, il arbore un maquillage noir complétant son artifice. Le rendu est stupéfiant, et rien qu'en regardant la photo aujourd'hui, on a des frissons en imaginant ce que le groupe pouvait donner sur scène.

Comme Savatage trois ans plus tôt, le groupe signe chez le petit label Par Records. Les deux groupes n'y resteront d'ailleurs pas longtemps, rapidement recrutés par Roadrunner records, qui rééditera Sirens et l'album éponyme Crimson Glory, rendant les deux opus originaux particulièrement rares et recherchés par les collectionneurs. Outre le fait de partager ce label californien, les deux combos débuteront avec le même producteur, en la personne de Dan "The Kid" Johnson, qui effectuera un travail superbe, le son de ces deux opus étant tout à fait comparable et reconnaissable entre mille. Une production brute, violente, sombre, atypique pour l'année 1986, axée sur une basse très présente contrastant avec un son de guitare aigu, et mettant en avant la voix par rapport aux autres instruments. On pourra à la limite reprocher un manque de puissance quant au son de batterie, mais le charme du disque réside aussi dans ce son plus typique du début des '80s que de la fin de la décennie.

La musique, quant à elle, est juste magique. Basée sur des harmonies incessantes jouées à deux guitares, elle développe le travail popularisé par Wishbone Ash, puis Thin Lizzy, et enfin Iron Maiden en le poussant à un niveau supérieur, peut-être dans la vitesse d'exécution, mais surtout dans le nombre de chorus accompagnant les rythmiques. Si la Floride se situe à l’extrême opposé de Seattle, on trouvera malgré tout de nombreuses similarités avec le groupe phare de l'état de Washington, je parle bien sûr de Queensrÿche et non pas de Nirvana... Ainsi la voix haut perchée de John Patrick McDonald évoque celle de Geoff Tate, mais la ressemblance ne s'arrête pas là, puisque les morceaux des deux groupes sont similaires dans l'esprit, intellectuels et complexes à l'heure où la facilité et le tape à l'œil étaient de mise. J'ai personnellement du mal à parler de Metal progressif bien que cet adjectif soit souvent appliqué à ces deux combos; j'emploierai plutôt le terme futuriste, car malgré la technicité de la musique et son côté chiadé, ces morceaux restent avant tout du putain de Heavy Metal qui n'ont rien à voir avec l'ennui ou la perplexité que peuvent parfois provoquer le Progressif.

Si vous voulez vous plonger dans une œuvre profonde, noire, et belle, je vous invite donc à enfiler votre casque et à vous passer ces huit bijoux, en laissant vos pensées vagabonder et le temps s'enfuir au fil du torturé Azrael, de la tuerie Mayday, de l'hymne Queen of the Masquerade jusqu'au final et grandiose Lost Reflection, tourmenté, dément au sens premier du terme, qui aurait pu être l'œuvre du Roi de Carreau himself.

Telle la comète de Halley qui fit justement un passage en cette année 1986, le regretté Midnight (RIP 1962-2009) et ses talentueux comparses ne firent qu'une halte dans le monde du Metal, nous offrant en 1988 un second album encore meilleur que cet éponyme, avant de disparaître, se forgeant ainsi une légende qui se transmet de metalhead à metalhead depuis déjà un quart de siècle.

27 Commentaires

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samolice - 05 Mai 2015: Enfin acheté ce skeud. Depuis le temps... J'en avais une copie cassette fut un temps mais franchement, elle n'avait pas beaucoup tourné, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs parce que il est juste monstrueux ce disque. Je le préfère nettement au suivant. Putain que c'est bon de tomber sur des disques comme cela, même 30 ans après leur sortie!
MattMaiden - 05 Mai 2015: Je plussoie Sam, j'ai acheté ce disque il y a une dizaine de jours suite à la lecture de cette chro passionnante et je ne m'en lasse pas ! Quel album ! Entre la voix haut perchée mais juste, la basse omniprésente et les twins "magics" guitars, je me régale !
samolice - 19 Mai 2015: Tu ne trouves pas un côté Savatage plus que King Diamond à ce fantastique "Lost reflection" Zaz?
Quel disque mes aïeux!

Sinon "Transcendence" n'a toujours pas sa petite chro...
nicko11 - 17 Novembre 2015: Et "Transcendence" est aussi excellent! Le titre "Lonely" est un petit bijou. Il mériterait aussi une chronique ;-)
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