A l'instant précis où j'écris ces quelques lignes, les dernières nouvelles concernant les Allemands de
Sacred Gate ne sont pas vraiment bonnes puisqu'ils auraient tout simplement décidé de mettre un terme à leur carrière. L'aventure débuté en 2008 sur les cendres de Made Of Iron, un obscur groupe de Heavy
Metal teutons qui avait commencé sa carrière comme clone d'Iron Maiden avant de s'affranchir un peu sur un premier effort, somme toute, assez classique, n'aura donc duré que le temps de 3 albums et d'un EP. Ce
Countdown to Armageddon sorti en 2016 fait donc office d'épitaphe.
Bien évidemment aussi triste soit la nouvelle, il n'y a quand même pas matière à nourrir d'eternels regrets quant à cette séparation tant les travaux de
Sacred Gate, aussi intéressants fussent-ils, ne sont pas vraiment du calibre de ceux d'autres bien plus en vues. Ces deux premiers opus avaient d'ailleurs suscité assez peu d'engouement sur nos terres où, soyons honnêtes, ce genre de démonstrations nous laissent, le plus souvent, assez sceptiques. Pour ne pas dire pire. En effet, ce genre de
Power Metal inspiré par le Heavy
Metal classique, mais aussi guerrier et épique, anglais et américain (
Judas Priest,
Manowar, Iron Maiden...) avec, de surcroit, cette âpreté propre au
Power US (
Iced Earth, Nevermore...), n'est pas vraiment celui qui trouve grâce à nos oreilles délicates qui lui reprochent souvent, entre autre, de manquer de variétés.
Pas étonnant d'ailleurs qu'une maison de disque telle que
Metal On
Metal Records, dont l'attachement pour le conservatisme et les traditions n'est pas vraiment feint, se soit empressée de les publier. Malgré ce que l'on peut en penser, ces deux disques, et notamment ce
Tides of War de 2013, ne sont pas dénués de qualités.
Mais revenons donc à
Countdown to Armageddon.
Au chapitre des changements les plus évidents qu'il propose parlons donc des nouvelles recrues et notamment du chanteur Hollandais Ron Slaets (System
Overthrow) qui aura remplacé ici
Jim Over. La voix de ce nouveau venu sera un peu moins rugueuse surtout dans les "aigus". Dommage. On regrettera également qu'elle s'exprime aussi souvent en des registres qui varient peu. Ce qui aura, malheureusement, pour conséquence d'amplifier ce manque de variétés évoquer préalablement.
Au-delà de ça, pas grand chose à dire si ce n'est que ce disque sera plutôt sympathique mais bien moins que son prédécesseur. Les titres ici s'enchaineront en effet sans que jamais, ou presque, ne se dissipe en nous cette conviction de passer un moment agréable mais pas vraiment inoubliable. Ni même déterminant.
Dans cette cohorte de chansons presque interchangeables (et j'insiste sur le "presque") parlons toutefois d'Under the Normandy Sky et de Made of Iron. La première est une nouvelle allégorie à propos du débarquement de Juin 1944 et si elle n'a pas de qualité spécialement plus notables que les autres pistes de ce disque elle aura au moins eu l'avantage de m'avoir arraché un léger sourire lorsque ma mémoire, sélective, je le reconnais volontiers, aura comparé ses aspérités, et sa dureté, à celles des mélodies harmonieuses enjouées sur lesquelles d'autres racontent ces conflits historiques (suivez mon regard du côté de la Suède). D'un côté il y a donc ceux qui ont compris que les guerres sont faites de sang, de fer, de boue, de feu et de morts (
God Dethroned,
Macbeth...) et de l'autre il y aura les autres qui y voient d'épiques batailles moments où d'éternels héros se subliment dans une lumière splendide et aveuglante. Mais je m'égare sans doute.
Le second morceau, est une reprise extraite du premier album éponyme de Made of Iron (qui, si vous avez bien suivi, est le groupe qui donna naissance à
Sacred Gate). Au delà du clin d'œil plutôt amusant, il est plutôt bien composé et possède un refrain très addictif et entêtant.
Rien sur ce
Countdown to Armageddon ne sera de nature à pouvoir vous surprendre démesurément. Et si on le compare à l'intéressant
Tides of War, il fera même pâle figure. Dommage...
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