Frayeurs se forme en 1987 dans la région de Mulhouse puis sort deux démos, Frayeurs or
Die & Collective Hypnosis, respectivement en 1989 & 1991. Après une participation remarquée aux côtés de
Loudblast sur la fameuse compilation Total Virulence en 1991, la première compile du death/thrash hexagonal, le groupe change son patronyme en
Crusher et signe dans la foulée un contrat sur le petit label Semetary Records de Stéphane Girard, qui possède depuis peu
Loudblast &
No Return dans son catalogue. Ceci débouche sur la parution de
Corporal Punishment en septembre 1992, superbement mis en image par Adrien Besancon pour ceux ayant la chance de connaître la pochette dépliée dans son intégralité.
A la fois lourde et brutale tout en bénéficiant d'un groove affirmé, la musique de
Crusher montre un ancrage deathmetal indéniable mais possède également de forts relents hardcore/grind, trahissant la forte influence de
Napalm Death sur le quintet alsacien. A la sortie de
Corporal Punishment, le groupe avouera d’ailleurs avoir exclu beaucoup de plans se rapprochant de trop près du gang incontournable de Birmingham.
Outre un deathmetal particulièrement puissant et un riffing très acéré, l'arme imparable de
Crusher réside dans le charisme et les growls de Crass, qui possède une voix à la fois gutturale & teigneuse, lâchée sur des paroles directes abordant des sujets de société, permettant au groupe d’afficher une identité relativement marquée face aux nombreux stéréotypes récurrents dans le style.
Corporal Punishment bénéficie en outre d'un niveau technique et d'une qualité d'interprétation solides, grâce à la puissance et à la précision rythmique étonnantes de Charly derrière les fûts, mais aussi à la dextérité de
Pascal Thomas & Pierre Goldbach aux guitares. La production signée Mando Ferreira est également puissante, non sans rappeler les enregistrements impeccables de Bruno Objoie à cette époque, dotant le couple basse batterie d’un son très ample et les guitares d’une lourdeur toute particulière.
Avec de tels ingrédients,
Corporal Punishment renferme ainsi de grands moments, à l’image de l’introduction puissante et entraînante du fameux titre éponyme ou encore du refrain accrocheur du non moins redoutable Adventure For Sale. Toutefois, de nombreux plans et riffs tendent encore à une certaine ressemblance, tous les morceaux ne renfermant ainsi pas la même force ni le même intéret qu'un Sense of Powerlessness ou un Profit of A Billion of Death pris séparément.
Grâce à un
Corporal Punishment puissant et nerveux, possédant parallèlement un potentiel et une personnalité incontestables,
Crusher connaît dès lors un succès mérité sur le territoire hexagonal, à grands renforts de tournées. En revanche, notre groupe de Mulhouse parvient difficilement à s’exporter, à l'instar de nombreux compatriotes de l'époque, faute à un deathmetal peut-être encore un brin trop conventionnel, mais surtout faute à la petite taille de son label tenant plus difficilement la distance à l'échelle internationale.
Fabien.
Après je ne sais pas si mes avis sont si pertinents...
En tout cas c'est un plaisir de lire tes chros, j'ai l'impression de faire un saut dans le passé à chaque fois, on a vraiment l'impression d'y être avec tous les détails.
Comme je l'ai dis, tu es le père Fouras du death/thrash old-school.
Merci et bravo Fabien pour ces excellentes chroniques.
Cet album fait parti des grands disques francais aux coté d'Abject offering ou autres DISINCARNATE. Je te trouve meme sevère sur ta note. La première moitié de l'album est tout simplement ENORME!!!
Il est vrai que la deuxiéme moitié s'éssouffle un peu.
Merci Fabien pour ces chroniques d'albums indispensables.
Ah l'Alsace... On l'aimera toujours pour sa gastronomie et ses groupes !
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