Cela fait dix ans que
Mind Whispers existe, le combo est donc loin d’être un newbie, en témoignent le nombre de ses sorties (trois albums entre 2005 et 2010) et le nombre de concerts qu’il a pu effectuer (plus de 200). Il faut dire qu’il a longtemps manqué d’exposition alors que certains de ses opus se sont fait remarquer, comme «
Near Death Experience », et que des membres de
Minushuman ont fait partie de l’aventure (Lionel et Gaspard). Mais peut-être que
Mind Whispers ne cherche pas à tout prix l’exposition puisqu’il signe chez le jeune label This Is 4 Us Productions pour la sortie de son tout nouvel album «
Cosmic Obedience ».
Il ne faut toutefois pas croire que les Bergeracois se contentent d’opter pour de petits moyens et une petite production. Loin de là, les musiciens se sont quand même dégoter le mastering de Brett Caldas-Lima (
Cynic,
Megadeth,
Devin Townsend) et l’imaginaire de Stan W-Decker pour l’artwork (Iron Maiden,
No Return,
Dysmorphic) pour un ensemble très aérien. En effet, le quatuor officie dans un death metal atmosphérique aux arrières plans cosmiques. Il ne mise donc pas sur l’agressivité ni sur la brutalité, mais sur les harmonies et sur un certain côté éthéré comme sur le très chouette « Drawnash ». Par conséquent, il ne s’agit pas d’un gros death metal qui tache ou qui fait des dégâts. C’est avant tout un voyage que nous offrent les Aquitains. Un voyage qui, par son côté posé et mélodique, tend parfois à être un peu longuet comme sur «
Negative Sphere ».
Mind Whispers a du mal à nous faire accrocher tout le long, malgré son intro limite acoustique proche d’
Opeth, son arpège à la guitare qui reste dans notre tête ou ses quelques riffs malsains. Il aurait fallu accélérer le rythme le temps d’un moment, histoire d’ajouter des péripéties.
«
Infinity », toutefois, est plus dynamique, plus tranchante, malgré un rythme qui peine à décoller. Evidemment, il s’agit de death atmopshérique mais même les riffs peuvent paraître plats par moment, sans grande personnalité ni même réelle incision. Il faut attendre la moitié du morceau pour découvrir une atmosphère plus prenante, grâce à l’apparition du clavier d’Hubert Chort, qui distille une ambiance épique. L’éponyme par contre («
Cosmic Obedience ») est une vraie réussite et sans doute un des meilleurs morceaux du groupe. On ressent le côté progressif, pas que par la longueur du titre, mais aussi par ces changements de structures et cette basse bien présente et bien personnelle. On a enfin droit à des moments plus énervés, teintés d’éléments black metal, avec ces riffs et cette voix écorchée. Les claviers y jouent beaucoup puisqu’ils relèvent l’atmosphère et renforcent l’aspect cosmique de la compo. Sans oublier le final mélancolique et mesuré. Il faut absolument que
Mind Whispers continue sur cette lancée.
Cet album est donc difficile à cerner. On découvre un groupe qui a progressé et qui sait davantage où il va. Mais il peine encore à nous emmener dans son univers. Les morceaux ont beau être atmosphériques, quasi industriels, il manque de quoi nous faire tenir le cap : peu de force, des riffs souvent mous mais paradoxalement inspirés, un chanteur qui n’a pas toujours l’air d’être assez place car trop en retrait. Mais à coté de ça, on a quand même une ambiance très sympathique, des harmonies et des mélodies envoûtantes et des morceaux qui valent le détour.
Mind Whispers se contrôle trop. Il faut se lâcher, sans faire dans la démesure, et enlever le côté clinique de l’ensemble pour ajouter de la puissance et immerger l’auditeur. Quand on entend un morceau comme l’éponyme, on est sûr que le groupe a un potentiel énorme. Courage !
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