Je suis tout chose… Après tout ce temps passé à lire chroniques et news, me voilà enfin prêt à mettre ma pierre à l’édifice… On respire, allez, ils sont pas méchants, ça va bien se passer… Puis, lorsque j’ai vu que ce «
Crank » était là, seul, oublié, lorsque mes vieux os frémirent au souvenir de la claque démentielle que fut ce bijou, ce fut comme si j’avais bouffé 30 madeleine de Proust, mais pas au beurre, hein, à la bière secouée lors d’un pogo de derrière les fagots…
1994 : mes amours métalleux commencent à se mélanger à tout un tas de choses, le
Hard Core et le Punkcore en tête. Oh, comme le dit ce bon vieux
Rob Zombie, « On n’est pas fan de
Slayer le temps d’un été, mais toute la vie ! », et les riffs de plombs ont toujours un goût de sang pour mes boîtes à miel, mais mes poils ont plus de facilité à se mettre au garde à vous sur du GBH que sur le dernier Iron Maiden. Alors, lorsqu'un pote se pointe avec la nouvelle galette du groupe à Ricky Warwick, on peut pas dire que je me mets en ébullition. Ben vouais, son précédent opus «
Powertrippin’ » n’avait vraiment rien de transcendant : lourd, solide et ultra carré, son heavy rock bien que puissant, manque à mon humble avis cruellement de crasse entre les doigts de pied. Et mon ami plein de cheveux de me dire « Attends mon gars, tu vas morfler grave… ». Il place le skud, recule, car il me connaît le bougre…
« Ultraviolent » ouvre le ballet, et allez savoir pourquoi, mes rangers me titillent, mon vieux pote recule un peu plus… Mais putain, c’est qu’ils sont hargneux maintenant ! Et une fois les 3min27 passées, 13 coups de caisse claire me propulsent dans une perfection qui durera 6 titres. Autant «
Wrench » est ultra lourd, sale et barbare, autant le 6ième, «
United States of
Apathy », est speed, hardcore et mordant. Et au milieu, ça bouillonne, ça crache, ça massacre tout sur son passage… Ah, le pont avec Andy Cairns de
Therapy ? Au chant sur «
Jonestown Mind », quel frisson ! Le riff rouleau-compresseur de « The
Unreal Thing », quelle puissance ! Ce
Crank scandé de manière hypnotique à la fin du titre éponyme, putain d’appel à la révolution ! Croisement parfait entre le rock jusqu’au boutiste de Motörhead, le hard core d’un
Sick Of It All et une puissance de feu toute droit sortie d’un heavy old school à la
Diamond Head des débuts, ce «
Crank » est certainement une des plus grandes révélations de mes deux décades au service des Dieux du métal… Alors, bon, c’est vrai qu’une fois passée les 7 premiers morceaux, il est difficile de se taper les 5 suivants : production toujours aussi énorme, hargne encore présente, mais comment passer derrière cette extraordinaire montée en puissance en début d’album ? Tout comme il est vrai que le groupe n’arriva plus à atteindre ce niveau dans ses productions suivantes. Non, à mes yeux,
The Almighty est le groupe d’un chef d’œuvre, dont les 7 premiers titres sont dignes de rentrer dans le panthéon du rock qui en a dans le slibard, entre le « Beating Around the
Bush » d’
AC-DC et le « Aces of Spades » de tonton Lemmy…
Mais mes craintes se sont envolées !
C'est du vécu, c'est net !
Merci, je vais me rapprocher de ce Cranck qui m'a l'air sévèrement burné !
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire