C’est sans doute triste à dire, mais la Grèce est aujourd’hui davantage connue pour ses problèmes financiers que pour son apport au monde de la musique. Et qu’on se le dise, inutile de nommer l’improbable duo entre Demis Roussos et Vangelis, l’apport d’
Aphrodite's Child est non négligeable. Mais on peut aussi nommer les
Firewind,
Rotting Christ, Septic
Flesh ou encore
Suicidal Angels pour représenter ce pays.
Thanasis Lightbridge est le leader de l’entité bizarroïde Dol’ Ammad. Le grec, féru de musiques électroniques (Jean-Michel Jarre et Vangelis en tête) et de Heavy
Metal a très tôt l’idée de mélanger les deux styles. Résultat, personne ne sait avec certitude le genre musical du groupe, pêle-mêle et en rassemblant tout ce que j’ai pu entendre, nous sommes en présence de Heavy-
Metal-Epique-Symphonique-Technologique-Electronique. Il est donc bien plus simple de « réduire » cette appellation à
Metal Avantgardiste (ou Expérimental, selon les points de vues). Thanasis préfère décrire sa musique en « Electronica Art
Metal » (ce qui a d’ailleurs fini par devenir le nom de son propre label).
«
Star Tales » (2005) et «
Ocean Dynamics » (2006) furent deux Objets Musicaux Non Identifiés, mélange de chœurs célestes, de guitares rapide et batterie sur-boosté alliés à un clavier spatial et cosmique.
Six ans plus tard, la suite débarque enfin avec ce «
Cosmic Gods: Episode I - Hyperspeed ». La recette n'a pas changé, toujours pas de chant, mais uniquement un chœur de douze personnes (six hommes et six femmes) et une batterie assurée par Alex Holzwarth (
Avantasia et
Rhapsody Of Fire, notamment). Et évidemment, toujours cette guitare et ce synthétiseur.
Du côté de la musique, la même recette nous saute aux oreilles : toujours cet univers conceptuelle extrêmement bien mis en place par l’apport de ces multiples sonorités futuristes, une guitare caressant des influences entre Heavy,
Power et parfois Speed, une batterie complètement mise en avant, furieuse sur son abus de double pédale et sur la force de ces frappes qui imposent une rythmique effréné et d’enfer à toutes ces compositions. Le fait que le chant soit assuré par un chœur de douze personnes contribue grandement à l’univers cosmique et pénétrant de la chose.
Là où la lassitude pourrait pointer le bout de son nez en sachant que l’album est composé de dix compositions basé sur cet univers, je peux vous dire que celle-ci sera extrêmement déçue à l’écoute de la variété musicale que nous offre le groupe grec. Ainsi, si l’univers spatial est évidemment le premier représenté, nous ne pourrons faire l’impasse sur l’introduction très orientale de «
Noctis Labyrinthus », la lenteur assommante de « Golden
Phantasma » et toujours cet apport de sonorités diverses comme le titre précèdent, l’impressionnante rapidité de la batterie de «
Titan Warriors » et cette sorte de dualité entre chœurs masculin et féminin.
Il faut tenir la distance dans ce délicat mélange que s'impose en quelques sortes le groupe et force est de reconnaître que les grecs n'ont aucun problème à se renouveler. La force de chaque titre est d'imposer un état d'esprit différent, «
Xenocide » y parvient par la présence de semblant de hurlements extrêmement déroutant, l'introduction «
Magus Invicta » et son rythme complètement schizophrénique avec la présence de quelques blast, d'une rapidité à en faire pâlir certains, de chœurs complètement hypnotisant et d'une guitare torturé par tant de vitesse. « Hyperspeed » ne casse pas du tout le rythme, imposant un déferlement guerrier à l'ensemble, bien mise en place par quelques breaks électro et par la force presque épique des chœurs. Les quelques sonorités de rayons laser des claviers peuvent sembler kitsch pour certains, mais ça contribue grandement au thème de l'album. Les frappes (et même l’ensemble musical) presque tribales du titre précèdent, «
Stargate Pyramid » laisse d’ailleurs présager le déferlement qui va suivre.
De légers changements surgissent sur la fin de l’album, « Supernova » semble respirer d’un sentiment un peu plus positif. Bien que toujours blindé de rapidité, le titre transpire un sentiment de joie sur son introduction qui contraste rapidement avec la lourdeur qui débarque en plein milieu de ce titre. Très vite, ce sentiment positifs à la base devient plus dangereux et massif. La pression finale introduit « Caravan of Mars », plus long morceau de l’album. En presque sept minutes, le groupe propulse un savant mélange de ce qu’ils nous ont montré tout au cours de cet album : épique, symphonique, inquiétant, massif, prenant… La simple présence des chœurs féminins qui précède un break très calme permet d’éviter de se lasser d’un morceau sur lequel il va falloir tenir.
Le temps que la céleste et planante « Seeds of
Life » calme l'ensemble de l'album de par sa beauté et son côté très atmosphérique, il est temps pour nous de quitter le vaisseau et de revenir sur Terre. Le voyage fut déroutant, étrange, mais véritablement prenant. Alors oui, c'est un disque très particulier et il y a fort à parier que les allergiques de musiques expérimentales fuiront comme la peste cet album. Mais si l'originalité ne vous effraie pas, vous auriez tort de ne pas vous jetez sur le troisième opus de l'aventure cosmique de Dol' Ammad. Nous tenons ici un groupe totalement atypique, ce serait une erreur de ne pas leur laisser une chance.
Mais je fais partie des "certains" qui trouvent les bruits de laser kitsch^^
Enfin, ça se laisse écouter, les choeurs sont bien foutu.
J'adore l'accent grec de la personne sur la fin^^
Par contre, je trouve aussi que c'est pas vraiment de l'expérimental, au final leur seul mérite c'est de rapprocher deux genres, univers qui n'ont pas grand chose en rapport. mais les sonorités, mélodie, elles, n'ont rien de particulièrement novatrice, barré.
Ils misent même surtout sur l'efficacité.
Cela dit je suis en train de m'écouter tout ce qu'il y a sur Youtube et j'aime bien.
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